Cette semaine, l’Algérie et l’Allemagne ont officialisé une série d’accords visant à développer la production et l’exportation d’hydrogène vert, marquant une étape clé dans la diversification des partenariats énergétiques algériens. Les discussions, menées en marge de la visite d’une délégation économique allemande à Alger, ont abouti à des engagements concrets entre les deux pays, selon des sources proches des négociations citées par El Watan et l’Agence presse service (APS).
Des projets structurants pour l’Algérie
La Sonelgaz, entreprise publique algérienne, sera chargée de piloter le volet technique du projet, en collaboration avec des entreprises allemandes spécialisées dans les technologies vertes. Un jumelage institutionnel a également été lancé entre l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le ministère allemand des Affaires économiques et de l’Énergie, comme l’a rapporté aps.dz en novembre 2025. Ce partenariat prévoit des échanges de savoir-faire et des formations pour les ingénieurs algériens dans le domaine de l’hydrogène.
L’Allemagne mise sur l’Algérie pour sa transition énergétique
Une délégation d’entreprises allemandes, composée notamment de Siemens Energy et de Thyssenkrupp, a visité Alger en mai 2026 pour évaluer les sites potentiels de production. El Watan a révélé que les discussions portaient sur des investissements allemands à hauteur de 2 milliards d’euros sur cinq ans, couvrant la construction d’usines, de pipelines et de terminaux d’exportation vers l’Europe.
Enjeux géopolitiques et défis techniques
Cependant, des défis subsistent. La production d’hydrogène vert nécessite des infrastructures coûteuses et une main-d’œuvre qualifiée, deux domaines où l’Algérie doit encore progresser. Les autorités algériennes misent sur des transferts de technologie et des coentreprises avec des partenaires étrangers pour combler ces lacunes. Par ailleurs, la question du transport de l’hydrogène vers l’Europe reste en suspens : les pipelines existants, conçus pour le gaz naturel, ne sont pas adaptés à l’hydrogène, et les solutions alternatives, comme la conversion en ammoniac, alourdissent les coûts.
Réactions et prochaines étapes
Les prochains mois seront décisifs. Un comité mixte algéro-allemand doit se réunir avant la fin de l’année pour finaliser les détails techniques et financiers des projets. Les deux pays envisagent également de signer un accord-cadre lors de la visite officielle du chancelier allemand Olaf Scholz en Algérie, prévue en 2027. Si ces projets aboutissent, l’Algérie pourrait devenir l’un des premiers fournisseurs d’hydrogène vert pour l’Europe, renforçant ainsi son influence géopolitique dans un secteur en pleine expansion.