L’armée nationale populaire (ANP) a mené une série d’opérations antiterroristes dans la wilaya de Tébessa, près de la frontière tunisienne, aboutissant à l’élimination de sept individus armés en l’espace de sept jours. Selon Algérie Presse Service (APS), ces interventions, coordonnées par les forces terrestres et les services de renseignement, ont permis de démanteler un réseau actif dans la région montagneuse de l’Est algérien.
Les opérations, qui se sont déroulées entre le 10 et le 17 mars 2026, ont visé des groupes liés à des cellules dormantes encore actives dans les zones boisées et accidentées de Tébessa. D’après les informations relayées par l’APS, les terroristes neutralisés appartenaient à des factions résiduelles cherchant à se reconstituer après des années de pression militaire. Les forces de l’ANP ont saisi des armes légères, des munitions et des documents compromettants lors des perquisitions.
Une région sous surveillance renforcée
Tébessa, frontalière avec la Tunisie, a longtemps été un point de passage et de repli pour les groupes armés. Les autorités algériennes y maintiennent une présence militaire constante, avec des patrouilles aériennes et terrestres pour prévenir toute infiltration. En 2025, plusieurs opérations similaires avaient déjà permis de réduire l’activité terroriste dans cette zone, notamment dans les massifs des Aurès et du djebel El Ouahch.
Le ministère de la Défense nationale (MDN) a souligné, dans un communiqué publié en février 2026, que ces résultats s’inscrivaient dans une stratégie globale de sécurisation des frontières et de lutte contre les réseaux logistiques des groupes armés. « Les opérations menées à Tébessa s’appuient sur un renseignement précis et une coordination entre les différentes unités de l’ANP », a indiqué le MDN.
Bilan et moyens déployés
Les sept terroristes abattus portaient des noms connus des services de sécurité, dont certains figuraient sur les listes des individus recherchés pour leur implication dans des attentats passés. Parmi le matériel saisi, les forces de l’ANP ont récupéré des kalachnikovs, des grenades et des téléphones satellitaires, utilisés pour coordonner des mouvements entre l’Algérie et la Tunisie.
Ces opérations interviennent dans un contexte où l’Algérie renforce sa coopération sécuritaire avec ses voisins, notamment la Tunisie et la Libye. En février 2026, le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), le général-major Abdelghani Hamel, avait évoqué lors d’une réunion avec des responsables tunisiens la nécessité de « coordonner les efforts pour couper les routes du terrorisme transfrontalier ».
Réactions et enjeux régionaux
La neutralisation de ces sept individus a été saluée par plusieurs observateurs internationaux. Alex Vines, directeur du programme Afrique à Chatham House, avait déclaré en février 2025 que « l’Algérie reste un modèle de stabilité régionale dans la lutte antiterroriste, grâce à une approche combinant renseignement, action militaire et coopération avec les pays voisins ».
Cependant, les autorités algériennes restent prudentes. Le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, a rappelé en novembre 2025 que « la menace terroriste, bien que affaiblie, n’a pas disparu ». Les groupes armés tentent régulièrement de se reconstituer, notamment en exploitant les zones frontalières et les réseaux de contrebande.
Perspectives opérationnelles
Les prochains mois pourraient voir une intensification des opérations dans l’Est algérien, avec un accent particulier sur la surveillance des axes routiers et des points de passage informels. La Gendarmerie nationale, qui participe activement à ces missions, a annoncé en avril 2025 l’organisation d’un colloque sur la « sécurité environnementale », soulignant l’importance de protéger les zones naturelles pour limiter les cachettes des groupes armés.
Pour les habitants de Tébessa, ces opérations apportent un soulagement relatif. « On sent que l’armée est plus présente, et ça rassure », confie un commerçant de la ville, interrogé par El Watan. Cependant, certains craignent que ces succès ponctuels ne masquent une menace persistante, notamment en raison des liens entre terrorisme et trafic de drogue, comme en témoignent les saisies régulières de kif à la frontière marocaine.
Les autorités algériennes, conscientes de ces défis, misent sur une approche multidimensionnelle, associant sécurité, développement économique et coopération internationale. La visite en février 2026 de Diego Nuñez, responsable des affaires sécuritaires au sein du gouvernement espagnol, a ainsi permis d’évoquer une relance de la coopération entre Alger et Madrid dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.