Tebboune relance le partenariat stratégique Algérie-USA

Le président Abdelmadjid Tebboune a reçu récemment à Alger deux émissaires américains de haut rang : l’ambassadeur des États-Unis en Algérie, Elizabeth Moore Aubin (dite « Landau » dans les médias algériens), et le général Michael Anderson, commandant des forces américaines en Afrique (AFRICOM). Cette rencontre, confirmée par El Watan et El Moudjahid, marque une accélération des échanges bilatéraux après des années de relations en demi-teinte.

Selon El Watan, la délégation américaine a été reçue au Palais d’El Mouradia en présence du ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Saïd Chanegriha. Les discussions ont porté sur trois axes principaux : la sécurité régionale, la coopération énergétique et les investissements économiques. Le général Anderson a souligné « l’importance de l’Algérie comme partenaire stable dans une région volatile », tandis que Tebboune a insisté sur « la nécessité d’un partenariat équilibré, sans ingérence ».

Une coopération militaire sous surveillance

Cependant, cette coopération reste sensible. Le ministère des Affaires étrangères a rappelé que « l’Algérie ne participe à aucune alliance militaire et conserve sa souveraineté stratégique ». Une précision qui fait écho aux réticences historiques d’Alger face à une présence militaire étrangère sur son sol, comme l’avait illustré le refus de rejoindre l’OTAN en 2009.

L’énergie, nouveau pilier des relations

Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie algérienne de diversification économique. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a déclaré en marge des rencontres que « l’Algérie mise sur des partenariats gagnant-gagnant, sans exclusivité ». Une allusion à la concurrence entre les États-Unis, la Russie et la Chine sur le marché algérien.

Les limites du rapprochement

Autre sujet de tension : la dette algérienne. Les États-Unis poussent pour une libéralisation accrue de l’économie, tandis qu’Alger défend un modèle de développement contrôlé par l’État. Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment estimé que l’Algérie devait accélérer ses réformes structurelles pour attirer les investisseurs étrangers.

Une feuille de route pour 2026

Pour l’Algérie, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie de diversification de ses partenariats. Après le refroidissement des relations avec la France et les tensions avec l’Union européenne sur les migrations, Alger cherche à équilibrer ses alliances. Comme l’a résumé Ahmed Attaf : « Nous ne mettons pas tous nos œufs dans le même panier ».

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