Revue de presse : Entrepreneuriat Algérie, Gouvernement algérien, Relations Algérie Maroc…

**L’Algérie en mouvement : une mosaïque d’urgences et de promesses**

Cette revue de presse n’est pas un simple inventaire. C’est une radiographie des forces en présence, où chaque domaine s’éclaire par les autres, révélant une Algérie tiraillée entre trois dynamiques : la persistance d’un modèle rentier, l’émergence d’une économie diversifiée, et l’usure d’un système politique qui peine à se réinventer.

**1. La rente, encore et toujours : l’hydrocarbure comme boulet et bouée**

Le paradoxe ? Ces investissements arrivent au moment où les exportations hors hydrocarbures progressent, où l’huile d’olive algérienne conquiert les marchés internationaux, et où la dette publique (Faid) reste inférieure à celle de ses voisins. Pourtant, l’État algérien continue de miser sur Sonatrach comme sur un cheval de course vieillissant, alors que le monde se détourne des énergies fossiles. Les 904 millions d’euros de coupes dans la recherche scientifique sont ici révélateurs : l’argent du pétrole ne finance plus l’avenir, mais comble les trous du présent.

Cette dépendance se lit aussi dans les relations avec le Maroc. La « guerre de la tomate » n’est pas qu’un conflit commercial. C’est le symptôme d’une rivalité régionale où l’économie reste un champ de bataille, et où les hydrocarbures servent de levier diplomatique (fermeture du gazoduc Maghreb-Europe en 2021, tensions récurrentes sur les frontières). L’ouverture exceptionnelle de la frontière terrestre, si elle se confirme, serait un revirement historique – mais aussi une preuve que les relations algéro-marocaines oscillent entre pragmatisme et crispation identitaire, comme en témoignent les débats sur la civilisation amazighe, instrumentalisée des deux côtés.

**2. L’économie réelle : le réveil des entrepreneurs, mais quel État ?**

Le gouvernement se félicite de ses « ambitions » en matière d’ODD (Objectifs de Développement Durable) et d’un taux de pauvreté multidimensionnelle à 6,8%. Pourtant, ce chiffre cache mal les inégalités territoriales et sociales. La croissance algérienne est inégalement répartie : elle bénéficie aux entrepreneurs connectés aux réseaux d’export, aux start-ups tech (Djezzy en tête des télécoms selon Opensignal), mais laisse de côté les régions intérieures et les jeunes diplômés, dont l’exode vers l’Europe ou le Golfe se poursuit.

La formation professionnelle est un autre angle mort. Les opportunités de bourses (Indonésie, Collège d’Europe) ciblent une élite, tandis que le système éducatif peine à former des compétences adaptées au marché. L’Algérie a des ingénieurs, mais manque de techniciens ; elle a des chercheurs, mais les coupes budgétaires les poussent à l’exil. La « Ligue » qui accompagne les jeunes chercheurs est une initiative louable, mais elle ressemble à un pansement sur une hémorragie.

Le vrai défi n’est pas économique, mais politique : comment passer d’une économie de rente à une économie de production, sans réformer en profondeur les structures de l’État ? La Bourse d’Alger, où le CPA s’échange sous son cours d’introduction, est un symbole de cette inertie. Les capitaux existent, mais ils fuient vers l’étranger ou se réfugient dans l’immobilier, faute de confiance dans les institutions.

**3. La diaspora : une ressource sous-exploitée, un exode impossible à endiguer**

Les causes sont connues : salaires trop bas, bureaucratie étouffante, manque de perspectives. Les solutions avancées (incitations fiscales, programmes de retour) peinent à convaincre. La diaspora est une force économique (les transferts d’argent représentent près de 2 milliards de dollars par an), mais aussi une force politique – comme en témoignent les mobilisations en France ou au Canada lors du Hirak.

L’ouverture exceptionnelle de la frontière avec le Maroc, si elle se confirme, pourrait être un geste symbolique fort. Mais elle intervient dans un contexte de tensions persistantes, où la question amazighe sert de marqueur identitaire (cf. les débats à Grenade sur les Amazighs d’Europe). L’Algérie joue avec sa diaspora comme avec un levier, mais sans lui offrir de véritable place dans le projet national.

**4. Télécoms et recherche : les deux visages de la modernisation**

Pourquoi ce décalage ? Parce que les télécoms sont un secteur rentable, où l’État peut attirer des investisseurs privés (comme Orascom, actionnaire de Djezzy). La recherche, elle, dépend entièrement des fonds publics – et ceux-ci sont en baisse. L’Algérie mise sur le court terme (télécoms, agroalimentaire) au détriment du long terme (recherche, innovation).

Cette schizophrénie se retrouve dans la formation professionnelle. Les bourses en Indonésie ou au Collège d’Europe ciblent une minorité, tandis que le système éducatif de masse reste en crise. L’Algérie forme des élites pour l’étranger, mais peine à éduquer sa jeunesse pour le marché local.

**5. La Bourse et l’État : le miroir des dysfonctionnements**

La Bourse d’Alger en est le symbole. Le CPA, première introduction en Bourse depuis des années, s’échange sous son cours d’introduction. Les investisseurs ne croient pas en l’économie algérienne, et pour cause : les entreprises publiques sont mal gérées, les privatisations sont bloquées, et les capitaux privés préfèrent l’étranger.

L’Algérie a les moyens de sa transformation, mais pas la volonté politique. Les 3 milliards de dollars d’investissements dans les hydrocarbures, les succès agroalimentaires, les télécoms performantes… Tout cela pourrait servir de socle à une économie diversifiée. Mais sans réforme de l’État, sans transparence, sans confiance dans les institutions, ces atouts resteront sous-exploités.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

1. Le scénario de la continuité : L’Algérie maintient son modèle rentier, avec des ajustements cosmétiques (diversification marginale, ouverture contrôlée des frontières). Les exportations hors hydrocarbures progressent, mais la dépendance au pétrole persiste. La diaspora reste une ressource financière, mais pas un acteur politique. Résultat : une croissance molle, des inégalités croissantes, et un risque de crise sociale à moyen terme.

2. Le scénario de la rupture : Un choc externe (effondrement des prix du pétrole, crise régionale) ou interne (nouveau Hirak) force l’État à réformer. Les privatisations s’accélèrent, la Bourse se développe, la recherche retrouve des financements. Résultat : une économie plus diversifiée, mais au prix de tensions sociales (chômage, inflation). Ce scénario est le plus probable à moyen terme, car les pressions sont trop fortes pour que le statu quo tienne.

3. Le scénario de la transformation : L’Algérie mise sur l’innovation (tech, agroalimentaire, énergies vertes) et sur sa diaspora pour construire une économie post-rentière. Les frontières s’ouvrent, la recherche est financée, les entreprises publiques sont réformées. Résultat : une croissance forte, une réduction des inégalités, et une place renforcée dans la région. Ce scénario est possible, mais il exige une révolution culturelle – celle d’un État qui accepte de partager le pouvoir avec les entrepreneurs, les chercheurs et la société civile.

Le plus probable ? Un mélange des trois. L

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