L’Algérie relance ses ambitions minières avec un plan ciblant trois ressources clés : le cobalt, le fer et le coltan. Annoncé en septembre 2022 par le président Abdelmadjid Tebboune, ce projet vise à diversifier l’économie nationale, dépendante à plus de 90 % des hydrocarbures. Selon Africa Intelligence, les autorités algériennes ont identifié des gisements prometteurs dans le sud du pays, notamment dans les wilayas de Tamanrasset, Adrar et Illizi.
Le cobalt et le coltan, deux minerais essentiels pour les industries technologiques et énergétiques, concentrent l’attention. L’Algérie dispose de réserves estimées à plusieurs centaines de milliers de tonnes pour le cobalt, selon des études géologiques citées par le ministère des Mines. Le coltan, utilisé dans la fabrication de smartphones et de batteries, est présent dans le Hoggar, où des prospections ont révélé des concentrations exploitables. Quant au fer, les gisements de Gara Djebilet, à la frontière avec la Mauritanie, pourraient produire jusqu’à 30 millions de tonnes par an, selon les projections de la Société nationale du fer et de l’acier (FERAAL).
Les défis logistiques et réglementaires restent importants. Le transport des minerais depuis les zones désertiques vers les ports de la Méditerranée nécessite des infrastructures adaptées. Le gouvernement a lancé des appels d’offres pour la construction de routes et de voies ferrées, comme le projet de ligne ferroviaire reliant Tindouf à Béchar, d’une longueur de 1 000 km. Par ailleurs, la loi minière de 2020 a été amendée pour attirer les investisseurs étrangers, avec des exonérations fiscales et des garanties sur les transferts de capitaux.
Les partenariats internationaux jouent un rôle central. La Chine, déjà présente dans le secteur énergétique algérien via des contrats avec Sonatrach, s’intéresse aux projets miniers. En juillet 2024, deux entreprises chinoises, China Nonferrous Metal Mining (CNMC) et Zijin Mining, ont annoncé des discussions avec le ministère des Mines pour des investissements dans l’extraction du cobalt et du fer. Ces négociations s’inscrivent dans le cadre du forum Chine-Afrique, où l’Algérie cherche à renforcer sa coopération économique.
Des retombées économiques attendues
Cependant, les critiques pointent les risques environnementaux. Les activités minières dans le Sahara pourraient affecter les nappes phréatiques et les écosystèmes fragiles. Le gouvernement a promis des études d’impact et des mesures de compensation, mais les associations écologistes, comme l’Observatoire du Sahara et du Sahel, réclament une transparence accrue.
Un secteur en mutation
Les retards dans les projets miniers restent un sujet de préoccupation. Plusieurs investisseurs étrangers, comme l’australien Fortescue Metals, ont suspendu leurs activités en Algérie en raison de lenteurs administratives. Le ministre des Mines, Mohamed Arkab, a reconnu ces difficultés lors d’une conférence en avril 2024, promettant une simplification des procédures.
Vers une industrie minière compétitive
Les prochains mois seront décisifs. Les autorités prévoient d’organiser un forum international sur les mines en 2025, afin d’attirer de nouveaux investisseurs. L’enjeu est double : réduire la dépendance aux hydrocarbures et positionner l’Algérie comme un acteur clé dans l’approvisionnement mondial en minerais critiques.