Sonatrach publie son rapport annuel 2024 sur les hydrocarbures

Le géant énergétique algérien Sonatrach a rendu public son rapport annuel 2024, offrant un état des lieux détaillé de la production, des exportations et des investissements dans le secteur des hydrocarbures. Selon El Watan, qui a relayé l’information début décembre 2025, ce document met en lumière les performances du groupe ainsi que les défis rencontrés au cours de l’année écoulée.

Production et réserves en hausse
Le rapport révèle une augmentation de la production nationale d’hydrocarbures, avec une progression de 3 % par rapport à 2023. Les gisements de Hassi R’Mel et Hassi Messaoud restent les principaux contributeurs, représentant près de 60 % de la production totale de gaz et de pétrole. Les réserves prouvées de gaz naturel ont également connu une légère hausse, atteignant 2 500 milliards de mètres cubes, tandis que les réserves de pétrole se maintiennent autour de 12,2 milliards de barils.

Sonatrach souligne par ailleurs les efforts déployés pour optimiser l’exploitation des gisements matures, notamment grâce à des techniques de récupération assistée. Le groupe a également mis en avant le démarrage de nouveaux projets d’exploration dans le bassin de Berkine et le sud-ouest du pays, avec des partenariats internationaux renforcés.

Exportations et diversification des marchés
Les exportations d’hydrocarbures ont généré des revenus estimés à 55 milliards de dollars en 2024, en légère baisse par rapport à 2023 en raison de la volatilité des prix sur les marchés internationaux. L’Europe reste le principal client, absorbant près de 70 % des exportations algériennes de gaz, notamment via les gazoducs Medgaz et Transmed. Cependant, Sonatrach a intensifié ses efforts pour diversifier ses débouchés, avec une augmentation des livraisons vers l’Asie et l’Amérique latine.

Le rapport mentionne également le développement des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), avec une capacité de liquéfaction portée à 30 millions de tonnes par an. Le terminal de Skikda a joué un rôle clé dans cette dynamique, permettant à l’Algérie de renforcer sa position sur le marché spot du GNL.

Investissements et transition énergétique
Sonatrach a alloué plus de 10 milliards de dollars à des projets d’investissement en 2024, dont une partie significative consacrée à la modernisation des infrastructures et à la réduction des émissions de CO₂. Le groupe a lancé plusieurs initiatives pour améliorer l’efficacité énergétique de ses installations, notamment dans les raffineries d’Arzew et de Skikda.

Le rapport met aussi en avant les avancées dans le domaine des énergies renouvelables, avec des projets pilotes d’hydrogène vert et de solaire. Sonatrach collabore avec des partenaires internationaux, dont l’Allemagne, pour développer des technologies propres et préparer la transition énergétique du pays. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a récemment souligné l’importance de ces partenariats lors d’une rencontre avec l’ambassadrice des États-Unis en Algérie.

Défis et perspectives opérationnelles
Malgré ces résultats, le rapport pointe plusieurs défis, notamment la baisse de la demande mondiale de pétrole, évoquée par Connaissance des Énergies en août 2024. Sonatrach anticipe une stagnation des prix du baril à moyen terme, ce qui pourrait peser sur les recettes d’exportation. Le groupe mise sur une stratégie de réduction des coûts et d’optimisation des processus pour maintenir sa rentabilité.

Un autre enjeu majeur concerne la sécurité des approvisionnements, avec la nécessité de moderniser les infrastructures vieillissantes et de lutter contre les pertes techniques dans le réseau de transport. Sonatrach a annoncé un plan de rénovation des gazoducs et des stations de compression, avec un budget de 2 milliards de dollars sur cinq ans.

Coopération internationale et attractivité des investissements
Le rapport annuel souligne l’importance des partenariats étrangers pour relancer l’exploration et la production. Le nouveau régime juridique adopté fin 2023, présenté comme un catalyseur par horizons.dz, a déjà attiré plusieurs investisseurs, notamment dans les zones frontalières et offshore. Sonatrach a signé des accords avec des compagnies américaines, européennes et asiatiques pour des projets d’exploration dans le bassin de l’Illizi et la région de Timimoun.

La visite récente d’une délégation du Medef en Algérie, rapportée par dia-algerie.com, témoigne de l’intérêt croissant des entreprises françaises pour le secteur énergétique algérien. Ces échanges pourraient déboucher sur des collaborations dans les domaines du raffinage, de la pétrochimie et des énergies renouvelables.

Impact sur l’économie nationale
Les hydrocarbures restent le pilier de l’économie algérienne, représentant plus de 90 % des recettes d’exportation. Le rapport de Sonatrach confirme que les revenus générés ont permis de financer des projets structurants, comme le développement des infrastructures routières et la modernisation du réseau électrique. Cependant, le groupe insiste sur la nécessité de diversifier l’économie pour réduire la dépendance aux ressources fossiles.

Les recettes des hydrocarbures ont également permis de renforcer les réserves de change, qui s’élèvent à plus de 70 milliards de dollars fin 2024. Cette stabilité financière offre une marge de manœuvre pour soutenir les secteurs non pétroliers, comme l’agriculture et les industries locales.

Innovation et numérisation
Sonatrach a accéléré sa transformation numérique en 2024, avec l’adoption de technologies avancées pour optimiser la production et la maintenance. Le projet DigiEnR, mené en collaboration avec l’Allemagne, vise à intégrer des solutions intelligentes dans la gestion des champs pétroliers et gaziers. Selon Afrik, cette initiative permettra de réduire les coûts opérationnels et d’améliorer la productivité.

Le groupe a également investi dans la formation de ses ingénieurs aux nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle et l’analyse de données. Ces compétences sont essentielles pour exploiter les gisements non conventionnels, comme les schistes gaziers du bassin de Tindouf, qui pourraient jouer un rôle clé dans l’avenir énergétique de l’Algérie.

Un secteur en mutation
Le rapport annuel de Sonatrach reflète une industrie en pleine mutation, confrontée à des défis économiques et environnementaux. Si les hydrocarbures restent au cœur de l’économie algérienne, le groupe semble déterminé à préparer l’après-pétrole en diversifiant ses activités et en investissant dans les énergies propres. Les prochaines années seront cruciales pour évaluer la capacité de l’Algérie à concilier exploitation des ressources fossiles et transition énergétique.

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