Le chantier du métro reliant le centre d’Alger à l’aéroport international Houari Boumediene progresse à un rythme soutenu. Selon les dernières images diffusées par Visas & Voyages Algérie, les travaux de génie civil et d’électrification suivent le calendrier prévu, avec plusieurs tronçons déjà opérationnels en phase de test.
Le projet, lancé en 2018, vise à désengorger les axes routiers menant à l’aéroport, actuellement saturés aux heures de pointe. La ligne, longue de 19,5 kilomètres, comptera 11 stations, dont une terminus à l’aéroport. Les autorités prévoient une mise en service partielle d’ici fin 2025, avec une exploitation complète en 2026. Le métro transportera environ 30 000 passagers par jour, réduisant les temps de trajet entre le centre-ville et l’aéroport à moins de 25 minutes.
D’après les responsables du groupe Cosider, maître d’œuvre du projet, les travaux avancent malgré les contraintes techniques liées au relief accidenté de la zone. Les tunnels, creusés à une profondeur moyenne de 20 mètres, nécessitent des techniques de soutènement complexes. Les stations, conçues pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite, intégreront des systèmes de sécurité modernes, incluant des caméras de surveillance et des détecteurs d’incendie.
Le coût global du projet est estimé à 1,2 milliard de dollars, financé en partie par des fonds publics et des prêts internationaux. La Banque africaine de développement (BAD) a accordé un prêt de 200 millions de dollars en 2022 pour soutenir la réalisation de cette infrastructure. Le ministre des Transports, Kamel Beljoud, a souligné lors d’une visite récente que ce métro s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des transports urbains, incluant l’extension du tramway et la création de nouvelles lignes de bus à haut niveau de service.
Les riverains et les usagers de l’aéroport expriment un optimisme prudent. Un chauffeur de taxi, interrogé près de la station Bab Ezzouar, estime que le métro « changera la donne » pour les travailleurs et les voyageurs, mais s’inquiète des perturbations causées par les travaux en cours. Les commerçants de la zone, quant à eux, espèrent une hausse de la fréquentation une fois le métro opérationnel.
Les défis restent nombreux. La coordination entre les différents acteurs du projet, dont l’Entreprise Métro d’Alger (EMA) et les sous-traitants étrangers, doit être renforcée pour éviter les retards. Par ailleurs, la formation des futurs agents d’exploitation et de maintenance est en cours, avec l’appui d’experts internationaux. Les tests techniques, prévus pour le premier trimestre 2025, détermineront la fiabilité du système avant son ouverture au public.
Ce projet s’ajoute à d’autres initiatives visant à améliorer la mobilité dans la capitale. L’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Alger suit également la construction de parkings à étages et d’une nouvelle gare routière à Hussein Dey, ainsi que l’extension du tramway vers les quartiers est. Ces infrastructures devraient atténuer la congestion routière, responsable de près de 40 % des émissions de CO2 dans la wilaya d’Alger, selon une étude de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE).
L’impact économique du métro aéroportuaire est déjà perceptible. Plusieurs promoteurs immobiliers ont lancé des projets résidentiels et commerciaux le long du tracé, anticipant une hausse des prix de l’immobilier. Les zones de Bab Ezzouar et Dar El Beïda, actuellement en pleine mutation, pourraient devenir des pôles économiques attractifs pour les entreprises et les investisseurs.
Les autorités algériennes misent sur ce projet pour renforcer l’attractivité d’Alger à l’international. L’aéroport Houari Boumediene, principal hub aérien du pays, accueille plus de 8 millions de passagers par an. Une liaison rapide et fiable avec le centre-ville devrait faciliter les déplacements des touristes et des hommes d’affaires, tout en améliorant la compétitivité de la capitale face à d’autres métropoles africaines comme Casablanca ou Tunis.
Les retombées environnementales sont également attendues. Le métro, alimenté par une électricité majoritairement produite à partir de gaz naturel, devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de près de 50 000 tonnes par an. Ce gain s’inscrit dans les objectifs du Plan national climat 2030, qui vise une réduction de 22 % des émissions de CO2 d’ici la fin de la décennie.
Malgré les avancées, des questions subsistent sur la pérennité du financement et la maintenance à long terme. Les précédents projets de transport en commun en Algérie ont parfois souffert de retards ou de sous-exploitation en raison de budgets insuffisants. Pour éviter ces écueils, le gouvernement a annoncé la création d’un fonds dédié à la maintenance des infrastructures de transport, alimenté par une taxe sur les carburants.
Le métro aéroportuaire d’Alger symbolise les ambitions du pays en matière de modernisation des transports. Si les délais sont respectés, il deviendra la première ligne de métro en Algérie à desservir un aéroport, ouvrant la voie à d’autres projets similaires dans les wilayas d’Oran et de Constantine. Les prochains mois seront décisifs pour confirmer la viabilité technique et financière de cette infrastructure, attendue par des millions d’Algérois.