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**L’Algérie à l’épreuve de ses propres récits**
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**La souveraineté par les marges : quand l’huile d’olive défie le baril de pétrole**
Ce décalage n’est pas anodin. Il révèle une stratégie de souveraineté par les marges : occuper des niches (agroalimentaire, pharmaceutique) pour réduire la dépendance aux hydrocarbures, sans pour autant remettre en cause le cœur du modèle économique. Le groupe Saidal, visité par le président somalien, incarne cette ambition. Mais comment passer d’une économie de rente à une économie de production quand les infrastructures (transports, énergie) restent conçues pour servir les exportations de brut ? La réponse algérienne, pour l’instant, tient en un mot : lentement.
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**Infrastructures et tensions sociales : le transport comme miroir des fractures**
Le transport urbain algérois, géré par l’Etusa, est symptomatique. Les nouvelles lignes sont une réponse à l’engorgement des villes, mais aussi à la colère des jeunes, pour qui la mobilité est un enjeu de dignité. Pourtant, ces investissements restent réactifs plutôt que structurants. L’Algérie construit des routes, des ponts, des métros, mais peine à repenser son modèle urbain. Résultat : les infrastructures, censées désenclaver les territoires, deviennent des gadgets quand elles ne s’accompagnent pas d’une politique industrielle ou agricole cohérente.
La Centrafrique, citée dans les actualités, offre un contre-exemple intéressant. Ce pays, longtemps marginalisé, attire désormais les financeurs parce qu’il mise sur des infrastructures intégrées (routes, énergie, numérique). L’Algérie, elle, reste prisonnière d’un développement en silos : on modernise les transports, mais sans lien avec une stratégie de diversification économique. Les flyovers ne nourrissent pas leur homme.
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**Cinéma et mémoire : l’art comme arme de résistance (et de propagande)**
Le théâtre des années 1970-1980, évoqué dans les actualités, était un espace de libération contrôlée : l’innovation y était tolérée tant qu’elle ne remettait pas en cause le pouvoir. Aujourd’hui, la donne est similaire. Les cinéastes algériens peuvent explorer des thèmes audacieux (la corruption, l’islamisme, la jeunesse désœuvrée), mais à condition de ne pas franchir certaines lignes rouges. L’art devient alors un exutoire, pas un levier de transformation.
Cette tension entre liberté et contrôle se retrouve dans la déradicalisation, autre sujet brûlant. L’Algérie vante sa méthode Moussalaha (réconciliation), présentée comme un modèle pour la France et le Maroc. Pourtant, cette approche, qui mise sur la réinsertion plutôt que sur la répression, est aussi un outil de stabilisation autoritaire. En intégrant les anciens djihadistes dans le système, l’État algérien désamorce les contestations, mais sans régler les causes profondes de la radicalisation : le chômage des jeunes, le clientélisme, l’absence de perspectives.
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**La jeunesse, variable d’ajustement d’un système à bout de souffle**
L’Algérie a l’une des populations les plus jeunes du monde arabe (près de 70 % des Algériens ont moins de 30 ans), mais son économie reste vieillissante. Le président de la Cosob (Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse) parle d’ »alimenter le marché », mais les IPO (introductions en bourse) annoncées ne concernent que quelques entreprises étatiques ou proches du pouvoir. Où sont les start-up, les PME innovantes ? Elles existent, mais peinent à émerger dans un écosystème dominé par les rentes et les passe-droits.
La jeunesse algérienne est ainsi la variable d’ajustement d’un système qui n’arrive pas à se réinventer. Elle est courtisée (par les programmes sociaux, les infrastructures) et craint (par les discours sécuritaires). Mais elle n’est pas écoutée. Le Hirak de 2019 a montré sa capacité à se mobiliser, mais aussi les limites d’un mouvement qui n’a pas su (ou pu) se structurer politiquement. Aujourd’hui, la jeunesse algérienne oscille entre résignation, exil et colère rentrée.
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**Diplomatie algérienne : entre séduction et realpolitik**
Sa diplomatie repose sur trois piliers :
1. L’énergie : Elle mise sur ses réserves de gaz pour rester un partenaire clé de l’Europe, surtout depuis la guerre en Ukraine.
2. La sécurité : Elle se pose en rempart contre le terrorisme (méthode de déradicalisation exportable) et en alternative à l’influence française au Sahel.
3. L’économie : Elle tente d’attirer les investisseurs (notamment arabes, via la Badea) pour diversifier ses partenariats.
Mais ces atouts sont aussi des faiblesses. L’énergie : si les prix du pétrole baissent, c’est tout le modèle qui vacille. La sécurité : l’Algérie est en compétition avec le Maroc, qui joue la carte de la normalisation avec Israël. L’économie : les investisseurs étrangers restent méfiants face à la bureaucratie et à l’opacité des marchés.
La diplomatie algérienne est donc une diplomatie de la compensation : elle compense ses faiblesses internes (économie peu diversifiée, jeunesse frustrée) par une présence internationale accrue. Mais jusqu’à quand ?
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**La Bourse d’Alger : le miroir aux alouettes du capitalisme d’État**
Cette logique se retrouve dans l’industrie pharmaceutique, présentée comme un pilier de l’exportation par l’expert Messaoud Belambri. Saidal, fleuron du secteur, est un exemple de réussite… mais aussi de dépendance. Le groupe exporte des médicaments génériques, mais importe la plupart de ses principes actifs. L’Algérie produit, mais ne crée pas. Elle assemble, mais n’innove pas.
La Bourse d’Alger, comme le reste de l’économie, est donc un capitalisme sans capitalistes : un système où l’État garde la main, où les règles sont floues, et où les jeunes entrepreneurs peinent à trouver leur place. Les nouvelles règles de transparence ? Elles s’appliquent surtout aux petites entreprises, pas aux grands groupes étatiques.
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