En avril 2026, l’Algérie a enregistré sept féminicides, un chiffre qui a provoqué une onde de choc dans le pays. Selon Radio des sans voix, ces meurtres ont mis en lumière la persistance des violences faites aux femmes, malgré les efforts législatifs et les campagnes de sensibilisation. Les victimes, âgées de 18 à 45 ans, ont été tuées par des proches, souvent des conjoints ou des ex-conjoints, dans des circonstances marquées par la brutalité.
Un cadre légal insuffisant
Le ministère de la Solidarité nationale a récemment annoncé un renforcement des mesures d’accompagnement, incluant des centres d’hébergement et des lignes d’urgence. Cependant, ces initiatives peinent à couvrir l’ensemble du territoire, notamment dans les zones rurales où les violences sont moins visibles mais tout aussi présentes.
Des chiffres alarmants
Les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans la mobilisation contre ces violences. Des hashtags comme #NiUnaMenosDZ et #JusticePourNosSœurs ont permis de briser le tabou et d’interpeller les autorités. Des manifestations ont eu lieu devant le siège du ministère de la Justice à Alger, réclamant des peines plus lourdes et une meilleure protection des victimes.
Un problème sociétal profond
Des initiatives citoyennes tentent de changer les mentalités. L’association Djazairouna, basée à Blida, organise des ateliers de sensibilisation dans les écoles et les mosquées pour promouvoir l’égalité et le respect. « Il faut éduquer les hommes dès le plus jeune âge », insiste Fatima Benbraham, fondatrice de l’association. « La violence n’est pas une fatalité. »
Réactions des autorités
Cependant, les associations restent sceptiques. « Les annonces sont nombreuses, mais les actes concrets se font attendre », déplore Samia Zennadi. Elle appelle à une coordination entre les ministères de la Justice, de l’Intérieur et de la Solidarité pour une prise en charge globale des victimes, incluant un soutien psychologique et une réinsertion professionnelle.
Un appel à l'action
Le chemin est encore long, mais chaque voix compte. Comme le dit un slogan populaire : « Une femme tuée, c’est toute la société qui saigne. »