Le 17 avril 2024, Sonelgaz et General Electric Vernova ont signé un accord cadre à Alger pour accélérer la transition énergétique en Algérie. Cet accord, annoncé par Algérie Patriotique, marque une étape concrète dans la diversification du mix énergétique national, avec un focus sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Pour les entrepreneurs et investisseurs, ce partenariat ouvre des opportunités dans les secteurs des infrastructures, des technologies vertes et de la formation spécialisée.
L’accord entre Sonelgaz, le géant public de l’électricité et du gaz, et General Electric Vernova, filiale du groupe américain spécialisée dans les solutions énergétiques durables, vise à moderniser le réseau électrique algérien. Les deux parties prévoient des projets conjoints dans l’éolien, le solaire et l’hydrogène vert, ainsi que l’optimisation des centrales existantes. Selon le communiqué officiel, cet accord s’inscrit dans la stratégie algérienne de porter la part des énergies renouvelables à 30 % de la production électrique d’ici 2030, contre moins de 3 % aujourd’hui.
Pour les entreprises locales, cette collaboration représente une chance de participer à des appels d’offres pour des projets d’envergure. General Electric Vernova, qui a déjà travaillé sur des projets similaires en Égypte et au Maroc, pourrait s’appuyer sur des sous-traitants algériens pour la construction, la maintenance et la logistique. Les PME spécialisées dans les énergies propres, comme celles actives dans l’installation de panneaux solaires ou la gestion des smart grids, pourraient voir leur activité boostée. « C’est une opportunité pour les startups algériennes de se positionner sur des niches technologiques, comme le stockage d’énergie ou la digitalisation des réseaux », explique un expert du secteur énergétique interrogé par El Watan.
L’accord inclut également un volet formation, avec des programmes de transfert de compétences pour les ingénieurs et techniciens algériens. Sonelgaz prévoit de former 500 employés d’ici 2026 sur les nouvelles technologies énergétiques, en partenariat avec des centres de formation locaux et internationaux. Pour les entrepreneurs, cela signifie un vivier de main-d’œuvre qualifiée dans les années à venir, notamment pour les projets liés à l’hydrogène vert, un secteur encore émergent en Algérie mais promis à une forte croissance.
Sur le plan financier, cet accord pourrait faciliter l’accès à des financements internationaux. General Electric Vernova a déjà mobilisé des fonds de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement pour des projets en Afrique. En Algérie, des mécanismes comme le Fonds national pour les énergies renouvelables (FNER) pourraient être sollicités pour cofinancer des initiatives. Les investisseurs de la diaspora algérienne, notamment ceux basés en Europe ou en Amérique du Nord, pourraient être incités à participer à des projets via des partenariats public-privé.
Un autre aspect clé de cet accord est la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. L’Algérie, premier exportateur de gaz en Afrique, cherche à diversifier son économie face à la volatilité des prix de l’énergie. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le pays dispose d’un potentiel solaire estimé à 5 milliards de MWh par an, soit l’équivalent de 50 fois sa consommation actuelle d’électricité. « Exploiter ce potentiel permettrait de libérer des volumes de gaz pour l’exportation, tout en créant des emplois locaux », souligne un rapport de la Banque mondiale publié en 2023.
Les défis restent cependant nombreux. Le secteur des énergies renouvelables en Algérie souffre encore de lourdeurs administratives et d’un manque de cadre réglementaire clair. Les délais pour l’obtention des permis et les raccordements au réseau peuvent décourager les investisseurs. Par ailleurs, les infrastructures de transport d’électricité, souvent vétustes, nécessitent des investissements massifs. Sonelgaz a récemment lancé un plan de modernisation de son réseau, avec un budget de 1,2 milliard de dollars sur cinq ans, mais les retards dans les projets restent fréquents.
Pour les entrepreneurs, cette transition énergétique représente aussi un risque à anticiper. Les entreprises dépendantes des énergies fossiles, comme celles du secteur pétrochimique ou des transports, devront s’adapter à une réglementation plus stricte en matière d’émissions. À l’inverse, les secteurs de la construction durable, de l’agriculture intelligente ou des technologies vertes pourraient bénéficier de subventions et d’incitations fiscales. Le gouvernement algérien a d’ailleurs annoncé en 2023 une série de mesures pour soutenir les startups innovantes, dont des exonérations fiscales pour les projets liés à la transition écologique.
À l’échelle régionale, cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large. Le Maroc et l’Égypte ont déjà pris une avance significative dans les énergies renouvelables, avec des projets comme la centrale solaire Noor Ouarzazate ou le parc éolien de Zafarana. L’Algérie, avec ses vastes étendues désertiques et son ensoleillement exceptionnel, pourrait rattraper ce retard si les projets sont menés à bien. « L’enjeu n’est pas seulement environnemental, mais aussi géopolitique : devenir un hub énergétique pour l’Europe », analyse un consultant en énergie basé à Alger.
À retenir pour les entrepreneurs
L’accord Sonelgaz-General Electric Vernova ouvre des opportunités dans les énergies renouvelables, la formation et les infrastructures. Les PME locales peuvent se positionner sur des appels d’offres pour des projets solaires, éoliens ou d’hydrogène vert. La formation de main-d’œuvre qualifiée et les financements internationaux pourraient accélérer les investissements dans le secteur.
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