La Première ministre italienne Giorgia Meloni a effectué une visite de travail à Alger les 24 et 25 mars 2026, marquant un nouveau chapitre dans les relations économiques entre l’Algérie et l’Italie. Selon El Moudjahid, cette rencontre a permis de consolider les accords énergétiques existants et d’explorer de nouvelles opportunités dans les secteurs agricole, industriel et commercial. Le président Abdelmadjid Tebboune et Meloni ont supervisé la signature de plusieurs protocoles d’accord, dont une extension des contrats gaziers entre SONATRACH et l’italien ENI.
Les discussions ont porté sur l’augmentation des livraisons de gaz algérien vers l’Italie, déjà premier client européen de SONATRACH. D’après les déclarations officielles, les deux parties ont convenu d’accélérer les investissements dans les infrastructures de transport, notamment le gazoduc Transmed, qui relie l’Algérie à l’Italie via la Tunisie. Un projet d’extension de ce pipeline, évoqué depuis 2023, a été relancé avec un calendrier prévisionnel fixé à 2028. Les autorités algériennes ont souligné que ces travaux permettront d’augmenter la capacité de transit de 33 à 40 milliards de mètres cubes par an.
Des partenariats au-delà de l’énergie
Dans le domaine industriel, les deux pays ont convenu de créer un fonds commun pour financer des start-up spécialisées dans les énergies renouvelables. Ce fonds, doté d’un budget initial de 200 millions d’euros, sera géré conjointement par la Caisse des Dépôts et Consignations algérienne (CDC) et son homologue italienne, Cassa Depositi e Prestiti. Les premiers appels à projets devraient être lancés avant la fin de l’année 2026, avec une priorité accordée aux solutions de stockage d’énergie et à l’hydrogène vert.
Commerce et formation professionnelle
Un volet important de la visite a concerné la formation professionnelle. Le ministre algérien du Travail, Youcef Chorfa, et son homologue italien ont signé un protocole pour la création de centres de formation spécialisés dans les métiers de l’industrie et des énergies renouvelables. Ces centres, qui seront implantés à Alger, Oran et Annaba, formeront des techniciens algériens selon les standards européens. Les premiers modules de formation devraient démarrer en 2027, avec un objectif de 5 000 bénéficiaires par an.
Réactions et enjeux géopolitiques
Du côté italien, Meloni a souligné l’importance de l’Algérie pour la sécurité énergétique de son pays. « L’Italie a besoin de stabilité dans ses approvisionnements, et l’Algérie est un partenaire clé pour y parvenir », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec Tebboune. Cette déclaration confirme la volonté de Rome de réduire sa dépendance aux énergies fossiles tout en sécurisant des sources alternatives.
Prochaines étapes
En parallèle, SONATRACH et ENI ont annoncé le lancement d’études de faisabilité pour un nouveau gazoduc sous-marin reliant directement l’Algérie à la Sardaigne. Ce projet, s’il se concrétise, pourrait réduire les coûts de transport et renforcer la position de l’Algérie sur le marché méditerranéen. Les résultats de ces études sont attendus pour le premier trimestre 2027.