En 2025, le Vietnam a enregistré des performances économiques remarquables, selon lecourrier.vn. Le pays a non seulement atteint mais dépassé ses prévisions de croissance, consolidant sa position comme l’une des économies les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. Ces résultats, obtenus dans un contexte mondial encore marqué par des incertitudes, offrent des enseignements précieux pour l’Algérie, engagée dans un processus de diversification économique et de réformes structurelles.
Une croissance soutenue malgré les défis externes
Pour l’Algérie, cette résilience vietnamienne interroge. Le pays, dont la croissance reste largement dépendante des hydrocarbures, peine à diversifier ses sources de revenus. En 2023, les exportations hors hydrocarbures ne représentaient que 5 % du total, contre plus de 30 % pour le Vietnam. La question se pose : comment l’Algérie pourrait-elle s’inspirer de cette dynamique pour réduire sa vulnérabilité aux fluctuations des cours du pétrole ?
Des réformes fiscales au service de la compétitivité
En Algérie, les réformes fiscales restent timides. La loi de finances 2025 a introduit quelques allègements pour les PME, mais les investisseurs étrangers continuent de pointer du doigt la complexité des démarches et l’instabilité juridique. Une comparaison s’impose : là où le Vietnam a fait le choix de la flexibilité pour séduire les multinationales, l’Algérie maintient des barrières qui freinent son attractivité. Pourtant, des secteurs comme l’agro-industrie ou les énergies renouvelables pourraient bénéficier d’un cadre fiscal plus incitatif, à l’image de ce qui se fait à Hanoï.
L’industrie locale, fer de lance de l’export
L’Algérie, de son côté, dispose d’un potentiel industriel sous-exploité. Le secteur manufacturier ne représente que 5 % du PIB, contre 25 % au Vietnam. Pourtant, le pays possède des atouts, comme une main-d’œuvre jeune et des ressources naturelles abondantes. La création de zones industrielles intégrées, à l’instar des parcs technologiques vietnamiens, pourrait accélérer cette transition. Des exemples concrets existent déjà, comme le complexe de Rouiba, mais leur développement reste lent en raison de lourdeurs bureaucratiques.
L’enjeu de la stabilité macroéconomique
La leçon vietnamienne est claire : la diversification économique ne peut se faire sans une gestion rigoureuse des finances publiques. L’Algérie pourrait s’inspirer de cette approche en renforçant la transparence budgétaire et en réduisant les dépenses non prioritaires. Par ailleurs, le Vietnam a mis en place un fonds souverain alimenté par les recettes pétrolières, une piste que l’Algérie avait explorée avec le Fonds de régulation des recettes (FRR), mais dont la gestion a été critiquée pour son manque de clarté.
Des opportunités pour les entreprises algériennes
Cependant, ces opportunités ne se concrétiseront que si l’Algérie parvient à améliorer son climat des affaires. Selon le rapport Doing Business 2025, le Vietnam se classe 70e mondial, tandis que l’Algérie stagne à la 157e place. Les obstacles restent nombreux : corruption, lenteur administrative, et manque d’infrastructures logistiques. Sans une volonté politique forte pour lever ces freins, les entreprises algériennes risquent de rester à la traîne.
Un modèle à adapter, pas à copier
Parmi les pistes à explorer : l’accélération des réformes pour attirer les IDE, la modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires, et le renforcement des liens avec les diasporas algériennes, qui pourraient jouer un rôle similaire à celui des Vietnamiens de l’étranger. Enfin, une meilleure coordination entre les ministères et les acteurs économiques privés sera indispensable pour éviter les blocages qui ont souvent ralenti les projets de diversification.
Les performances du Vietnam en 2025 rappellent que la croissance économique ne se décrète pas, mais se construit par des réformes audacieuses et une vision à long terme. Pour l’Algérie, le défi est désormais de passer des discours aux actes, en s’inspirant des succès des autres sans perdre de vue ses propres atouts.