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**L’Algérie à l’épreuve du grand basculement : entre souveraineté et dépendances invisibles**
L’Algérie se trouve aujourd’hui à un carrefour où se croisent les promesses d’un avenir radieux et les spectres d’un passé qui refuse de mourir. Les actualités des dix derniers jours dessinent le portrait d’un pays en pleine reconfiguration, où chaque domaine – politique, économique, scientifique, social – semble osciller entre deux forces contradictoires : l’affirmation d’une souveraineté retrouvée et la persistance de logiques structurelles qui en sapent les fondements. Derrière les discours triomphalistes sur l’hydrogène vert, les partenariats sino-algériens ou la digitalisation bancaire, se cache une réalité plus trouble, où les avancées spectaculaires côtoient des blocages systémiques. L’Algérie est-elle en train de construire un modèle alternatif, ou reproduit-elle, sous de nouveaux habits, les mêmes schémas de dépendance qu’elle prétend combattre ?
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**La Chine, miroir aux alouettes de la souveraineté algérienne**
La visite d’État du président Tebboune en Chine et les déclarations enflammées de l’ambassadeur Dong Guangli (« La Chine a pu réussir, l’Algérie le peut tout autant ») résonnent comme un écho lointain aux discours des années 1970, lorsque l’Algérie, alors fer de lance du tiers-mondisme, rêvait d’un développement autocentré. Pourtant, le partenariat sino-algérien actuel n’a plus grand-chose à voir avec les utopies des non-alignés. Il s’agit moins d’une alliance idéologique que d’un mariage de raison, où Pékin offre des financements et une expertise technique en échange d’un accès privilégié aux ressources algériennes – gaz, minerais, et désormais hydrogène vert.
Le projet South2 Corridor, qui vise à exporter de l’hydrogène vert algérien vers l’Europe via des pipelines transsahariens, est emblématique de cette nouvelle donne. Officiellement présenté comme une victoire de la transition énergétique algérienne, il révèle en réalité une dépendance accrue aux marchés européens, tout en reposant sur une technologie chinoise. L’Algérie devient ainsi un maillon d’une chaîne de valeur contrôlée par d’autres : la Chine pour les infrastructures, l’Europe pour la demande, et les multinationales pour la technologie. Où est passée la souveraineté dans cette équation ?
Cette ambiguïté se retrouve dans le domaine industriel, où l’émergence de nouveaux acteurs comme Tirsam dans la mécanique algérienne est saluée comme un signe de diversification. Pourtant, ces initiatives restent marginales face à la persistance d’un modèle économique extraverti, où les exportations de gaz financent des importations massives – comme en témoignent les menaces de surtaxes américaines sur les produits algériens, qui rappellent cruellement la vulnérabilité du pays aux aléas du commerce international.
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**L’économie de l’ombre : quand l’Algérie importe ce qu’elle pourrait produire**
Les chiffres donnent le vertige : 48 milliards de dollars d’accords signés lors de la Foire commerciale intra-africaine 2025, six expositions à l’étranger pour promouvoir les produits algériens… Pourtant, ces annonces contrastent avec une réalité plus prosaïque : l’Algérie reste un pays qui importe massivement ce qu’elle pourrait – et devrait – produire localement. Les droits de douane imposés par Trump sur certains produits algériens (dont les iPhones) ne sont qu’un symptôme d’un mal plus profond : une économie structurellement déséquilibrée, où les recettes pétrolières servent à financer des importations de biens de consommation plutôt qu’à développer une base industrielle autonome.
Le paradoxe est frappant : alors que l’Algérie investit dans des mégaprojets comme South2 Corridor ou la digitalisation bancaire, elle peine à résoudre des problèmes basiques, comme la production locale de médicaments ou de pièces détachées. Pire, les surtaxes américaines risquent de renchérir le coût de la vie pour les Algériens, sans que le pays n’ait les moyens de riposter économiquement. Comme le souligne un économiste cité dans les médias : « Ce sont les Américains qui paient les droits de douane » – une formule qui résume à elle seule l’absurdité d’un système où l’Algérie, riche en ressources, se retrouve pieds et poings liés par des logiques qu’elle ne maîtrise pas.
Cette dépendance aux importations est d’autant plus problématique qu’elle s’accompagne d’un manque criant d’investissements dans des secteurs clés comme l’irrigation. Les actualités récentes ne mentionnent d’ailleurs ce domaine que par des sujets étrangers (la France, les facs de droit…), comme si l’Algérie avait renoncé à résoudre ses propres défis agricoles. Pourtant, avec un stress hydrique croissant et une désertification qui gagne du terrain, l’irrigation devrait être une priorité absolue. Mais comment financer ces infrastructures quand les recettes pétrolières sont englouties dans des dépenses courantes ou des projets pharaoniques ?
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**Droits humains : le grand silence et les petites révoltes**
Dans ce tableau économique et politique contrasté, la question des droits humains en Algérie reste le parent pauvre du débat public. Les deux sujets récents – la visibilité des minorités au travail et le racisme dans la communauté LGBT – sont révélateurs d’une société en tension, où les avancées sociétales peinent à s’imposer face à des structures conservatrices.
Le premier article, « La visibilité au travail, c’est du boulot ! », met en lumière les difficultés des minorités (femmes, personnes LGBT, handicapés) à s’imposer dans un marché du travail encore largement dominé par des logiques patriarcales et clientélistes. Le second, « Je pensais que le milieu gay serait épargné par le racisme », révèle une autre facette de l’exclusion : même au sein des communautés marginalisées, les hiérarchies raciales persistent. Ces témoignages rappellent que l’Algérie, malgré ses discours modernisateurs, reste un pays où les inégalités sociales et culturelles sont profondément ancrées.
Pourtant, ces sujets sont rarement abordés dans les médias officiels, comme si les droits humains étaient un luxe que l’Algérie ne pouvait se permettre en temps de crise économique. Cette omerta est d’autant plus préoccupante qu’elle contraste avec l’image d’une Algérie en pleine transformation, véhiculée par les projets scientifiques et industriels. Comment concilier une ambition de puissance régionale avec un déni des droits fondamentaux ?
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**Élections 2024 : le théâtre politique et ses coulisses**
La campagne électorale algérienne, qui s’annonce comme un plébiscite pour un second mandat de Tebboune, est un autre miroir des contradictions du pays. Officiellement, le président sortant se dirige vers une victoire écrasante, portée par un discours de stabilité et de continuité. Pourtant, les déclarations des animateurs de campagne révèlent une réalité plus nuancée : derrière les slogans, se cachent des luttes d’influence au sein du pouvoir, où les clans militaires, les technocrates et les nouveaux entrepreneurs se disputent les faveurs du palais.
Le document de BFMTV sur les possibles conséquences d’un rejet du budget de la sécurité sociale en France (un sujet a priori sans lien avec l’Algérie) est en réalité un clin d’œil à une problématique bien algérienne : la gestion des finances publiques. Comme en France, l’Algérie est confrontée à un déficit chronique de ses caisses sociales, financées en grande partie par les recettes pétrolières. Or, avec la baisse des prix du gaz et la montée des dépenses sociales, le pays risque de se retrouver dans une impasse budgétaire. Les élections de 2024 seront-elles l’occasion d’un débat sur ces enjeux, ou simplement une formalité pour légitimer un statu quo ?
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**Le sport, vitrine d’une Algérie qui gagne (quand elle le veut)**
Dans ce paysage contrasté, le sport apparaît comme une oasis de réussite. Les performances des athlètes algériens, comme Merhawi Kudus sacré champion d’Afrique sur route, ou l’engouement autour de la Coupe du monde 2026, montrent une Algérie capable de briller sur la scène internationale. Pourtant, cette réussite sportive contraste avec les difficultés du pays à performer dans d’autres domaines, comme l’éducation ou la recherche.
Le sport est souvent présenté comme un outil de soft power, mais en Algérie, il est aussi un exutoire pour une jeunesse en quête de repères. Les stades sont l’un des rares espaces où les Algériens peuvent exprimer leur fierté nationale sans censure. Pourtant, cette réussite sportive reste fragile : elle dépend de financements publics souvent opaques et d’une politique de formation qui peine à se structurer. Sans une véritable stratégie de développement du sport amateur, l’Algérie risque de voir ses talents partir à l’étranger, comme c’est déjà le cas pour de nombreux footballeurs.
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**Banque et digitalisation : la révolution qui n’aura pas lieu ?**
La digitalisation bancaire, présentée comme une priorité pour 2024, est un autre exemple des promesses et des limites de l’Algérie contemporaine. Les conventions signées entre les banques publiques et l’École algérienne de développement numérique (EADN) laissent espérer une modernisation du secteur financier. Pourtant, cette digitalisation se heurte à deux obstacles majeurs : d’une part, une méfiance persistante des Algériens envers les banques (seulement 30 % de la population possède un compte bancaire), et d’autre part, un manque d’infrastructures numériques fiables.
Pire, la digitalisation risque de creuser les inégalités, en favorisant ceux qui ont déjà accès aux technologies. Comme le souligne l’expert Ali Kahlane, « 2024 sera l’année de la digitalisation bancaire » – mais pour qui ? Pour les classes moyennes urbaines, ou pour l’ensemble de la population ? Sans une politique d’inclusion financière ambitieuse, la digitalisation ne sera qu’un gadget pour une élite déjà connectée.
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**Synthèse prospective : l’Algérie face à son destin**
L’Algérie de 2025 est un pays de contrastes, où les avancées spectaculaires côtoient des blocages structurels. D’un côté, des projets ambitieux comme South2 Corridor ou les partenariats sino-algériens laissent entrevoir un avenir où l’Algérie pourrait jouer un rôle clé dans la transition énergétique mondiale. De l’autre, la persistance d’une économie rentière, dépendante des importations et des recettes pétrolières, rappelle que le pays n’a pas encore rompu avec les logiques du passé.
Pour sortir de cette impasse, l’Algérie devra faire des choix radicaux :
1. Diversifier son économie : non pas en multipliant les projets pharaoniques, mais en investissant dans des secteurs porteurs comme l’agriculture, les énergies renouvelables et les technologies numériques.
2. Réformer son système politique : les