Rappel des tendances de la semaine
La semaine a été marquée par des évolutions réglementaires en fiscalité des entreprises, une diversification des sources de financement pour les PME, et des signaux d’ouverture vers des partenariats industriels internationaux. Parallèlement, l’économie numérique et les dispositifs d’accompagnement des entrepreneurs locaux et de la diaspora ont connu des ajustements concrets.
Fiscalité : Clarifications et alertes pour les entreprises
Pour les dividendes étrangers, l’Algérie applique un taux de 15 % de retenue à la source, mais des conventions fiscales bilatérales (23 en vigueur) permettent d’éviter la double imposition. Les entrepreneurs doivent vérifier les accords signés avec le pays d’origine des dividendes, comme la France (taux réduit à 10 %) ou l’Allemagne (exonération sous conditions).
Financement des PME : Diversification des outils et premières licences
Le crowdfunding se structure également : trois plateformes (Wakilni, Yomken, et une nouvelle entrante spécialisée dans l’agriculture) ont obtenu des agréments provisoires pour collecter des fonds auprès du public. Le seuil maximal par projet est fixé à 100 millions de dinars, avec un plafond de 5 millions de dinars par investisseur. Ces plateformes ciblent principalement les projets agricoles et artisanaux, en réponse aux difficultés d’accès au crédit bancaire traditionnel.
E-commerce : Tendances et encadrement des influenceurs
La FAEC a annoncé un projet de loi pour encadrer l’activité des influenceurs, avec une obligation de déclaration d’activité et de paiement de la taxe sur les services numériques (19 %). Les revenus supérieurs à 5 millions de dinars par an devront être déclarés via un compte spécialisé auprès de la Direction générale des impôts.
Capital investissement : L’Afrique comme levier et compétitivité régionale
En parallèle, les flux d’IDE vers le Maroc ont augmenté de 91 % en 2025, atteignant 5,4 milliards de dollars, selon les données de la Banque centrale marocaine. Les secteurs leaders sont l’automobile (1,8 milliard), les énergies renouvelables (1,2 milliard), et les technologies (900 millions). Cette dynamique contraste avec la stagnation des IDE en Algérie, où les entrées n’ont pas dépassé 1,1 milliard de dollars en 2024 (Banque mondiale).
ANGEM et partenariats industriels : Sidérurgie et investissements chinois
Par ailleurs, des discussions sont en cours pour renforcer la coopération industrielle avec la Chine dans les secteurs de l’électronique, des machines-outils et de la chimie. Aucun chiffre précis n’a été communiqué, mais les deux parties visent des investissements cumulés de 2 milliards de dollars d’ici 2028.
Diaspora entrepreneur : Dispositifs et transferts de capitaux
Le ministre des Startups, Yacine Oualid, a réaffirmé l’objectif de 10 000 startups actives d’ici 2026, avec un focus sur les secteurs fintech, santé digitale et agro-industrie. Pour attirer la diaspora, de nouvelles conditions de transfert de capitaux ont été introduites : les investisseurs peuvent rapatrier 100 % de leurs bénéfices après impôts, sous réserve de justifier l’origine des fonds (décret n°24-112 du 10 avril 2024).
Freelance : Solutions bancaires pour les non-résidents
Pour les freelances, la solution la plus flexible reste les néobanques internationales (Revolut, N26, Wise), qui permettent de recevoir des paiements en devises sans frais de change. Cependant, ces solutions ne sont pas reconnues par l’administration fiscale algérienne pour la déclaration des revenus.
Business plan et automobile : Alerte sur les déséquilibres sectoriels
Les chiffres sectoriels confirment la tendance : en 2023, 120 000 véhicules ont été importés (dont 80 % d’occasion), contre seulement 5 000 véhicules assemblés localement. Le gouvernement vise 30 000 unités assemblées d’ici 2026.
Création d’entreprise : Innovation et guerre des talents
Par ailleurs, la guerre des talents en IA s’intensifie : Meta a proposé 1,5 milliard de dollars à un ex-cadre d’OpenAI pour lancer un nouveau laboratoire, mais ce dernier a refusé, invoquant des contraintes de souveraineté technologique. En Algérie, cette dynamique reste marginale, mais le gouvernement a lancé un programme de bourses pour former 500 ingénieurs en IA d’ici 2025, en partenariat avec des universités françaises et canadiennes.
EURL et métiers en tension : Recrutement et régions
Pour y répondre, des dispositifs de formation accélérée sont mis en place :
– 10 000 places en écoles de formation professionnelle (EFPs) pour les métiers agricoles.
– 5 000 bourses pour les études en santé publique.
– Incitations fiscales pour les entreprises recrutant dans les wilayas frontalières (exonération de cotisations patronales pendant 2 ans).
Bilan de la semaine
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs doivent anticiper les nouvelles obligations fiscales pour les dépenses liées aux filiales et aux dividendes, vérifier les conventions de double imposition, et explorer les fonds de capital-risque pour les projets innovants.
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