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**L’Algérie, ou l’art de marcher sur deux siècles à la fois**
L’Algérie contemporaine est un pays qui court après son ombre. D’un côté, elle exhume les épaves de son passé colonial (le Tonnant, disparu en 1940) comme pour rappeler que l’Histoire, même engloutie, pèse encore sur ses choix. De l’autre, elle déploie la 5G dans huit wilayas prioritaires, symbole d’une modernité technologique qui, en théorie, devrait la propulser dans le XXIe siècle. Entre ces deux temporalités, l’État algérien joue un rôle de matrice : il façonne, contrôle, et parfois étouffe les dynamiques qui pourraient émerger de la société.
Cette revue de presse révèle une Algérie en tension permanente entre trois forces :
1. La nostalgie d’un État-providence (emplois publics, subventions, gestion centralisée de l’eau et de l’énergie) ;
2. L’urgence de la diversification économique (exportations, PPP, transition énergétique) ;
3. La peur de l’effritement du contrôle social (répression des militants, élections verrouillées, patrimoine instrumentalisé).
Ces actualités ne sont pas des îlots isolés, mais les symptômes d’un système qui cherche à concilier l’inconciliable : un capitalisme d’État rentier avec les impératifs d’une économie mondialisée, une jeunesse surdiplômée et sous-employée avec les promesses d’un développement technologique, une mémoire nationale glorifiée avec les réalités d’un patrimoine en péril.
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**1. L’économie algérienne : entre rente pétrolière et mirage de la diversification**
**Sonatrach, ou l’éternel retour du même**
Pourtant, des signaux faibles émergent. Mourad Louadah, CEO d’IRIS JC IND, plaide pour une transition énergétique par le bas, via des partenariats concrets. Mais ces initiatives restent marginales face à l’omnipotence de Sonatrach, qui préfère exporter du gaz vers l’Europe (en crise énergétique) plutôt que de financer des énergies renouvelables locales. Contradiction majeure : l’Algérie a le potentiel solaire le plus élevé au monde, mais son modèle économique reste ancré dans le XXe siècle.
**L’Afrique subsaharienne : nouvel eldorado ou fuite en avant ?**
Fils rouge avec l’emploi des jeunes : ces exportations pourraient créer des emplois, mais pour l’instant, elles profitent surtout aux grands groupes étatiques. Les PME algériennes, elles, restent cantonnées au marché intérieur, protégé mais étouffant.
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**2. La jeunesse algérienne : entre concours publics et désillusion**
**L’État recruteur, ultime filet de sécurité**
Contradiction : ces recrutements massifs (400 postes pour les bacheliers) contrastent avec les discours sur l’innovation et l’entrepreneuriat. La 5G est déployée, mais les jeunes Algériens sont incités à devenir fonctionnaires plutôt qu’ingénieurs ou startupeurs. Pourquoi ? Parce que l’État craint la contestation sociale. Un jeune employé dans l’administration est un jeune qui ne descendra pas dans la rue.
**Le patrimoine comme exutoire**
Mais là encore, l’État instrumentalise le patrimoine :
– Il le folklorise pour attirer les touristes (et les devises) ;
– Il le politise pour renforcer le récit national (comme avec les épaves coloniales) ;
– Mais il néglige sa préservation réelle (les sites archéologiques sont souvent mal entretenus, les artisans sous-payés).
Fils rouge avec la société civile : les militants qui dénoncent cette instrumentalisation (comme Mohamed Tadjadit ou Omar Boussag) sont emprisonnés. Le patrimoine, comme l’économie, doit rester sous contrôle.
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**3. La 5G et l’innovation : le grand leurre technologique ?**
**La 5G, symbole d’une modernité sous surveillance**
Contradiction : l’Algérie veut former des ingénieurs et des entrepreneurs, mais elle ne leur donne pas les moyens de créer. Les incubateurs existent, mais ils sont souvent contrôlés par l’État ou des oligarques proches du pouvoir.
**L’agriculture 4.0 : une révolution en trompe-l’œil**
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**4. Les élections : la démocratie algérienne, ou l’art de l’illusion**
**84 % pour Tebboune : le score qui révèle tout**
Fils rouge avec la société civile : les militants emprisonnés (Tadjadit, Boussag, Ouali) sont la preuve que le régime ne tolère aucune contestation, même pacifique. Les élections ne sont qu’un rituel pour légitimer un pouvoir qui, en réalité, se maintient par la répression et la rente.
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**5. La société civile : le dernier rempart contre l’État-matrice**
**La répression comme mode de gouvernance**
Contradiction : l’Algérie se présente comme un pays stable et moderne (5G, exportations, patrimoine), mais elle emprisonne ceux qui demandent simplement plus de libertés. C’est le paradoxe algérien : un pays qui veut être une puissance régionale, mais qui gouverne comme une dictature du XXe siècle.
**Les Algériens de l’étranger : ambassadeurs ou otages ?**
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**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins (ou des abîmes)**
L’Algérie est un pays qui pourrait tout avoir :
– Des ressources naturelles (gaz, soleil, terres agricoles) ;
– Un capital humain (une jeunesse éduquée, une diaspora dynamique) ;
– Un patrimoine culturel et historique unique.
Pourtant, elle reste prisonnière d’un système rentier et autoritaire qui :
1. Étrangle l’initiative privée (par peur de perdre le contrôle) ;
2. Sous-emploie sa jeunesse (par peur de la contestation) ;
3. Réprime la société civile (par peur de l’effritement du pouvoir).