Le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a reçu récemment une délégation du groupe allemand H&R Gruppe, spécialisé dans la chimie et les lubrifiants, pour explorer des opportunités de coopération industrielle en Algérie. Cette rencontre, rapportée par la Radio algérienne, s’inscrit dans une dynamique de diversification économique et de renforcement des partenariats étrangers, notamment avec des acteurs européens.
La délégation allemande, conduite par des responsables du groupe H&R, a présenté des projets visant à développer des unités de production locales, en particulier dans le domaine des huiles et des produits chimiques dérivés du pétrole. Selon les sources officielles, les discussions ont porté sur des investissements conjoints, des transferts de technologie et la formation de main-d’œuvre algérienne. Le groupe H&R, présent dans plus de 80 pays, cherche à étendre ses activités en Afrique du Nord, où l’Algérie représente un marché stratégique en raison de ses ressources énergétiques et de sa position géographique.
Mohamed Arkab a souligné l’importance de ces partenariats pour accélérer l’industrialisation du pays, en particulier dans les secteurs à haute valeur ajoutée. Il a rappelé que l’Algérie mise sur des alliances avec des entreprises étrangères pour moderniser son tissu industriel, réduire sa dépendance aux hydrocarbures et créer des emplois qualifiés. Le ministre a également insisté sur les avantages offerts par le nouveau code des investissements, entré en vigueur en 2022, qui facilite les projets étrangers en Algérie, notamment dans les zones économiques spéciales.
Des opportunités dans la pétrochimie et les énergies renouvelables
Le groupe H&R, dont le siège est basé à Hambourg, est connu pour ses activités dans la transformation des huiles minérales et la production de lubrifiants industriels. En Algérie, le groupe envisage de s’appuyer sur les ressources locales en hydrocarbures pour développer une filière intégrée, allant de la raffinerie à la fabrication de produits finis. Cette approche s’aligne avec la stratégie algérienne de valorisation des matières premières sur place, plutôt que de les exporter brutes.
Par ailleurs, les discussions ont abordé la possibilité d’une collaboration dans les énergies renouvelables, un secteur en pleine expansion en Algérie. Le pays dispose d’un potentiel solaire et éolien important, et le gouvernement encourage les investissements étrangers pour développer des projets d’énergies propres. H&R Gruppe, qui a déjà lancé des initiatives dans ce domaine en Europe, pourrait apporter son expertise pour accompagner la transition énergétique algérienne.
Un contexte favorable aux investissements étrangers
Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une volonté politique de diversifier l’économie algérienne. Depuis 2020, le gouvernement a multiplié les mesures pour attirer les investisseurs étrangers, notamment en simplifiant les procédures administratives et en offrant des incitations fiscales. Le secteur industriel, en particulier, est considéré comme un levier clé pour réduire le chômage et stimuler la croissance hors hydrocarbures.
Les entreprises allemandes, déjà présentes dans plusieurs pays africains, voient en l’Algérie un partenaire fiable en raison de sa stabilité politique et de ses infrastructures. Selon des sources proches des négociations, H&R Gruppe étudie la possibilité de s’implanter dans la zone industrielle de Bellara, près de Jijel, où plusieurs projets pétrochimiques sont en cours de développement. Cette zone, dotée d’un port en eau profonde et de connexions ferroviaires, offre des avantages logistiques pour l’exportation vers l’Europe et l’Afrique.
Des défis à relever
Malgré ces avancées, des obstacles persistent. Les investisseurs étrangers pointent souvent la lenteur des procédures administratives et les difficultés d’accès au foncier comme des freins à leurs projets. Le gouvernement algérien a reconnu ces défis et travaille à les surmonter, notamment en digitalisant les démarches et en renforçant la transparence. Par ailleurs, la concurrence régionale, notamment avec le Maroc et la Tunisie, pousse l’Algérie à accélérer ses réformes pour rester attractive.
La rencontre entre Mohamed Arkab et la délégation allemande s’inscrit dans une série de visites et de négociations avec des partenaires internationaux. En 2025, plusieurs accords ont été signés avec des entreprises françaises, italiennes et chinoises, couvrant des secteurs aussi variés que l’automobile, l’agroalimentaire et les technologies vertes. Ces partenariats visent à positionner l’Algérie comme un hub industriel en Afrique du Nord, capable de rivaliser avec ses voisins.
Une coopération qui dépasse l’économie
Au-delà des aspects économiques, cette collaboration avec l’Allemagne pourrait également renforcer les échanges culturels et éducatifs. Le groupe H&R a exprimé son intérêt pour des programmes de formation professionnelle en partenariat avec des universités algériennes, afin de préparer une main-d’œuvre qualifiée pour ses futures unités de production. Ces initiatives pourraient contribuer à réduire le chômage des jeunes, un enjeu majeur pour le pays.
La visite de la délégation allemande s’est conclue par une promesse de suivi régulier des discussions, avec l’objectif de finaliser un accord cadre d’ici la fin de l’année. Si les négociations aboutissent, ce partenariat pourrait marquer une étape importante dans la modernisation de l’industrie algérienne et dans son intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Pour l’Algérie, il s’agit aussi de montrer qu’elle est ouverte aux investissements étrangers, tout en préservant ses intérêts stratégiques.