Gara Djebilet relance la sidérurgie algérienne

Le projet d’exploitation de la mine de fer de Gara Djebilet, situé dans la wilaya de Tindouf, marque une étape décisive pour l’industrie algérienne. Selon l’Algérie Presse Service (APS), ce gisement, l’un des plus importants au monde avec des réserves estimées à plus de 3 milliards de tonnes, doit permettre à l’Algérie de réduire sa dépendance aux importations d’acier et de renforcer sa souveraineté industrielle. Les travaux, lancés récemment, s’inscrivent dans une stratégie plus large de relance du secteur minier et sidérurgique.

Un gisement stratégique pour l’économie nationale

Le minerai extrait sera acheminé vers les complexes sidérurgiques de Bellara (Jijel) et d’El Hadjar (Annaba), où il sera transformé en produits semi-finis et finis. Ces infrastructures, modernisées dans le cadre du plan de relance industrielle, devraient absorber une partie importante de la production. Selon des chiffres officiels, l’Algérie importe actuellement entre 2 et 3 millions de tonnes d’acier par an, pour un coût dépassant les 2 milliards de dollars. L’exploitation de Gara Djebilet pourrait réduire cette facture de moitié d’ici 2030.

Des partenariats pour surmonter les défis techniques

Par ailleurs, la Société nationale de sidérurgie (SNS) a annoncé un investissement de 1,2 milliard de dollars pour moderniser les installations d’El Hadjar et de Bellara. Ces travaux incluent l’installation de nouveaux fours électriques et de lignes de laminage capables de traiter le minerai de Gara Djebilet. « Nous visons une production annuelle de 2 millions de tonnes d’acier d’ici 2027, avec une montée en puissance progressive », a déclaré le PDG de la SNS, Mohamed Kebir.

Création d’emplois et développement local

Les autorités locales misent également sur la formation professionnelle pour préparer la main-d’œuvre locale aux métiers de la mine et de la sidérurgie. Des partenariats ont été signés avec des centres de formation algériens et étrangers pour dispenser des programmes spécialisés. « Nous voulons que les jeunes de Tindouf soient les premiers bénéficiaires de ce projet », a affirmé le wali de la région lors d’une réunion publique.

Un impact sur les exportations et la balance commerciale

Cependant, le succès de cette stratégie dépendra de la capacité de l’Algérie à produire un acier compétitif sur le plan international. Les coûts de production, notamment ceux liés à l’énergie et à la logistique, devront être maîtrisés. À ce titre, le gouvernement mise sur le développement des énergies renouvelables pour alimenter les sites industriels, réduisant ainsi la dépendance au gaz naturel.

Défis environnementaux et durabilité

Les entreprises impliquées dans le projet se sont engagées à adopter des technologies propres, notamment pour le traitement des eaux usées et la réhabilitation des sites après exploitation. « Nous appliquerons les standards les plus stricts en matière de protection de l’environnement », a assuré un responsable de Sinosteel lors d’une conférence de presse.

Une vision à long terme pour l’industrie algérienne

Pour le président Abdelmadjid Tebboune, ce projet est « un pilier de la souveraineté économique ». Lors d’une allocution télévisée, il a rappelé que l’Algérie dispose de ressources minières sous-exploitées, comme le phosphate, le zinc ou l’or, qui pourraient faire l’objet de projets similaires. « Notre objectif est de transformer nos richesses naturelles en valeur ajoutée pour les Algériens », a-t-il déclaré.

L’exploitation de Gara Djebilet pourrait ainsi servir de modèle pour d’autres projets miniers en Algérie. Si les défis techniques, économiques et environnementaux sont relevés, ce gisement pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour l’industrie algérienne.

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