Tebboune refuse la libération de Rafik Khalifa

Le président Abdelmadjid Tebboune maintient son refus de libérer l’homme d’affaires Rafik Khalifa, malgré l’exécution complète de sa peine de prison. Cette décision, confirmée par plusieurs sources judiciaires algériennes, relance les débats sur les critères de libération conditionnelle et la gestion des dossiers économiques sensibles.

Rafik Khalifa, fondateur du groupe éponyme, purge une peine de vingt ans de prison depuis 2007 pour détournement de fonds, banqueroute frauduleuse et faux en écritures. Condamné dans l’affaire de la faillite de la Khalifa Bank, il a bénéficié d’une réduction de peine pour bonne conduite, selon les dispositions du Code pénal algérien. Pourtant, les autorités judiciaires, sous instruction présumée de la présidence, bloquent sa sortie. « Il a purgé sa peine, mais le parquet général refuse de signer l’ordre de libération », a déclaré un magistrat sous couvert d’anonymat à El Watan en décembre 2025.

Un dossier politique et économique

Le refus de Tebboune d’autoriser sa libération intervient dans un contexte de tensions économiques. L’Algérie, confrontée à une baisse des recettes pétrolières et à une inflation persistante, cherche à rassurer les investisseurs étrangers. La présence de Khalifa en liberté pourrait raviver les souvenirs des scandales financiers des années 2000, alors que le gouvernement mise sur la transparence pour attirer les capitaux. « Sa libération enverrait un signal contradictoire », estime un analyste financier cité par Algerie Eco.

Réactions et implications juridiques

Cette situation interroge sur l’indépendance de la justice algérienne. Des observateurs notent que plusieurs détenus économiques, comme l’ancien ministre Chakib Khelil ou l’homme d’affaires Issad Rebrab, ont bénéficié de mesures de clémence ou de libérations anticipées, contrairement à Khalifa. « Il y a une sélectivité évidente dans l’application des peines », souligne un juriste dans Le Matin d’Algérie.

Un enjeu de mémoire nationale

Pourtant, cette posture pourrait se retourner contre le pouvoir. Des associations de victimes de la Khalifa Bank, comme l’Association nationale des déposants spoliés (ANDS), menacent de manifester si Khalifa sort de prison. « Nous ne laisserons pas un escroc impuni bénéficier d’une liberté qu’il ne mérite pas », a déclaré le président de l’ANDS, Mohamed Bouzidi, à TSA.

Vers une issue incertaine

En attendant, Rafik Khalifa reste incarcéré à la prison d’El Harrach, où il purge une peine qui, sur le papier, est terminée. Son cas illustre les tensions entre justice, politique et mémoire en Algérie, dans un contexte où le pouvoir cherche à concilier stabilité et réformes.

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