Un guichet unique pour simplifier la création de projets en Algérie

Un arrêté interministériel publié récemment marque une étape dans la facilitation de l’entrepreneuriat en Algérie. Selon aps.dz, ce texte officialise la création d’un guichet unique destiné aux porteurs de projets, une mesure visant à rationaliser les démarches administratives et à accélérer le lancement d’initiatives économiques. Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des structures d’appui à l’investissement, alors que le pays cherche à diversifier son économie et à stimuler l’innovation.

Une réponse aux obstacles bureaucratiques

Cette initiative rejoint les efforts déployés ces dernières années pour améliorer le climat des affaires. En 2022, l’Algérie avait déjà lancé le « Guichet unique de l’investissement » (GUI), une plateforme en ligne destinée aux investisseurs étrangers et locaux. Cependant, son champ d’action restait limité aux grands projets, laissant de côté les porteurs de projets individuels ou les startups. Le nouveau guichet unique comble cette lacune en ciblant spécifiquement les entrepreneurs émergents, un segment clé pour la création d’emplois et l’innovation.

Un outil au service de la diversification économique

Parmi les défis à relever, la formation des agents chargés d’accompagner les entrepreneurs sera déterminante. Une étude menée en 2023 par l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) révélait que 60 % des porteurs de projets abandonnaient en raison de difficultés administratives ou d’un manque d’orientation. Le succès du guichet dépendra donc de sa capacité à offrir un service efficace et transparent, en évitant les écueils des structures existantes, souvent critiquées pour leur lenteur.

Des attentes fortes chez les acteurs du terrain

Les incubateurs et les espaces de coworking, en plein essor dans les grandes villes comme Alger, Oran ou Constantine, voient dans ce guichet une opportunité de renforcer leur rôle d’accompagnement. Plusieurs structures, comme le Centre d’entrepreneuriat et d’innovation de l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB), ont déjà annoncé leur intention de collaborer avec la nouvelle plateforme pour orienter les étudiants et les jeunes diplômés vers les dispositifs existants.

Un pas vers une administration plus agile

Un autre enjeu sera l’accessibilité du dispositif. Dans les régions éloignées des grands centres urbains, l’accès aux services publics reste un défi. Le guichet devra donc prévoir des antennes locales ou des partenariats avec les wilayas pour éviter de creuser les inégalités territoriales. Selon une source proche du dossier, des discussions sont en cours pour associer les chambres de commerce et d’industrie (CCI) à la mise en œuvre du projet, afin d’assurer une couverture nationale.

Prochaines étapes et défis

Pour les porteurs de projets, cette mesure représente une lueur d’espoir. « Enfin, on va pouvoir se concentrer sur notre business au lieu de courir après les papiers », confie une jeune entrepreneure dans le domaine de l’agriculture biologique. Si le guichet tient ses promesses, il pourrait contribuer à libérer le potentiel économique du pays, en particulier dans les secteurs innovants où l’Algérie a des atouts à faire valoir. Reste à voir si les engagements pris seront suivis d’effets concrets, dans un contexte où les réformes peinent parfois à se traduire sur le terrain.

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