Théniet El Had entre UNESCO et opportunités vertes

Le Parc national de Théniet El Had, situé dans la wilaya de Tissemsilt, a été classé en juin 2026 au Réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO. Cette reconnaissance internationale place l’Algérie sur la carte des destinations écotouristiques et ouvre des perspectives concrètes pour les entrepreneurs locaux et la diaspora. Selon AL24 News, ce classement récompense dix années d’efforts de conservation et de développement durable menés par les autorités algériennes en collaboration avec des experts internationaux.

Théniet El Had s’étend sur 3 425 hectares et abrite une biodiversité remarquable, avec plus de 1 200 espèces végétales et 150 espèces animales, dont certaines endémiques comme le singe magot. Le parc est également connu pour ses forêts de cèdres et de chênes-lièges, des écosystèmes fragiles mais économiquement valorisables. Le classement UNESCO impose désormais des normes strictes de gestion, mais il offre aussi un label de qualité qui peut attirer des investissements dans l’écotourisme, l’agriculture biologique et les énergies renouvelables.

Un levier pour l’écotourisme et l’agroalimentaire

Les producteurs locaux, souvent organisés en coopératives, pourraient aussi tirer profit de ce label. Le miel de cèdre de la région, déjà réputé, ou les plantes médicinales comme le thym et le romarin, pourraient être commercialisés sous une appellation « biosphère UNESCO », avec une valeur ajoutée accrue. Des entreprises comme la Coopérative des Femmes de Tissemsilt, spécialisée dans la transformation des produits agricoles, pourraient ainsi élargir leur marché, notamment à l’export.

Des défis logistiques et réglementaires

La connectivité reste un autre défi. Théniet El Had est situé à 250 km d’Alger et à 150 km d’Oran, avec des infrastructures routières limitées. Les investisseurs devront compter sur des partenariats publics-privés pour améliorer l’accès au parc, notamment via des navettes écologiques ou des hébergements durables. Le ministère des Travaux publics a récemment annoncé un plan de modernisation des routes menant aux parcs nationaux, mais les délais restent flous.

La diaspora algérienne comme acteur clé

Des exemples concrets existent déjà. En Tunisie, le classement UNESCO de l’île de Djerba a attiré des investisseurs de la diaspora dans des projets de tourisme durable, avec des retours sur investissement estimés entre 8 % et 12 % par an. En Algérie, des entrepreneurs comme Karim Benamara, fondateur de la plateforme de réservation d’écogîtes « Dar El Khadra », pourraient s’inspirer de ce modèle pour développer des offres similaires à Théniet El Had.

Un écosystème à construire

Les entrepreneurs devront aussi anticiper les attentes des visiteurs internationaux. Selon une enquête de l’Organisation mondiale du tourisme, 60 % des touristes européens privilégient désormais les destinations engagées dans la protection de l’environnement. À Théniet El Had, cela pourrait se traduire par une demande accrue pour des expériences authentiques : ateliers de permaculture, séjours en yourtes, ou circuits de découverte des plantes médicinales.

À retenir pour les entrepreneurs
Le classement UNESCO de Théniet El Had offre un label international pour développer des activités économiques durables, notamment dans l’écotourisme et l’agroalimentaire. Les investisseurs devront composer avec des contraintes réglementaires strictes, mais aussi avec des opportunités de marché en croissance, notamment auprès des touristes européens et de la diaspora. Les projets devront intégrer une dimension locale, en partenariat avec les coopératives et les institutions, pour garantir leur viabilité à long terme.

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