En décembre 2025, le port de Barcelone a enregistré une hausse spectaculaire de 3 800 % des exportations algériennes, selon un rapport de Maghreb Émergent. Ce bond sans précédent reflète une dynamique nouvelle dans les échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Europe, portée par une diversification des produits expédiés et une optimisation des infrastructures portuaires.
Une croissance record dans un contexte européen tendu
Parmi les produits les plus exportés figurent les dattes, les engrais phosphatés et les produits pétrochimiques. Les autorités portuaires espagnoles ont confirmé cette tendance, soulignant une augmentation significative des conteneurs en provenance d’Alger, d’Oran et de Béjaïa. « Cette croissance est le résultat d’une stratégie ciblée pour renforcer la compétitivité des ports algériens », explique un responsable de l’Entreprise Portuaire d’Alger (EPAL), cité par El Watan.
Modernisation des infrastructures et partenariats stratégiques
Ces améliorations s’inscrivent dans le cadre du plan Horizon 2025 du ministère des Transports, qui vise à faire des ports algériens des hubs régionaux. « Nous travaillons à réduire les coûts logistiques et à accélérer les procédures douanières », déclare le ministre des Transports, Farouk Chiali, dans une interview accordée à l’APS. Les réformes incluent également la digitalisation des documents et la formation des agents portuaires aux normes internationales.
L’Espagne, partenaire clé dans la diversification économique
Un exemple marquant est celui des dattes de la région de Biskra, dont les exportations vers l’Espagne ont augmenté de 150 % en deux ans. « Les Espagnols recherchent des produits de qualité à des prix compétitifs, et l’Algérie répond à cette demande », explique un exportateur basé à El Oued, interrogé par Liberté. Les engrais, produits par l’Entreprise Nationale des Fertilisants (FERTIAL), sont également très demandés, notamment en Andalousie, où l’agriculture intensive nécessite des intrants à bas coût.
Défis logistiques et concurrence régionale
La concurrence avec le Maroc, qui mise sur Tanger Med comme plateforme logistique majeure, est un autre enjeu. Le port marocain, classé parmi les plus performants au monde, attire une partie du trafic destiné à l’Algérie. Pour y répondre, les autorités algériennes accélèrent la construction du port en eau profonde de Cherchell, dont la première phase devrait être opérationnelle en 2026. Ce projet, financé à hauteur de 1,5 milliard de dollars, vise à accueillir des méga-navires et à capter une partie du trafic méditerranéen.
Air Algérie mise sur le low-cost pour conquérir le marché intérieur
Les premiers vols low-cost, reliant Alger à Tamanrasset et Djanet, ont été lancés en octobre 2025. Les billets, vendus à partir de 8 000 dinars (environ 55 euros), ont rencontré un vif succès, avec un taux de remplissage dépassant les 90 %. Cette approche pourrait aussi stimuler le tourisme intérieur, un secteur encore sous-exploité malgré le potentiel des sites comme le Tassili n’Ajjer ou le Hoggar.
Vers une intégration régionale renforcée
Ces initiatives s’accompagnent d’une volonté de réduire la dépendance aux hydrocarbures. « Les ports sont un levier essentiel pour diversifier notre économie », affirme le Premier ministre, Nadir Larbaoui, lors d’une visite au port de Béjaïa en novembre 2025. Les recettes des droits de port ont augmenté de 30 % en un an, contribuant à un excédent commercial record pour l’Algérie.
Un modèle à consolider
Le succès du port de Barcelone montre que l’Algérie a les moyens de devenir un acteur clé du commerce méditerranéen. Reste à transformer cette opportunité en un modèle durable, capable de résister aux aléas géopolitiques et économiques.