SIAM 2026 mise sur la souveraineté fourragère algérienne

Le Salon international de l’agriculture au Maghreb (SIAM), qui s’est tenu récemment à Meknès, a placé l’Algérie sous les projecteurs avec une stratégie claire : renforcer l’autonomie alimentaire du pays, notamment dans le secteur fourrager. Selon Quid.ma, cette édition 2026 a été l’occasion pour les acteurs algériens de présenter des innovations locales et des partenariats visant à réduire la dépendance aux importations, tout en modernisant les pratiques agricoles.

Une filière fourragère en quête d’autonomie

Les responsables algériens ont souligné que cette transition passait par une meilleure gestion des ressources hydriques. Le directeur général de l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), Abderrahmane Lakehal, a présenté des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte adaptés aux zones arides, testés avec succès dans la wilaya de Biskra. Ces technologies, combinées à des variétés de plantes résistantes à la sécheresse, pourraient doubler les rendements tout en réduisant la consommation d’eau de 30 %.

L’innovation locale au service de la résilience

Autre avancée notable : le projet « Smart Pasture », porté par une jeune entreprise algérienne, qui utilise des capteurs connectés pour optimiser l’irrigation et la fertilisation des parcelles. Testé dans la wilaya de Sétif, ce système a permis une économie de 40 % d’eau et une augmentation de 25 % de la production. Selon Quid.ma, ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du plan national « Agriculture intelligente face au climat », lancé en 2023.

Coopération régionale et transferts de technologies

Par ailleurs, des entreprises européennes, notamment françaises et espagnoles, ont proposé des solutions clés en main pour moderniser les exploitations algériennes. La société espagnole Azud a présenté un système de filtration d’eau recyclée pour l’irrigation, déjà déployé dans la wilaya d’Oran. Ces collaborations pourraient accélérer la transition vers une agriculture plus durable, à condition que les transferts de technologies s’accompagnent de formations pour les agriculteurs locaux.

Les défis persistants

Autre enjeu : la logistique. Les zones de production, souvent éloignées des centres de consommation, souffrent d’un manque d’infrastructures de stockage et de transport. Le directeur de l’Office national des aliments du bétail (ONAB), Mohamed Khelifi, a reconnu que « sans silos modernes et sans routes adaptées, une partie de la production est perdue avant même d’atteindre les marchés ».

Vers une approche intégrée

Les résultats de ces efforts ne seront visibles qu’à moyen terme, mais les premiers signes sont encourageants. Dans la wilaya de Ghardaïa, un projet pilote associant irrigation goutte-à-goutte et cultures fourragères a permis de réduire les importations de 15 % en un an. Si ces expériences sont généralisées, l’Algérie pourrait non seulement sécuriser son approvisionnement en fourrage, mais aussi créer des emplois dans les régions rurales.

Selon Quid.ma, le succès de cette stratégie dépendra de la capacité à concilier innovation, coopération internationale et inclusion des petits producteurs. Une équation complexe, mais indispensable pour bâtir une agriculture résiliente face aux aléas climatiques et économiques.

Laisser un commentaire