L’Algérie a officiellement lancé le Bid Round 2026 pour attirer les investisseurs étrangers dans le secteur des hydrocarbures, une décision annoncée par le ministère de l’Énergie et des Mines en avril 2026. Ce nouveau cycle d’appels d’offres, supervisé par Sonatrach, vise à exploiter des gisements pétroliers et gaziers dans plusieurs bassins sédimentaires du pays, notamment dans le Sahara algérien. Selon Tunisie Numérique, qui a relayé l’information, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats et d’augmentation de la production nationale.
Le Bid Round 2026 succède au Algeria Bid Round 2024, dont les résultats ont été formalisés en juillet 2025 avec la signature de contrats entre Sonatrach et plusieurs compagnies internationales. Europétrole avait alors rapporté que ces accords portaient sur l’exploration et l’exploitation de blocs situés dans les régions d’Illizi, de Berkine et du bassin d’Ahnet. Parmi les entreprises retenues figuraient des acteurs européens et asiatiques, confirmant l’intérêt croissant pour les ressources algériennes malgré un contexte géopolitique tendu.
Des conditions attractives pour les investisseurs
Sonatrach, qui conserve un rôle central dans ces partenariats, a également annoncé des investissements dans les infrastructures de transport et de traitement du gaz. Le groupe public prévoit notamment la modernisation des pipelines reliant les champs du Sud aux terminaux d’exportation, comme celui d’Arzew. Ces projets s’accompagnent d’un plan de développement des énergies renouvelables, avec l’objectif de réduire la dépendance aux hydrocarbures à moyen terme.
Un secteur en mutation face aux défis internationaux
Parallèlement, l’Algérie mise sur une coopération renforcée avec l’UE pour développer une industrie bas-carbone. En février 2026, le Service européen pour l’action extérieure (EEAS) a annoncé un partenariat avec Alger visant à soutenir la transition énergétique, notamment via des investissements dans l’hydrogène vert et les technologies de capture du carbone. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du plan Algeria Green Energy, lancé par le président Abdelmadjid Tebboune en 2023.
Les enjeux économiques et géopolitiques
Sur le plan géopolitique, cette ouverture aux investisseurs étrangers s’accompagne d’une diplomatie énergétique active. Alger a récemment renforcé ses liens avec des pays comme la Chine, l’Italie et l’Allemagne, tout en maintenant une position ferme sur la souveraineté de ses ressources. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a d’ailleurs réaffirmé en mars 2026 que l’Algérie ne céderait pas aux pressions pour exporter davantage de gaz vers l’Europe, privilégiant d’abord la satisfaction des besoins nationaux.
Quels impacts pour l’économie algérienne ?
Cependant, des défis persistent. Les experts du secteur, interrogés par Liberté, soulignent les risques liés à la volatilité des prix du pétrole et à la concurrence des énergies renouvelables. Par ailleurs, la dépendance aux hydrocarbures reste un sujet de préoccupation, malgré les efforts de diversification. Le gouvernement a d’ailleurs annoncé en décembre 2025 l’introduction d’un nouvel emprunt obligataire par la société MLA à la Bourse d’Alger, afin de mobiliser des fonds pour les projets industriels hors hydrocarbures.
Le Bid Round 2026 marque ainsi une étape clé dans la stratégie énergétique de l’Algérie, entre ouverture aux investisseurs étrangers et préservation de ses intérêts nationaux. Son succès dépendra de la capacité du pays à concilier attractivité économique et souveraineté stratégique.