Le sélectionneur belge Hugo Broos a quitté ses fonctions après la CAN 2025, laissant la place à son compatriote Marc Wilmots. Ce dernier n’a pas tenu longtemps à la tête de l’équipe nationale algérienne. Son départ précipité en février 2026 a ouvert la voie à l’arrivée de Sébastien Desabre, ancien entraîneur de l’Ouganda et du Congo. Depuis sa nomination en mars 2026, le Français de 48 ans a multiplié les déclarations pour marquer son empreinte sur les Fennecs. Sa dernière sortie médiatique, rapportée par Eurosport, a retenu l’attention : « On ne s’interdit rien ».
Ces propos interviennent alors que l’Algérie se prépare pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, dont la phase finale se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Desabre a insisté sur la nécessité de viser haut, sans se limiter à une simple qualification. « Notre objectif n’est pas seulement d’être présents en 2026, mais de jouer un rôle important. Les joueurs ont le niveau, et nous devons les pousser à croire en cette ambition », a-t-il déclaré.
Cette prise de position contraste avec les discours plus prudents de ses prédécesseurs. Wilmots, par exemple, avait souvent mis en avant la difficulté du groupe africain, où l’Algérie côtoie des équipes comme le Nigeria, le Sénégal et le Cameroun. Desabre, lui, semble vouloir insuffler une mentalité offensive, en phase avec les attentes des supporters algériens. « Le public mérite une équipe qui attaque, qui prend des risques. C’est ce que nous allons leur offrir », a-t-il ajouté.
Les premiers matchs sous sa direction, prévus en juin 2026 contre la Guinée et le Botswana, seront déterminants. Ces rencontres amicales serviront de test avant le début des éliminatoires en septembre. Desabre a déjà commencé à remodeler l’effectif, en intégrant de jeunes talents comme Naoufel Khacef, passé par le Stade Rennais, et Mohamed Belloumi, distingué en Championship anglaise. Ce dernier, fils de la légende Lakhdar Belloumi, a été élu meilleur joueur du mois d’octobre 2024 avec son club de Sheffield Wednesday, selon DZfoot.
Pourtant, les défis ne manquent pas. L’Algérie sort d’une CAN 2025 décevante, éliminée en huitièmes de finale par le Mali. Les critiques ont fusé, notamment sur le manque de cohésion tactique et la gestion des egos au sein du groupe. Desabre devra composer avec ces réalités, tout en évitant les polémiques. Son prédécesseur Wilmots avait été critiqué pour ses choix tactiques et ses relations tendues avec certains joueurs, comme Riyad Mahrez, qui avait quitté le stage de préparation en janvier 2026.
Sur le plan logistique, la Fédération algérienne de football (FAF) a annoncé des améliorations pour les conditions de préparation. Un nouveau centre d’entraînement sera inauguré à Sidi Moussa, dans la banlieue d’Alger, d’ici la fin de l’année. Ce complexe, doté d’infrastructures modernes, doit permettre aux Fennecs de se préparer dans des conditions optimales. « C’est un outil essentiel pour notre projet. Nous ne pouvons plus nous contenter de solutions temporaires », a déclaré le président de la FAF, Charaf-Eddine Amara, lors d’une conférence de presse en avril 2026.
Les supporters, eux, attendent des résultats. Les réseaux sociaux algériens regorgent de messages appelant à une équipe plus combative et plus ambitieuse. Desabre semble avoir entendu ce message. « Je ne promets pas de miracles, mais je promets du travail et de la transparence. Les joueurs savent ce que j’attends d’eux », a-t-il déclaré.
Reste à savoir si cette nouvelle approche portera ses fruits. Les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 s’annoncent serrés, avec un groupe où chaque point comptera. L’Algérie devra aussi gérer les blessures et les suspensions, comme celle de Youcef Belaïli, suspendu pour trois matchs après un carton rouge lors de la CAN 2025. Desabre a d’ores et déjà indiqué qu’il miserait sur une rotation intelligente pour préserver ses joueurs clés.
En coulisses, les discussions avec les clubs européens se multiplient pour assurer la disponibilité des internationaux. Desabre a rencontré les entraîneurs de plusieurs joueurs, comme Ismaël Bennacer (AC Milan) et Ramy Bensebaini (Borussia Mönchengladbach), pour coordonner les calendriers. « Nous devons travailler main dans la main avec les clubs. C’est la seule façon d’avoir une équipe compétitive », a-t-il expliqué.
Si l’objectif affiché est clair, le chemin pour y parvenir sera semé d’embûches. Les Fennecs devront notamment se méfier des équipes africaines en progression, comme le Maroc, qui a atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2022, ou l’Égypte, toujours redoutable. Desabre a d’ailleurs insisté sur l’importance de la préparation physique, après les critiques sur la condition des joueurs lors de la CAN 2025. « Nous allons mettre en place un suivi médical et nutritionnel rigoureux. Aucun joueur ne sera aligné s’il n’est pas à 100 % », a-t-il assuré.
Pour les supporters algériens, l’espoir renaît. Après des années de résultats en dents de scie, l’arrivée de Desabre pourrait marquer un tournant. Son expérience en Afrique, notamment avec l’Ouganda, où il avait qualifié les Cranes pour leur première Coupe du monde en 2022, joue en sa faveur. « J’ai appris à connaître le football africain. Je sais ce qu’il faut pour réussir ici », a-t-il confié.
Les prochains mois seront décisifs. Les éliminatoires débuteront en septembre 2026, et chaque match comptera. Si Desabre parvient à fédérer le groupe autour de son projet, l’Algérie pourrait bien retrouver les sommets du football continental. Dans le cas contraire, les critiques resurgiront, et la pression sur la FAF augmentera. Une chose est sûre : les Fennecs n’ont plus le droit à l’erreur.