La wilaya de Béjaïa prépare une série d’investissements dans le secteur des transports pour l’année 2026, selon les informations rapportées par lecourrier-dalgerie.com. Ces projets, encore en phase d’étude ou de lancement, visent à moderniser les infrastructures et à améliorer la mobilité urbaine et interurbaine dans cette région du nord-est algérien. Les autorités locales et nationales semblent déterminées à répondre aux besoins croissants d’une population estimée à plus de 1,2 million d’habitants, dont une grande partie dépend des transports publics pour ses déplacements quotidiens.
Un téléphérique pour désenclaver les hauteurs de Béjaïa
Ce projet s’inscrit dans une logique de désenclavement des zones périphériques, souvent négligées par les réseaux de bus traditionnels. Les habitants de Toudja, par exemple, doivent actuellement emprunter des routes étroites et mal entretenues pour rejoindre le centre-ville, un trajet qui peut prendre jusqu’à 45 minutes en heure de pointe. Le téléphérique, avec une capacité de 1 500 passagers par heure, pourrait diviser ce temps par trois, tout en offrant une alternative écologique aux véhicules individuels.
Modernisation du réseau de bus et création de couloirs réservés
Parallèlement, la wilaya prévoit la création de couloirs réservés sur les axes les plus fréquentés, comme la route nationale 9 reliant Béjaïa à Sétif. Ces voies dédiées, déjà testées à Alger, permettraient d’améliorer la ponctualité des bus et de réduire les retards causés par la congestion routière. Un projet pilote est envisagé sur un tronçon de 5 kilomètres entre le centre-ville et la zone industrielle de Tichy, où le trafic est particulièrement dense aux heures de pointe.
Réhabilitation du port et connexion au réseau ferroviaire
En outre, le port sera connecté au réseau ferroviaire via une nouvelle ligne de 12 kilomètres, reliant les quais au nœud ferroviaire de Oued Ghir. Cette liaison, en cours d’étude par l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), permettrait de fluidifier le transport de marchandises entre le port et l’arrière-pays. Actuellement, 80 % des conteneurs transitent par la route, ce qui engorge les axes routiers et augmente les coûts logistiques.
Extension de l’aéroport Soummam-Abane Ramdane
Cette extension répond à la hausse constante du trafic aérien à Béjaïa, notamment pendant la saison estivale, où l’aéroport enregistre des records de fréquentation. En 2025, plus de 20 000 vols ont été enregistrés, contre 15 000 en 2022. Les autorités misent sur ce développement pour attirer de nouvelles compagnies aériennes et renforcer les liaisons avec l’Europe, notamment la France, l’Espagne et l’Italie, où résident d’importantes communautés originaires de la région.
Des enjeux économiques et sociaux majeurs
Sur le plan social, ces investissements devraient améliorer la qualité de vie des habitants, en réduisant les temps de trajet et en limitant la pollution atmosphérique. Le téléphérique et les bus électriques, en particulier, pourraient inciter les Béjaïens à délaisser leurs voitures, responsables de 60 % des émissions de CO₂ dans la wilaya. Les autorités locales espèrent ainsi faire de Béjaïa un modèle de mobilité durable en Algérie.
Reste à savoir si ces projets seront menés à terme dans les délais annoncés. Les retards dans les chantiers publics, souvent dus à des problèmes de financement ou de bureaucratie, sont une réalité en Algérie. Cependant, la volonté affichée par les pouvoirs publics, ainsi que l’implication d’acteurs nationaux comme l’ETUSA et l’ANESRIF, laissent penser que Béjaïa pourrait bien devenir, d’ici quelques années, un laboratoire des transports modernes en Afrique du Nord.