L’Institut du monde arabe a récemment mis en lumière une recette emblématique de la gastronomie algérienne à travers une initiative portée par Soraya Kezzouh. Le couscous de Yenayer, plat traditionnel associé au Nouvel An amazigh, a été présenté dans un format mettant en avant son héritage culturel et ses adaptations contemporaines. Selon l’Institut du monde arabe, cette démarche s’inscrit dans une volonté de valoriser les pratiques culinaires nord-africaines et leurs racines historiques.
Un plat chargé de symboles
La version proposée par Kezzouh s’appuie sur des techniques traditionnelles tout en intégrant des touches modernes, comme l’utilisation de légumes de saison ou des présentations adaptées aux goûts actuels. Cette approche illustre la capacité de la cuisine algérienne à évoluer sans perdre son essence, un équilibre que les chefs et les familles cherchent à préserver.
Une reconnaissance internationale
Pour l’Algérie, cette médiatisation représente une opportunité de promouvoir sa diversité culinaire, au-delà des clichés souvent associés à la cuisine maghrébine. Le couscous de Yenayer, avec ses spécificités locales, rappelle que chaque région du pays possède ses propres traditions, influencées par l’histoire, le climat et les échanges culturels. Des Aurès à la Kabylie, en passant par le Sahara, les recettes varient, mais partagent une même fonction sociale : rassembler autour d’une table.
Enjeux de transmission et d’innovation
Cependant, cette modernisation ne va pas sans défis. Certains puristes craignent que l’adaptation des recettes traditionnelles ne dilue leur authenticité. D’autres, au contraire, y voient une chance de les rendre accessibles à un public plus large, y compris à l’étranger. Kezzouh, en mêlant respect des origines et créativité, propose une voie médiane, où l’innovation sert à perpétuer plutôt qu’à effacer.
Un levier pour le tourisme et l’économie
Les autorités algériennes ont d’ailleurs commencé à intégrer la culture culinaire dans leurs stratégies de promotion touristique, comme en témoignent les participations récentes à des salons internationaux. Le défi reste de structurer cette offre, en associant les acteurs locaux – producteurs, restaurateurs, artisans – à une démarche collective. La recette de Soraya Kezzouh, en mettant en avant des ingrédients typiques comme les légumes secs ou les épices, rappelle aussi l’importance de soutenir les filières agricoles du pays.
Une identité en mouvement
L’initiative de l’Institut du monde arabe, en donnant la parole à des figures comme Soraya Kezzouh, participe à cette narration. Elle montre que la gastronomie algérienne n’est pas figée dans le temps, mais qu’elle se réinvente constamment, tout en restant ancrée dans ses racines. Pour les Algériens, c’est aussi une invitation à redécouvrir leur patrimoine, à le questionner et à le faire vivre, bien au-delà des frontières du pays.