Meloni scelle l’alliance gazière avec Tebboune

L’Algérie et l’Italie ont consolidé leur partenariat énergétique lors de la visite officielle de la Première ministre italienne Giorgia Meloni à Alger cette semaine. Le président Abdelmadjid Tebboune et son homologue italienne ont signé une série d’accords visant à renforcer les livraisons de gaz naturel et à développer des projets communs dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert.

Selon l’Agence presse service (APS), les deux pays ont convenu d’augmenter les exportations algériennes de gaz vers l’Italie via le gazoduc Transmed, qui relie déjà les champs gaziers de Hassi R’Mel à la Sicile. La SONATRACH et l’italienne ENI ont confirmé la prolongation de leurs contrats d’approvisionnement jusqu’en 2030, avec des volumes annuels dépassant les 25 milliards de mètres cubes. « L’Algérie reste un fournisseur stratégique pour l’Europe, et cette visite confirme notre engagement mutuel à garantir la sécurité énergétique du continent », a déclaré Tebboune lors d’une conférence de presse conjointe.

Les discussions ont également porté sur la diversification des sources d’énergie. Un protocole d’accord a été signé pour la construction d’une usine de production d’hydrogène vert dans la wilaya d’Adrar, en partenariat avec ENI et Sonelgaz. Le projet, estimé à plus d’un milliard de dollars, vise à produire 100 000 tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2030, utilisant l’énergie solaire abondante du Sahara. « L’hydrogène vert est une opportunité pour l’Algérie de devenir un acteur clé dans la transition énergétique mondiale », a souligné le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab.

La visite de Meloni intervient dans un contexte de tensions géopolitiques, notamment la guerre en Ukraine et les incertitudes autour des approvisionnements russes. L’Italie, qui importe près de 40 % de son gaz de l’Algérie, cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles tout en sécurisant ses sources d’approvisionnement. « L’Algérie est un partenaire fiable, et notre coopération va bien au-delà du gaz. Nous travaillons ensemble sur des projets industriels, technologiques et même dans le domaine de la défense », a précisé Meloni.

Les deux pays ont également abordé la question des investissements italiens en Algérie. Plusieurs entreprises transalpines, dont Leonardo et Fincantieri, ont exprimé leur intérêt pour des projets dans les secteurs de l’aéronautique, de la construction navale et des infrastructures. Un fonds commun de 500 millions d’euros a été annoncé pour financer des start-up algériennes spécialisées dans les technologies vertes.

Sur le plan politique, Tebboune a réaffirmé la position algérienne concernant la crise en Libye et le conflit au Sahara occidental. « L’Algérie soutient une solution politique inclusive en Libye et reste attachée au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », a-t-il déclaré. Meloni, de son côté, a salué le rôle de l’Algérie dans la stabilisation de la région, tout en évitant de prendre position sur le dossier du Sahara occidental.

Cette visite marque un tournant dans les relations algéro-italiennes, qui avaient connu un refroidissement sous le gouvernement précédent en Italie. Les deux pays semblent déterminés à tourner la page des divergences passées pour se concentrer sur des projets concrets. « Nous avons une vision commune : faire de la Méditerranée un espace de coopération et de développement partagé », a conclu Meloni.

Les prochaines étapes incluent la tenue d’un forum économique algéro-italien à Milan en novembre prochain, ainsi que la finalisation des détails techniques pour le lancement des projets d’hydrogène vert. Selon des sources proches des négociations, un accord cadre sur la coopération en matière de défense pourrait également être signé d’ici la fin de l’année.

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