Le Conseil des ministres, présidé récemment par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a examiné plusieurs dossiers stratégiques liés à l’agriculture et à la gestion de l’eau, selon الإذاعة الجزائرية. Parmi les points abordés, les projets d’irrigation et la modernisation des infrastructures hydrauliques occupent une place centrale, reflétant une volonté de sécuriser les ressources en eau face aux défis climatiques et à la demande croissante des secteurs agricole et industriel.
Un plan ambitieux pour l’irrigation
Les autorités misent également sur des techniques modernes, telles que l’irrigation goutte-à-goutte, pour optimiser l’utilisation de l’eau dans les zones agricoles. Ce système, déjà déployé dans certaines régions comme la wilaya de Biskra, permet de réduire les pertes et d’améliorer les rendements, notamment pour les cultures maraîchères et les dattes. Le ministère des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique a souligné l’importance de généraliser ces pratiques, en collaboration avec les agriculteurs et les coopératives locales.
Renforcement des infrastructures hydrauliques
Un autre projet clé est la réalisation du transfert d’eau entre les barrages de Taksebt (Tizi Ouzou) et Koudiat Acerdoune, qui permettra de sécuriser l’approvisionnement en eau potable et agricole pour plusieurs wilayas du centre du pays. Selon الإذاعة الجزائرية, les travaux de ce transfert, d’un coût estimé à plus de 50 milliards de dinars, sont en bonne voie et devraient être achevés dans les prochains mois.
Enjeux économiques et sociaux
Sur le plan économique, ces projets devraient stimuler la production agricole, un secteur qui emploie près de 10 % de la population active et contribue à hauteur de 12 % au PIB. Le gouvernement mise sur une augmentation des surfaces irriguées, actuellement limitées à environ 1,2 million d’hectares, pour atteindre 2 millions d’hectares d’ici 2030. Cela permettrait de renforcer la sécurité alimentaire, notamment pour les cultures stratégiques comme le blé, les légumes et les agrumes.
Enfin, ces mesures s’inscrivent dans une logique de développement territorial. Les projets hydrauliques, souvent situés dans des zones rurales, pourraient dynamiser les économies locales en créant des emplois et en améliorant les conditions de vie des populations. Par exemple, la réhabilitation des périmètres irrigués dans le sud du pays, comme à Adrar ou à Tamanrasset, vise à fixer les populations et à lutter contre l’exode rural.
Défis de mise en œuvre
Un autre défi est celui de la maintenance des infrastructures existantes. Selon des rapports officiels, près de 30 % des réseaux d’irrigation en Algérie souffrent de fuites ou de dégradations, entraînant des pertes d’eau estimées à 40 % dans certains cas. Le ministère des Ressources en eau a annoncé un plan de réhabilitation prioritaire, avec un budget dédié à la modernisation des canaux et des stations de pompage.
Enfin, la question du financement reste cruciale. Les projets hydrauliques nécessitent des investissements colossaux, estimés à plus de 2 000 milliards de dinars pour la période 2020-2030. Si une partie de ces fonds provient du budget de l’État, les autorités comptent également sur des partenariats public-privé et des financements internationaux, notamment avec la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque mondiale.
Vers une gestion durable de l’eau
Par ailleurs, le ministère des Ressources en eau travaille sur un nouveau cadre législatif pour renforcer la gouvernance du secteur. Un projet de loi sur la gestion intégrée des ressources en eau est en préparation, avec pour objectif de clarifier les rôles des différentes institutions et d’améliorer la transparence dans l’attribution des ressources.
Les décisions prises lors de cette réunion du Conseil des ministres confirment l’engagement des autorités à faire de l’eau une priorité nationale. Si les défis restent nombreux, ces projets pourraient transformer durablement le paysage agricole et hydraulique de l’Algérie, à condition que leur mise en œuvre soit rigoureuse et inclusive.