Le projet de Station de Dessalement d’Eau de Mer (SDEM) de Cap Djenet, situé dans la wilaya de Boumerdès, franchit une étape significative avec un taux d’avancement des travaux dépassant désormais 63%, selon El Watan. Cette infrastructure, l’une des plus ambitieuses du pays dans le domaine de la gestion des ressources hydriques, s’inscrit dans une stratégie nationale visant à pallier les pénuries d’eau et à sécuriser l’approvisionnement des populations, notamment dans les zones côtières.
Une réponse aux défis hydriques algériens
Les travaux, supervisés par l’Agence Nationale des Barrages et Transferts (ANBT) et des entreprises publiques spécialisées, avancent à un rythme soutenu. Les 63% atteints concernent principalement les phases de génie civil, l’installation des équipements de dessalement et les infrastructures de connexion au réseau national. Selon des sources proches du dossier citées par El Watan, les retards initiaux, liés à des contraintes techniques et logistiques, ont été progressivement résorbés. La mise en service partielle est envisagée pour la fin de l’année 2024, avec une pleine capacité opérationnelle attendue en 2025.
Enjeux techniques et économiques
Sur le plan économique, le coût global du projet n’a pas été officiellement communiqué, mais les experts estiment qu’il pourrait avoisiner les 500 millions de dollars. Ce montant inclut non seulement la construction de la station, mais aussi les infrastructures de transport et de distribution de l’eau dessalée. L’investissement est justifié par la nécessité de garantir un approvisionnement stable, surtout dans des régions comme Boumerdès, où les coupures d’eau sont récurrentes. Par ailleurs, le dessalement permet de préserver les ressources en eau douce pour les usages agricoles et industriels, essentiels au développement du pays.
Impact sur les populations et l’environnement
Cependant, le projet soulève des questions environnementales. Le rejet de saumure, un sous-produit du dessalement, dans la mer Méditerranée pourrait affecter les écosystèmes marins locaux. Les autorités assurent que des mesures sont prises pour limiter cet impact, notamment par la dilution des effluents avant leur rejet. Par ailleurs, la consommation énergétique de la station reste un sujet de préoccupation, même si l’intégration progressive des énergies renouvelables est prévue.
Un modèle pour d’autres projets
Pour les acteurs du secteur, le défi réside désormais dans la maîtrise des coûts et la garantie d’une exploitation durable. Les partenariats avec des entreprises internationales spécialisées pourraient accélérer la réalisation de ces projets, tout en apportant des innovations technologiques. En parallèle, la sensibilisation des populations à une utilisation rationnelle de l’eau reste un volet essentiel de la stratégie nationale.
Vers une autonomie hydrique ?
À moyen terme, l’objectif est de réduire la dépendance aux eaux souterraines, dont l’exploitation excessive menace la durabilité des nappes phréatiques. Le dessalement, bien que coûteux, offre une alternative viable pour les régions côtières, où vit une grande partie de la population algérienne. Si les défis techniques et environnementaux sont relevés, ce projet pourrait marquer un tournant dans la gestion des ressources en eau du pays.