Fayçal Ouchène, influenceur algérien suivi par plus de 2 millions d’abonnés sur Instagram et TikTok, a été salué par le ministère du Commerce pour son rôle dans la promotion des produits algériens à l’export. Une reconnaissance officielle intervenue récemment, selon Algerie360, qui souligne l’impact de ses campagnes sur les ventes de produits locaux en Europe. Ouchène, connu pour ses vidéos mettant en avant des marques comme Cevital, Hamoud Boualem ou encore les dattes de Biskra, a permis à plusieurs entreprises algériennes d’accéder à de nouveaux marchés, notamment en France, en Belgique et en Allemagne.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement algérien pour diversifier les exportations hors hydrocarbures. Le ministère du Commerce a lancé en 2023 le programme « Export DZ », visant à accompagner 500 PME algériennes dans leur conquête des marchés internationaux d’ici 2026. Selon les données du Centre national des registres de commerce (CNRC), les exportations non pétrolières ont atteint 7,2 milliards de dollars en 2025, en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente. Les produits agroalimentaires, les textiles et les produits pharmaceutiques dominent ces flux, avec une progression notable des ventes de dattes (+18 %) et de médicaments génériques (+22 %).
Ouchène n’est pas le seul acteur du digital à s’engager dans cette dynamique. D’autres influenceurs, comme Maya Zerrouki Bendimerad ou le youtubeur « DZ Tech », collaborent avec des startups locales pour promouvoir leurs innovations. Zerrouki Bendimerad, fondatrice du média Algerie Eco, a récemment déclaré que « le web a démocratisé l’accès aux marchés, permettant aux petites structures de rivaliser avec les grands groupes ». Une tendance confirmée par les chiffres : selon une étude de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), 35 % des PME exportatrices algériennes utilisent désormais les réseaux sociaux comme principal canal de prospection.
Un modèle à reproduire pour les entrepreneurs
Le cas Ouchène illustre une mutation dans les stratégies d’exportation. Les entreprises algériennes, longtemps dépendantes des salons professionnels et des réseaux traditionnels, se tournent vers le marketing digital pour toucher directement les consommateurs européens. « Avant, il fallait des années pour établir une présence à l’étranger. Aujourd’hui, une campagne virale peut générer des commandes en quelques semaines », explique un responsable de l’ANDI. Cette approche a séduit des marques comme « Made in Algeria », spécialisée dans les produits cosmétiques naturels, qui a vu ses ventes en ligne tripler après une collaboration avec Ouchène.
Cependant, des défis persistent. Les entrepreneurs pointent du doigt les lenteurs administratives pour l’obtention des certifications européennes, ainsi que les coûts logistiques élevés. « Exporter un conteneur de dattes vers Marseille coûte 30 % plus cher que vers Dubaï, en raison des taxes portuaires et des délais de dédouanement », déplore un exportateur de la région de Biskra. Le gouvernement a annoncé en 2025 la création d’un guichet unique pour les exportateurs, mais sa mise en place tarde.
La diaspora, relais clé pour les produits algériens
La diaspora algérienne en Europe, estimée à plus de 3 millions de personnes, représente un levier sous-exploité. Selon une enquête de la Banque d’Algérie, seulement 15 % des PME exportatrices ciblent spécifiquement ce marché, malgré une demande croissante pour les produits « made in Algeria ». Ouchène, lui, mise sur cette communauté : « Les Algériens de l’étranger veulent retrouver le goût de chez eux. Ils sont prêts à payer plus cher pour des produits authentiques », affirme-t-il dans une récente interview.
Des initiatives comme « DZ Export Hub », lancée par des entrepreneurs de la diaspora en France, visent à faciliter les partenariats entre PME algériennes et distributeurs européens. « Nous identifions des produits à fort potentiel, nous les mettons en relation avec des grossistes, et nous les aidons à adapter leur packaging aux normes européennes », explique le fondateur du hub, basé à Lyon. En 2025, ce réseau a accompagné 40 entreprises algériennes, générant un chiffre d’affaires cumulé de 12 millions d’euros.
Quels secteurs tirer profit de cette dynamique ?
Les produits agroalimentaires restent les plus prometteurs, avec une demande européenne en hausse pour les dattes (notamment les variétés Deglet Nour et Mech Degla), l’huile d’olive et les épices. Le textile algérien, porté par des marques comme « Nass El Khir » ou « Elite », séduit aussi les consommateurs en quête de vêtements éthiques. « Les Européens recherchent des matières premières durables et une traçabilité. L’Algérie a un avantage avec son coton bio et ses teintures naturelles », souligne un expert du secteur.
Les startups technologiques ne sont pas en reste. Des entreprises comme « Yassir » (livraison) ou « Temtem » (fintech) commencent à exporter leur savoir-faire, notamment en Afrique francophone. « L’Algérie peut devenir un hub pour les solutions digitales adaptées aux marchés émergents », estime un investisseur basé à Alger.
À retenir pour les entrepreneurs
L’État algérien encourage les collaborations avec les influenceurs pour booster les exportations, avec un focus sur l’agroalimentaire et le textile. Les PME doivent anticiper les coûts logistiques et les normes européennes, tout en ciblant la diaspora comme relais commercial. Les outils digitaux, comme les réseaux sociaux et les plateformes d’e-commerce, réduisent les barrières à l’entrée sur les marchés étrangers.
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