Le salon inversé booste l’industrie militaire algérienne

Le premier salon inversé de la sous-traitance industrielle, organisé récemment à Alger, a mis en lumière le rôle clé du secteur militaire dans l’intégration économique nationale. Selon Algerie Patriotique, cet événement, piloté par le ministère de la Défense nationale (MDN) et la Direction générale de l’industrie militaire (DGIM), a permis de renforcer les liens entre les entreprises publiques et privées, tout en accélérant le transfert de technologies vers des filières civiles.

Une plateforme pour l’autonomie industrielle

La DGIM a dévoilé une liste de 150 pièces et équipements prioritaires à produire localement, allant des systèmes de communication aux pièces de rechange pour blindés. « Nous visons une intégration de 60 % dans la fabrication de nos équipements d’ici 2027 », a déclaré un responsable de la DGIM cité par Algerie Patriotique. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie du MDN, qui mise sur l’industrialisation pour sécuriser les approvisionnements et créer des emplois qualifiés.

Des retombées économiques et technologiques

Sur le plan technologique, le salon a révélé des avancées significatives. Des PME algériennes ont présenté des prototypes de drones de surveillance, de systèmes de guidage électronique et de solutions de cybersécurité, développés en collaboration avec des centres de recherche comme le Centre de développement des technologies avancées (CDTA). « Ces innovations montrent que l’Algérie peut maîtriser des technologies duales, utilisables à la fois dans les secteurs militaire et civil », souligne un expert en industrie de défense.

Un levier pour l’économie nationale

Cette approche rejoint les objectifs du Plan de relance économique 2024-2028, qui mise sur l’innovation et la substitution aux importations. Le ministre de l’Industrie, cité lors du salon, a insisté sur la nécessité de « créer des chaînes de valeur locales » pour réduire les dépenses en devises. En 2024, l’Algérie a importé pour plus de 5 milliards de dollars de biens intermédiaires, un chiffre que le gouvernement souhaite diminuer de moitié d’ici 2030.

Défis et limites

Le MDN a annoncé la création d’un fonds d’investissement dédié à la sous-traitance industrielle, doté de 50 milliards de dinars, pour soutenir les PME. Une mesure saluée par les acteurs du secteur, mais dont l’efficacité dépendra de sa mise en œuvre rapide.

Vers une industrie duale

Pour les observateurs, le succès de cette démarche dépendra de la capacité à maintenir un dialogue permanent entre les acteurs publics et privés, ainsi qu’à former une main-d’œuvre qualifiée. Avec plus de 30 000 ingénieurs et techniciens formés chaque année, le pays dispose d’un vivier de talents, mais leur intégration dans les filières industrielles reste un enjeu clé.

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