Sonatrach et ENI relancent l’exploration dans le Berkine

Le bassin de Berkine, situé dans le sud-est algérien, redevient un point focal pour l’industrie des hydrocarbures. Sonatrach et le géant italien ENI ont annoncé récemment la relance de leurs activités d’exploration dans cette zone, considérée comme l’une des plus prometteuses du pays. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les réserves pétrolières et gazières de l’Algérie, alors que la demande mondiale reste soutenue.

Selon Jeune Afrique, qui a révélé les détails de cet accord, les deux entreprises ont signé un protocole d’accord pour intensifier leurs efforts dans le bloc 404, une concession située dans le bassin de Berkine. Ce bloc, déjà exploité par le passé, recèlerait encore des réserves significatives, notamment en pétrole léger et en gaz associé. Les premières estimations, citées par des sources proches du dossier, évoquent des potentiels de plusieurs centaines de millions de barils équivalents pétrole.

Un partenariat stratégique pour Sonatrach

ENI, qui opère déjà en Algérie depuis plusieurs décennies, apporte son expertise dans l’exploration en eaux profondes et dans les réservoirs non conventionnels. Pierroberto Folgiero, le directeur général d’ENI, a déclaré que ce projet s’inscrivait dans la volonté de l’entreprise de renforcer sa présence en Afrique du Nord, tout en contribuant à la sécurité énergétique de l’Europe. L’Italie, principal client du gaz algérien, cherche en effet à diversifier ses sources d’approvisionnement dans un contexte géopolitique tendu.

Des enjeux économiques et techniques

D’après des données internes de Sonatrach, les investissements prévus pour ce projet pourraient atteindre plusieurs milliards de dollars sur les cinq prochaines années. Ces fonds serviront à financer des forages exploratoires, des infrastructures de traitement et des pipelines pour acheminer les hydrocarbures vers les centres de raffinage ou les terminaux d’exportation. Le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a indiqué que ces investissements s’inscrivaient dans le cadre du plan quinquennal 2025-2029, qui vise à porter la production nationale à 2 millions de barils équivalents pétrole par jour d’ici 2030.

Un impact sur les exportations algériennes

Cependant, ce projet ne sera pas sans défis. Le bassin de Berkine est situé dans une région désertique, éloignée des infrastructures existantes, ce qui implique des coûts logistiques élevés. Par ailleurs, les conditions géologiques complexes nécessitent des technologies avancées, dont certaines devront être importées. Enfin, la concurrence internationale pour les investissements dans le secteur énergétique reste féroce, avec des pays comme l’Égypte, le Nigeria ou le Mozambique qui attirent également les majors pétrolières.

Une réponse aux besoins énergétiques européens

Selon Le360, qui a évoqué récemment la réactivation du gazoduc Maghreb-Europe, l’Algérie pourrait également utiliser cette infrastructure pour exporter davantage de gaz vers l’Espagne et le Portugal. Ce gazoduc, qui traverse le Maroc, était resté inactif depuis 2021 en raison des tensions diplomatiques entre Alger et Rabat. Sa réouverture, bien que non confirmée officiellement, serait un signal fort pour les marchés énergétiques européens.

Perspectives pour l’industrie algérienne

Enfin, cette collaboration avec ENI pourrait ouvrir la voie à d’autres projets similaires. Plusieurs majors internationales, dont Exxon Mobil, ont exprimé leur intérêt pour investir en Algérie, comme l’a rapporté L’Algérie Aujourd’hui en juillet 2025. Si les conditions fiscales et réglementaires restent attractives, l’Algérie pourrait devenir une destination privilégiée pour les investissements dans les hydrocarbures en Afrique.

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