Tramadol et codéine sous contrôle en Algérie dès mars 2025

Le 1er mars 2025 marque l’entrée en vigueur de nouvelles règles strictes pour la prescription et la délivrance du tramadol et de la codéine en Algérie. Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), ces mesures visent à encadrer l’usage de ces substances, souvent détournées à des fins non médicales. Les pharmacies et les professionnels de santé devront désormais se conformer à des protocoles renforcés pour limiter les risques d’abus et de dépendance.

Un cadre légal révisé pour deux médicaments sensibles

Les pharmacies, quant à elles, seront tenues de vérifier systématiquement l’authenticité des ordonnances et de tenir un registre détaillé des délivrances. Ce registre, consultable par les autorités sanitaires, permettra de tracer chaque boîte vendue et d’identifier d’éventuels abus. Une mesure qui s’inscrit dans une logique de transparence, mais qui alourdira la charge administrative des officines, déjà confrontées à des pénuries récurrentes de certains médicaments.

Des enjeux de santé publique et de sécurité

Pour les patients souffrant de douleurs chroniques, ces restrictions pourraient compliquer l’accès à des traitements essentiels. L’ANSM assure cependant que des dérogations seront possibles pour les cas avérés, sous réserve d’un suivi médical strict. Les associations de malades, comme l’Association algérienne de lutte contre la douleur, appellent à un accompagnement des patients pour éviter les ruptures de traitement. Elles soulignent aussi la nécessité de former les médecins à la gestion des alternatives thérapeutiques, comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou les thérapies non médicamenteuses.

Un défi logistique pour les pharmacies

Par ailleurs, la crainte d’un marché noir persiste. Les trafiquants pourraient se tourner vers d’autres sources, comme les pays voisins où les contrôles sont moins stricts, ou vers des substances encore plus dangereuses, comme le fentanyl. Pour contrer cette menace, l’ANSM prévoit de renforcer la coopération avec les douanes et les forces de sécurité, afin de démanteler les réseaux de contrebande.

Vers une approche globale de la gestion des opioïdes

À plus long terme, les autorités envisagent de développer des programmes de prévention et de sensibilisation, notamment dans les écoles et les universités, où la consommation de tramadol à des fins récréatives est en hausse. Une campagne nationale devrait être lancée d’ici la fin de l’année, en collaboration avec les professionnels de santé et les associations.

Pour les patients et les professionnels, ces changements représentent un tournant. Si les nouvelles mesures pourraient initialement susciter des résistances, elles pourraient aussi permettre de mieux encadrer un marché jusqu’ici trop permissif. Reste à voir si les moyens alloués seront à la hauteur des ambitions affichées.

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