Exportations algériennes hors hydrocarbures en hausse en 2025

L’Algérie enregistre une progression notable de ses exportations hors hydrocarbures au cours des sept premiers mois de 2025, selon un responsable cité par l’Algérie Presse Service (APS). Cette performance, bien que modeste en volume comparée aux exportations d’hydrocarbures, marque une étape pour les secteurs non pétroliers, souvent perçus comme marginaux dans la balance commerciale du pays.

D’après les données relayées par l’APS, plusieurs filières ont contribué à cette hausse. Les produits agricoles, les matériaux de construction et les produits pharmaceutiques figurent parmi les secteurs les plus dynamiques. Le ministère du Commerce a indiqué que les exportations de dattes, par exemple, ont augmenté de 15 % en valeur par rapport à la même période en 2024, atteignant près de 120 millions de dollars. Les matériaux de construction, notamment le ciment et les produits en céramique, ont également progressé, avec une hausse de 12 % en volume. Ces chiffres reflètent une demande accrue en Afrique subsaharienne, où l’Algérie cherche à renforcer sa présence.

Cette tendance s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique, portée par le gouvernement depuis plusieurs années. Le plan de relance économique 2020-2024, puis le programme 2025-2029, ont mis l’accent sur le développement des exportations hors hydrocarbures, avec des incitations fiscales et des facilités logistiques pour les entreprises. Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a récemment souligné que ces mesures visaient à réduire la dépendance aux revenus pétroliers, tout en créant des emplois locaux. « Nous travaillons à simplifier les procédures douanières et à améliorer l’accès aux financements pour les PME exportatrices », a-t-il déclaré lors d’une conférence en septembre 2025.

Pourtant, malgré ces avancées, les obstacles persistent. Les professionnels des filières exportatrices dénoncent un cumul de difficultés, comme le rapporte La France Agricole dans une enquête publiée en novembre 2025. Les principaux freins cités incluent des délais administratifs longs, des coûts logistiques élevés et un accès limité aux marchés internationaux. Les producteurs de fruits et légumes, par exemple, pointent du doigt les retards dans l’obtention des certificats sanitaires, qui pénalisent leurs livraisons vers l’Europe. « Un conteneur de tomates peut attendre une semaine à la frontière tunisienne avant d’être expédié, alors que nos concurrents marocains ou espagnols bénéficient de procédures accélérées », explique un exportateur de la région de Biskra.

Les ports algériens, bien que modernisés ces dernières années, restent un maillon faible de la chaîne logistique. La campagne nationale de nettoyage des ports et abris de pêche, lancée en mars 2025 et relayée par Algeria Invest, vise à améliorer leur compétitivité. Cependant, les entrepreneurs soulignent que ces efforts doivent s’accompagner d’une réforme plus large des infrastructures portuaires et des procédures douanières. « Le port de Béjaïa, par exemple, a vu son trafic augmenter, mais les retards dans le déchargement des marchandises restent un problème récurrent », note un importateur basé à Alger.

La diaspora algérienne joue également un rôle clé dans cette dynamique. Les entrepreneurs installés à l’étranger, notamment en France, en Espagne et au Canada, servent souvent de relais pour les produits algériens sur les marchés internationaux. Des initiatives comme le Salon Med-IT, mentionné par Webmanagercenter en 2013, ont montré l’importance des réseaux diasporiques dans la promotion des exportations. En 2025, plusieurs start-up algériennes spécialisées dans les technologies vertes ou l’agroalimentaire ont bénéficié de partenariats avec des investisseurs de la diaspora pour accéder à des marchés comme l’Afrique de l’Ouest ou le Moyen-Orient.

Sur le plan régional, l’Algérie fait face à une concurrence accrue. La Tunisie, par exemple, a vu sa balance commerciale dans le textile-habillement bondir de 129,1 % en 2023, selon Africa24 TV. Ce secteur, où l’Algérie peine à rivaliser, illustre les défis de compétitivité auxquels le pays est confronté. Les entreprises algériennes doivent non seulement améliorer leur productivité, mais aussi se différencier par la qualité et l’innovation. « Nos voisins tunisiens et marocains ont une longueur d’avance en matière de normes internationales et de certification. Nous devons rattraper ce retard », estime un industriel du textile basé à Sétif.

Les opportunités existent néanmoins. La demande en produits agricoles et pharmaceutiques en Afrique subsaharienne offre un potentiel inexploité. L’Algérie, avec sa production locale de médicaments génériques et ses filières agricoles diversifiées, pourrait capter une part de ce marché. Des entreprises comme Saidal, leader dans la production pharmaceutique, ont déjà commencé à exporter vers des pays comme le Mali, le Niger ou la Côte d’Ivoire. « Les besoins en santé et en alimentation sont immenses en Afrique. Nous avons les capacités pour répondre à cette demande, à condition de lever les barrières logistiques », explique un responsable de Saidal.

À l’international, les comparaisons avec d’autres pays émergents montrent que la diversification des exportations est un processus long. L’Argentine, par exemple, mise sur le Maroc pour dynamiser ses exportations agricoles, comme le rapporte AgriMaroc en 2020. Ce type de partenariat pourrait inspirer l’Algérie, qui cherche à renforcer ses liens avec des hubs régionaux comme Dubaï ou Istanbul pour faciliter l’accès à de nouveaux marchés.

À retenir pour les entrepreneurs
La hausse des exportations hors hydrocarbures en 2025 confirme une tendance positive, mais les défis logistiques et administratifs restent majeurs. Les PME algériennes doivent cibler les marchés africains et s’appuyer sur les réseaux de la diaspora pour contourner les obstacles. Les secteurs agricoles et pharmaceutiques offrent des opportunités immédiates, à condition d’améliorer la compétitivité et la conformité aux normes internationales.

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