L’UE accuse Alger de violer l’accord d’association

L’Union européenne a adressé une mise en demeure officielle à l’Algérie cette semaine, dénonçant des « violations répétées » de l’accord d’association signé en 2005. Selon des documents consultés par lopinion.ma, Bruxelles reproche à Alger des restrictions commerciales, des barrières douanières et des pratiques discriminatoires envers les entreprises européennes, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agroalimentaire et des technologies.

Des mesures protectionnistes contestées

Un responsable de la Commission européenne, cité par lopinion.ma, a déclaré que « ces pratiques faussent la concurrence et sapent les efforts de diversification économique de l’Algérie ». La mise en demeure, première étape d’une procédure formelle, pourrait aboutir à des sanctions si Alger ne lève pas ces restrictions d’ici trois mois.

Réactions algériennes et enjeux économiques

Pour l’économiste algérien Abderrahmane Mebtoul, interrogé par El Watan, « l’UE utilise des arguments juridiques pour défendre ses intérêts, mais l’Algérie a le droit de réguler son marché pour favoriser sa production nationale ». Il souligne cependant que ces tensions pourraient nuire aux investissements européens, notamment dans les énergies renouvelables et les infrastructures, secteurs prioritaires pour le plan de relance économique algérien.

Un accord déjà fragilisé

La crise actuelle intervient dans un contexte de tensions géopolitiques. L’UE cherche à réduire sa dépendance au gaz russe et compte sur l’Algérie comme fournisseur alternatif. En parallèle, Alger a renforcé ses partenariats avec la Chine et la Russie, ce qui irrite Bruxelles. En juin 2025, le président Tebboune avait d’ailleurs annulé une visite prévue à Paris, officiellement pour des « raisons de santé », mais des observateurs y avaient vu un signe de refroidissement des relations.

Quelles conséquences pour l'Algérie ?

Pour l’instant, ni Alger ni Bruxelles n’ont évoqué une renégociation de l’accord. Les discussions devraient se poursuivre dans les prochaines semaines, avec la médiation possible de pays comme l’Allemagne ou l’Italie, principaux partenaires commerciaux de l’Algérie en Europe. Une chose est sûre : cette crise révèle les limites d’un partenariat inégal et la nécessité pour l’Algérie de diversifier ses alliances économiques.

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