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**L’Algérie à l’épreuve de ses propres contradictions : un État en tension permanente**
L’Algérie de 2025 se présente comme un laboratoire des paradoxes contemporains. D’un côté, un État qui revendique une souveraineté multidimensionnelle – militaire, énergétique, alimentaire –, de l’autre, une économie et une société prises dans les rets de dépendances anciennes et nouvelles. Les actualités de ces dix derniers mois dessinent une carte où se superposent les ambitions géopolitiques, les urgences climatiques, les crises sociales et les inerties bureaucratiques. Ce qui frappe, c’est moins la diversité des enjeux que leur imbrication : chaque domaine agit comme un miroir grossissant des autres, révélant une Algérie en équilibre précaire entre modernisation autoritaire et vulnérabilités systémiques.
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**La route, le sang et l’État : le triptyque maudit de la mobilité algérienne**
Les chiffres des accidents de la route en Algérie – 3 800 morts en 2025 – ne sont pas une statistique de plus. Ils sont le symptôme d’un État qui échoue à protéger ses citoyens là où il devrait le faire avec le plus de fermeté. La campagne de sensibilisation de la DNSR (Direction nationale de la sécurité routière) sonne comme un aveu d’impuissance : quand l’État algérien doit sensibiliser plutôt que sanctionner, c’est qu’il a déjà perdu la bataille de l’ordre public. Le contraste avec la Tunisie, où le nombre d’accidents baisse malgré une mortalité encore élevée, interroge. Pourquoi l’Algérie, dotée d’un appareil sécuritaire omniprésent, ne parvient-elle pas à endiguer cette hémorragie ?
La réponse tient en trois mots : infrastructure, corruption, culture. Les routes algériennes, souvent mal entretenues, sont le théâtre d’une guerre larvée entre usagers indisciplinés et forces de l’ordre sous-équipées. Mais au-delà, c’est toute la question de la responsabilité étatique qui est posée. Un État qui investit massivement dans la défense (voir plus bas) mais qui peine à sécuriser les déplacements de ses citoyens révèle une hiérarchie des priorités où la vie quotidienne passe après les enjeux de puissance. La route, en Algérie, est un espace de non-droit où se joue, en miniature, le rapport conflictuel entre l’État et sa population.
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**L’armée algérienne : entre cyberdéfense et recrutement de masse, la quête d’une doctrine pour 2030**
L’actualité militaire algérienne est un kaléidoscope de signaux contradictoires. D’un côté, l’ouverture des inscriptions aux écoles de l’ANP pour le baccalauréat 2025 – un appel du pied aux jeunes générations pour intégrer un appareil militaire en quête de sang neuf. De l’autre, des réflexions sur l’armée de 2030, où la cybersécurité et les menaces hybrides occupent une place centrale. Entre ces deux pôles, une tension fondamentale : comment concilier une armée de masse, héritière des années 1990, avec les exigences d’une guerre technologique du XXIe siècle ?
La ratification par le Bénin de la Convention de Malabo sur la cybersécurité, ou les démonstrations de la cyberdéfense française, rappellent que l’Algérie est en retard sur ce front. Pourtant, son voisin marocain a déjà structuré une stratégie offensive dans ce domaine, tandis que l’Algérie reste cantonnée à une posture défensive, voire réactive. Le Pôle écoles Méditerranée, s’il est une initiative louable, ne suffira pas à combler ce retard. Le vrai défi est ailleurs : comment former des soldats-citoyens capables de penser la guerre numérique alors que le système éducatif algérien peine à produire des ingénieurs compétitifs ?
Ici, la contradiction est flagrante : l’Algérie dépense des milliards pour moderniser son armée (achats de Rafale, drones turcs, systèmes russes), mais elle sous-investit dans l’éducation et la recherche, qui sont les véritables piliers de la souveraineté technologique. Une armée high-tech avec des soldats low-cost : tel est le paradoxe algérien.
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**Énergie solaire : la dépendance chinoise comme malédiction algérienne**
L’Algérie a un rêve : devenir le leader africain des énergies renouvelables. Le programme de 3 GW d’énergie solaire, financé à hauteur de 3 milliards de dollars par la Banque nationale d’Algérie (BNA), en est la vitrine. Pourtant, derrière les annonces triomphales se cache une réalité moins glorieuse : l’Algérie importe massivement des panneaux photovoltaïques chinois, reproduisant ainsi le schéma de dépendance qui a plombé son industrie pétrolière.
Cette situation est d’autant plus ironique que l’Algérie dispose d’un ensoleillement exceptionnel et d’un potentiel éolien sous-exploité. Mais comme pour le gaz, elle préfère importer des technologies clés en main plutôt que de développer une filière locale. Le résultat ? Une énergie « verte » qui repose sur une chaîne de valeur contrôlée par Pékin, avec des emplois et des savoir-faire qui échappent à l’économie nationale.
Le cas algérien illustre une tendance plus large en Afrique : le continent est en train de sauter l’étape de la révolution industrielle pour entrer directement dans celle des énergies renouvelables, mais au prix d’une nouvelle forme de colonialisme technologique. La Chine, qui finance et équipe ces projets, en sort gagnante. L’Algérie, elle, reste prisonnière d’un modèle extractiviste, même quand il s’agit de soleil.
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**L’école algérienne : le champ de bataille linguistique comme miroir des fractures sociales**
L’éducation algérienne est en crise, et la « guéguerre linguistique » qui l’épuise en est le symptôme le plus visible. Le ministre de l’Éducation nationale donnant le coup d’envoi du baccalauréat 2026 depuis Tizi-Ouzou est un geste symbolique fort, mais qui masque mal l’échec d’un système tiraillé entre arabisation, francophonie et anglicisation.
Le cas vietnamien, où une commune collabore avec l’université de Hanoï pour introduire l’anglais comme langue seconde, est riche d’enseignements. Le Vietnam, comme l’Algérie, a connu une décolonisation violente et une reconstruction linguistique complexe. Mais contrairement à Alger, Hanoï a fait le choix pragmatique de l’anglais comme langue de la modernité, sans renoncer à son identité nationale. L’Algérie, elle, reste paralysée par des débats idéologiques qui datent des années 1970.
Cette querelle linguistique n’est pas anodine : elle révèle une société divisée entre une élite francophone, une jeunesse arabisée et une diaspora anglophone. Le résultat ? Un système éducatif qui produit des diplômés mal préparés au marché du travail, des inégalités sociales renforcées, et une fuite des cerveaux vers des pays où l’anglais est roi.
Pire encore, cette crise linguistique se double d’une crise pédagogique. Les programmes scolaires sont obsolètes, les enseignants sous-payés, et les infrastructures défaillantes. Dans ces conditions, le baccalauréat 2026 risque d’être une nouvelle mascarade, où des élèves mal formés obtiennent des diplômes sans valeur.
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**Climat, irrigation et souveraineté alimentaire : l’Algérie face à son désert**
L’Algérie est un pays en guerre contre son propre climat. Les sécheresses récurrentes, la désertification et la raréfaction des ressources en eau menacent directement sa souveraineté alimentaire. Le Salon SIPSA-FILAHA 2025, qui mise sur les technologies modernes pour l’agriculture, est une réponse nécessaire, mais insuffisante.
Le Maroc et la Tunisie, confrontés aux mêmes défis, ont opté pour des partenariats avec des ONG locales et des investissements dans l’irrigation goutte-à-goutte. L’Algérie, elle, reste prisonnière d’un modèle centralisé et bureaucratique, où les décisions se prennent à Alger et s’appliquent mal sur le terrain. Les avantages fiscaux pour les projets agricoles innovants (jusqu’à 50%) sont une bonne mesure, mais ils ne suffiront pas à compenser le manque d’infrastructures et la corruption qui gangrène le secteur.
Le cas chinois de la reforestation massive, qui a modifié le cycle de l’eau, est une leçon pour l’Algérie. Mais là encore, la comparaison est cruelle : la Chine a les moyens financiers et technologiques de ses ambitions, tandis que l’Algérie doit composer avec des ressources limitées et une gouvernance défaillante.
Le vrai défi, pour l’Algérie, n’est pas seulement climatique : c’est la capacité de son État à planifier sur le long terme. Or, entre les urgences sociales, les dépenses militaires et les crises politiques, l’environnement reste le parent pauvre des priorités nationales.
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**L’équipe nationale de football : le rachat symbolique d’une nation en quête de gloire**
La Coupe d’Afrique des Nations 2025 est pour l’Algérie une occasion de rachat. Après l’élimination prématurée en 2023, les Fennecs sont sous pression pour redorer le blason d’un pays en quête de victoires symboliques. Le football, en Algérie, n’est pas qu’un sport : c’est un exutoire, un marqueur identitaire, et parfois un outil de propagande.
L’hommage rendu par la France à la JSK (Jeunesse Sportive de Kabylie) est à ce titre révélateur. La JSK, club emblématique de la région kabyle, incarne une Algérie plurielle, souvent en tension avec le pouvoir central. Que la France, ancienne puissance coloniale, lui rende hommage, est un pied de nez à l’État algérien, qui a toujours cherché à contrôler le mouvement sportif.
Cette ambiguïté se retrouve dans la gestion de l’équipe nationale. D’un côté, le football est un vecteur de cohésion nationale, de l’autre, il est instrumentalisé par le régime pour détourner l’attention des problèmes sociaux. Les stades algériens sont les seuls lieux où la jeunesse peut exprimer sa colère sans être immédiatement réprimée – à condition que cette colère reste cantonnée au terrain.
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**Politique étrangère : entre alliances africaines et isolement régional**
La diplomatie algérienne de 2025 est un mélange de volontarisme et de repli. La participation du ministre du Commerce, Kamel Djellab, à la réunion des ministres africains du Commerce au Caire, ou le renforcement des alliances du Tchad aux Assemblées du FMI, montrent une Algérie qui cherche à jouer un rôle en Afrique. Pourtant, sur le plan régional, elle reste isolée.
Le Maroc, avec sa diplomatie agressive et ses alliances avec Israël et les États-Unis, a pris une longueur d’avance. L’Algérie, elle, oscille entre une rhétorique