L’Algérie mise sur l’hydrogène vert pour son avenir énergétique

L’Algérie accélère ses projets dans le domaine de l’hydrogène vert, une filière considérée comme stratégique pour diversifier son économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Nadjib Drouiche, directeur de l’Agence nationale des résultats de la recherche et du développement technologique (ANRRD), a récemment souligné l’importance de ces initiatives lors d’un entretien accordé à horizons.dz. Selon lui, l’Algérie dispose d’atouts majeurs pour devenir un acteur clé dans la production et l’exportation d’hydrogène propre, notamment grâce à ses ressources solaires et éoliennes.

Un potentiel énergétique sous-exploité

Le gouvernement algérien a déjà lancé plusieurs études de faisabilité pour des projets pilotes, notamment dans les wilayas d’Adrar, Tamanrasset et Béchar. Ces régions, déjà identifiées pour leurs projets solaires et éoliens, pourraient accueillir les premières unités de production d’hydrogène vert d’ici les prochaines années. L’objectif est de positionner l’Algérie comme un fournisseur fiable pour l’Europe, qui cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

Des partenariats internationaux en cours

Un projet phare est en discussion avec l’Union européenne pour la construction d’un pipeline dédié au transport de l’hydrogène vert entre l’Algérie et l’Europe. Ce projet, s’il aboutit, pourrait générer des revenus substantiels pour l’Algérie et renforcer sa position géopolitique dans le domaine énergétique. Cependant, des défis persistent, notamment en matière de financement et de transfert de technologie.

La recherche scientifique en première ligne

Un exemple concret est le projet « Sahara Hydrogen », mené en partenariat avec des chercheurs allemands, qui vise à tester des électrolyseurs adaptés aux conditions désertiques. Ces initiatives montrent que l’Algérie ne se contente pas d’importer des technologies, mais cherche à développer des solutions locales adaptées à son environnement.

Des retombées économiques et sociales attendues

Cependant, des obstacles subsistent. Le coût élevé des infrastructures, la nécessité de former une main-d’œuvre qualifiée et la concurrence internationale sont autant de défis à surmonter. Drouiche a souligné l’importance de renforcer les capacités locales en matière de R&D et d’innovation pour éviter une dépendance technologique vis-à-vis des pays étrangers.

Une feuille de route ambitieuse

Les premières unités de production pourraient voir le jour dès 2027, avec une montée en puissance progressive jusqu’en 2035. L’Algérie mise également sur l’hydrogène bleu, produit à partir de gaz naturel avec captage de CO2, comme solution transitoire en attendant le déploiement massif des énergies renouvelables.

Un enjeu géopolitique

Les discussions en cours avec des pays comme l’Allemagne, qui prévoit d’importer jusqu’à 70 % de son hydrogène vert d’ici 2030, montrent que l’Algérie est en passe de devenir un partenaire incontournable. Cependant, la concurrence est rude : des pays comme le Maroc, l’Égypte et l’Arabie saoudite investissent également massivement dans cette filière.

L’Algérie a donc tout intérêt à accélérer ses projets pour ne pas se faire distancer. Les prochains mois seront cruciaux pour la signature des premiers contrats d’exportation et le lancement des chantiers. Si les défis sont nombreux, les opportunités le sont tout autant.

Laisser un commentaire