Revue de presse : Changement climatique Algérie, Logement Algérie, Partis politiques Algérie…

**L’Algérie à l’épreuve du temps : entre modernisation autoritaire et inertie sociale**

L’Algérie contemporaine se débat dans une contradiction fondamentale, celle d’un État qui tente de concilier une modernisation économique et technocratique avec un immobilisme politique et social profondément ancré. Les actualités des dix derniers jours dessinent une cartographie où se superposent des dynamiques contradictoires : d’un côté, des projets pharaoniques (phosphate, numérisation, logements) censés incarner le « nouvel élan » du pays ; de l’autre, des réalités têtues – précarité rurale, contrebande endémique, élections verrouillées – qui rappellent que les structures du pouvoir algérien restent prisonnières d’un modèle rentier et clientéliste. Ce grand écart n’est pas nouveau, mais il s’accentue à l’approche d’une présidentielle dont le résultat, déjà écrit, ne fera que confirmer l’absence de véritable alternative.

**L’économie algérienne : entre diversification affichée et dépendance persistante**

**Le phosphate, ou l’illusion de la souveraineté industrielle**

Cette logique extractiviste se heurte frontalement aux défis climatiques. Le FIDA (Fonds international de développement agricole) souligne l’urgence de renforcer la résilience des petits exploitants agricoles, mais comment concilier cela avec un modèle économique qui privilégie les grands projets industriels ? Les coopératives semencières sénégalaises, citées en exemple, montrent une voie : l’agriculture comme levier de souveraineté alimentaire. En Algérie, où les terres arables sont accaparées par des projets immobiliers ou des cultures spéculatives, cette voie reste marginale. Le changement climatique n’est pas une menace abstraite : il est déjà là, sous forme de sécheresses récurrentes et de désertification accélérée. Pourtant, l’État algérien continue de parier sur des solutions technocratiques (barrages, dessalement) plutôt que sur une refonte des politiques agricoles.

**Made in Algeria : le numérique comme miroir aux alouettes ?**

Pourtant, des initiatives locales émergent, comme ces projets d’ »alphabétisation numérique » dans les zones rurales. Mais elles restent dépendantes des financements publics, donc soumises aux aléas politiques. Le vrai défi n’est pas technique, mais institutionnel : comment faire du numérique un levier de développement quand l’État algérien voit dans le contrôle de l’information une condition de sa survie ?

**Logement et précarité : la régulation comme alibi**

**Le chèque alimentaire, ou l’État-providence en mode survie**

Le durcissement des règles pour les véhicules importés, présenté comme une mesure de « régulation », s’inscrit dans la même logique : protéger les industries locales (ou ce qu’il en reste) tout en maintenant un niveau de consommation artificiel. Mais cette politique protectionniste a un coût : elle encourage la contrebande (comme en témoignent les saisies régulières de voitures ou de cigarettes), et elle maintient une économie informelle qui échappe à toute fiscalité. L’Algérie est ainsi prise dans un cercle vicieux : plus elle réglemente, plus elle nourrit l’économie parallèle.

**Le logement, miroir des inégalités spatiales**

**La présidentielle 2024 : une élection sans enjeu, mais pas sans risques**

**Hassani Cherif, ou l’art de la candidature consentie**

Cette présidentielle est un non-événement politique, mais elle est révélatrice d’un malaise plus profond : l’absence de débat démocratique. Les médias publics, sous la coupe d’une « commission d’enquête parlementaire » aux obsessions sécuritaires, ne sont plus que des caisses de résonance du pouvoir. La presse indépendante, elle, est asphyxiée par les restrictions légales et les pressions économiques. Dans ce contexte, la culture devient un exutoire : le cinéma algérien, comme le souligne le réalisateur Yacine Bouaziz, cherche à raconter des « histoires proches des gens », parce que la politique, elle, est devenue une affaire d’État.

**L’appel au retour des migrants : un aveu d’échec**

Cette fuite des cerveaux est d’autant plus paradoxale que l’Algérie mise sur le numérique et l’innovation. Comment former des « citoyens numériques » quand les meilleurs talents partent à l’étranger ? Le chef Akrame Benallal, qui veut « fédérer autour du végétal » pendant les JO, incarne cette Algérie qui cherche à se réinventer, mais qui se heurte à un État qui freine plus qu’il n’accompagne.

**Sécurité et contrebande : l’économie parallèle comme soupape**

**L’or, les cigarettes, la drogue : les trois mamelles de l’informel**

La contrebande est aussi un révélateur des failles de l’État. Les douanes algériennes, dirigées par Farouk Bahamid, annoncent une « commission pour lutter contre le transfert illicite de capitaux », mais comment croire en l’efficacité de ces mesures quand les réseaux de contrebande sont souvent liés aux élites locales ? La corruption endémique, dénoncée par les rapports internationaux (comme celui sur les droits humains au Liban, qui sert de miroir à l’Algérie), est un frein à toute réforme sérieuse.

**La sécurité comme alibi politique**

**Algérie-France : une relation toxique, mais incontournable**

**L’Allemagne, le Vietnam, la Tunisie : les partenaires qui comptent**

Pourtant, la France reste un partenaire incontournable, ne serait-ce que pour des raisons historiques et démographiques. Les tensions récurrentes (comme les polémiques sur les visas ou les déclarations du président Macron) cachent une réalité : les deux pays ont besoin l’un de l’autre. La

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