L’État relance l’industrie avec des actifs récupérés

L’Algérie accélère la relance de son secteur manufacturier en intégrant des actifs récupérés par l’État dans le tissu industriel local. Selon horizons.dz, cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la production nationale, réduire les importations et créer des emplois. Les biens concernés, issus de procédures judiciaires ou de partenariats public-privé résiliés, sont désormais réaffectés à des entreprises publiques ou à des investisseurs locaux sous forme de concessions ou de cessions.

Des actifs stratégiques réinjectés dans l’économie

Un exemple concret est celui d’une ancienne usine de confection située à Sétif, récupérée après la liquidation de son ancien exploitant. L’État a confié sa gestion à une entreprise publique spécialisée dans le textile, avec pour objectif de produire 1,2 million de pièces par an d’ici 2027. Cette réactivation s’accompagne d’un plan de formation pour les travailleurs locaux, afin de garantir une main-d’œuvre qualifiée.

Un levier pour la substitution aux importations

En réponse, le gouvernement mise sur la réactivation d’unités de production sous-utilisées ou abandonnées. Une plateforme industrielle à Oran, récupérée après un litige avec un investisseur étranger, sera prochainement dédiée à la fabrication de composants électroniques. « Cette initiative permettra de réduire les importations de semi-conducteurs, un poste qui pèse lourd dans notre balance commerciale », a expliqué un cadre du ministère de l’Industrie.

Des défis logistiques et financiers

Pour contourner ces difficultés, l’État a lancé des appels à manifestation d’intérêt, ciblant des consortiums algériens capables de mobiliser des fonds propres. Le Fonds national d’investissement (FNI) joue un rôle clé en garantissant une partie des prêts accordés aux repreneurs. « Nous privilégions les projets qui intègrent une dimension technologique et une intégration locale élevée », a précisé un responsable du FNI.

L’emploi au cœur des priorités

À Annaba, une ancienne fonderie récupérée par l’État sera transformée en centre de formation professionnelle pour les métiers de la métallurgie. « Nous voulons créer un écosystème où la formation et la production avancent ensemble », a souligné le wali de la wilaya. Ce modèle, déjà testé dans d’autres régions, vise à adapter les compétences aux besoins réels des entreprises.

Vers une industrialisation durable ?

Un exemple est celui d’une ancienne cimenterie à M’Sila, récupérée après la faillite de son exploitant. Le repreneur, une entreprise publique, s’est engagé à installer des filtres antipollution et à utiliser des énergies renouvelables pour réduire l’empreinte carbone du site. « La transition écologique doit être intégrée dès la phase de relance », a insisté un expert du ministère de l’Environnement.

Un modèle à consolider

Selon horizons.dz, une vingtaine d’actifs supplémentaires devraient être réaffectés d’ici la fin de l’année, principalement dans les secteurs de la pharmacie et des matériaux de construction. Ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large : faire de l’industrie un pilier de l’économie algérienne, moins dépendante des hydrocarbures. Reste à savoir si cette ambition se traduira par des résultats tangibles sur le terrain.

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