Chaib et l’UA renforcent la sécurité sahélo-maghrébine

Le ministre des Affaires étrangères algérien, Ahmed Attaf, a reçu récemment le Commissaire de l’Union africaine (UA) aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankole Adeoye, dans le cadre d’une visite officielle à Alger. Cette rencontre, confirmée par un communiqué de l’Ambassade d’Algérie en France, s’inscrit dans une dynamique régionale où l’Algérie joue un rôle central dans la stabilisation du Sahel et du Maghreb.

Selon les sources diplomatiques, les discussions ont porté sur l’intensification des efforts conjoints pour lutter contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et les trafics illicites qui menacent la sécurité des pays africains. Adeoye a salué la « stratégie proactive » de l’Algérie, notamment son initiative de médiation entre les factions en Libye et son engagement dans la lutte contre les groupes armés au Sahel. « L’Algérie est un partenaire clé pour la paix en Afrique », a-t-il déclaré, citant son expérience dans la résolution des crises régionales.

La rencontre intervient dans un contexte marqué par l’escalade des tensions au Sahel, où les coups d’État militaires et la montée des groupes jihadistes ont fragilisé plusieurs États. L’Algérie, qui partage plus de 6 000 kilomètres de frontières avec des pays instables comme le Mali, le Niger et la Libye, a renforcé ses dispositifs de surveillance et de coopération militaire. Le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a récemment souligné que « la sécurité de l’Algérie passe par la stabilité de ses voisins », lors d’une inspection des troupes déployées à la frontière sud.

Un volet important des échanges entre Attaf et Adeoye a concerné le mécanisme africain de réponse aux crises, notamment la Force africaine en attente (FAA), dont l’Algérie est l’un des principaux contributeurs. D’après les documents de l’UA, Alger a proposé d’accélérer la formation des unités sahéliennes et de fournir un appui logistique aux pays membres confrontés à des menaces asymétriques. « Nous ne pouvons pas laisser le Sahel devenir un sanctuaire pour les groupes terroristes », a insisté un haut responsable du ministère de la Défense, sous couvert d’anonymat.

Sur le plan bilatéral, la coopération algéro-nigérienne a été évoquée, avec la signature prochaine d’un accord sur la sécurisation des frontières et le partage de renseignements. Le Niger, en proie à des attaques répétées de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, a sollicité l’expertise algérienne en matière de lutte antiterroriste. « L’Algérie a une longue expérience dans ce domaine, et nous comptons sur son soutien », a déclaré un officiel nigérien à l’APS.

La visite d’Adeoye à Alger s’est également concentrée sur la situation en Libye, où l’Algérie joue un rôle de facilitateur entre les parties en conflit. Le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé, lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre libyen Abdul Hamid Dbeibah, la nécessité d’une « solution politique inclusive » pour éviter une partition du pays. L’UA, qui a été marginalisée dans les processus de paix précédents, cherche à reprendre une place centrale dans la médiation, avec l’appui d’Alger.

Enfin, les deux parties ont abordé la question des migrations clandestines, un enjeu sécuritaire et humanitaire pour l’Afrique du Nord. L’Algérie, qui sert de pays de transit pour des milliers de migrants subsahariens, a mis en place des centres d’accueil et des opérations de rapatriement volontaire. Adeoye a salué ces initiatives, tout en appelant à une approche « plus solidaire » entre les pays africains pour traiter les causes profondes des migrations, comme le chômage et l’insécurité.

Cette rencontre entre Chaib – représentant d’Attaf – et Adeoye confirme la volonté de l’Algérie de peser sur les équilibres sécuritaires en Afrique. Alors que les puissances étrangères, comme la France ou la Russie, multiplient les interventions au Sahel, Alger mise sur une approche africaine, fondée sur la coopération et le respect de la souveraineté des États. « La sécurité de l’Afrique doit être gérée par les Africains », a résumé un diplomate algérien, reflétant la position officielle du pays.

Les prochaines semaines devraient voir la concrétisation de plusieurs projets, notamment la tenue d’un sommet UA-Algérie sur la sécurité sahélo-maghrébine, prévu avant la fin de l’année. Un événement qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’instabilité régionale.

Laisser un commentaire