L’Afrique compte désormais dix ports qui se distinguent par leur performance en 2024, selon un classement établi par Le360 Afrique. Ces infrastructures maritimes, réparties sur le continent, jouent un rôle clé dans le commerce international et la connectivité économique. L’Algérie, avec ses ports stratégiques, figure-t-elle parmi ces leaders ? Une analyse des enjeux et des défis s’impose pour comprendre la place du pays dans ce paysage portuaire africain.
Des performances mesurées par des critères stricts
Le port de Tanger Med, au Maroc, confirme sa place de leader africain. Avec une capacité de traitement dépassant les 9 millions d’équivalents vingt pieds (EVP) en 2024, il se positionne comme un hub incontournable pour le commerce entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Son succès repose sur des investissements massifs dans les technologies de pointe et une gestion optimisée des flux. D’autres ports, comme celui de Durban en Afrique du Sud ou de Lagos au Nigeria, figurent également en bonne position, grâce à des infrastructures en constante amélioration.
L’Algérie dans le classement : des atouts et des retards
Les autorités algériennes ont engagé plusieurs projets pour améliorer la compétitivité des ports nationaux. La construction de nouvelles zones logistiques, l’automatisation des procédures douanières et l’extension des capacités de stockage sont autant de mesures visant à réduire les temps d’attente et à attirer davantage de trafic maritime. Pourtant, ces efforts restent insuffisants face à la concurrence régionale, notamment celle du Maroc, qui a su capitaliser sur des investissements privés et une gouvernance plus agile.
Enjeux économiques et géopolitiques
Sur le plan géopolitique, la maîtrise des infrastructures portuaires renforce l’influence des pays sur les routes commerciales. Le Maroc, avec Tanger Med, a su tirer parti de sa position pour devenir un acteur clé du commerce méditerranéen. L’Algérie, quant à elle, pourrait renforcer sa coopération avec les pays voisins, comme la Tunisie et la Libye, pour développer des corridors logistiques régionaux. Une telle approche permettrait de mutualiser les investissements et d’améliorer la compétitivité collective.
Modernisation et attractivité : le cas de Djen Djen
Cependant, Djen Djen doit encore surmonter des obstacles, comme la saturation des voies d’accès terrestres et les lenteurs administratives. Les autorités ont annoncé des projets d’extension, incluant la construction d’un nouveau terminal à conteneurs et l’amélioration des liaisons ferroviaires. Si ces investissements se concrétisent, le port pourrait gagner en attractivité et attirer davantage d’armateurs internationaux.
Une concurrence régionale qui s’intensifie
Pour l’Algérie, la question n’est pas seulement de rattraper son retard, mais aussi de se différencier. Le pays pourrait miser sur des niches spécifiques, comme le transport de marchandises périssables ou les énergies renouvelables, pour attirer des investisseurs. Une approche ciblée, combinée à des réformes structurelles, serait nécessaire pour hisser les ports algériens parmi les plus performants du continent.
Vers une stratégie portuaire intégrée
Les ports algériens ont le potentiel pour devenir des hubs régionaux, mais cela nécessitera des investissements continus et une vision à long terme. En s’inspirant des succès de Tanger Med ou de Durban, le pays pourrait transformer ses infrastructures maritimes en moteurs de croissance économique. La performance portuaire n’est pas seulement une question de trafic, mais aussi de compétitivité et d’innovation.