Bourse d’Alger capitalisation bondit de 43 en 2025

La Bourse d’Alger enregistre une performance inédite au premier trimestre 2025. Selon Dabafinance, sa capitalisation boursière a progressé de 43 %, un chiffre qui marque un tournant pour le marché financier algérien. Cette hausse, la plus forte depuis la création de la place boursière en 1999, s’explique par plusieurs facteurs structurels et conjoncturels.

Les titres phares en hausse
Le secteur bancaire, pilier de la Bourse d’Alger, a tiré la croissance. L’action de la Banque Extérieure d’Algérie (BEA) a gagné 28 % depuis janvier, tandis que celle de la Banque Nationale d’Algérie (BNA) a progressé de 19 %. Ces performances reflètent une confiance accrue des investisseurs, notamment après l’annonce par la Banque d’Algérie d’un assouplissement des conditions de crédit pour les entreprises cotées. Le groupe Saidal, seul acteur pharmaceutique présent en Bourse, a vu son cours augmenter de 35 %, porté par une demande soutenue pour ses médicaments génériques.

L’impact des réformes réglementaires
La Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB) a récemment simplifié les procédures d’introduction en Bourse. Depuis mars 2025, les entreprises peuvent désormais s’introduire avec un flottant minimal de 10 % du capital, contre 20 % auparavant. Cette mesure a déjà attiré l’attention de plusieurs sociétés privées, dont certaines ont entamé des démarches pour une cotation prochaine. L’Agence Nationale de Valorisation des Résultats de la Recherche et du Développement Technologique (ANVREDET), agréée en janvier 2026 comme promoteur en Bourse, joue un rôle clé dans cette dynamique. Selon l’APS, l’agence accompagne cinq start-up technologiques dans leur processus d’introduction, prévu pour 2026.

Un marché encore limité mais en expansion
Malgré cette progression, la Bourse d’Alger reste modeste comparée à ses voisines maghrébines. Sa capitalisation totale s’élève à environ 2 500 milliards de dinars, soit moins de 1 % du PIB algérien. À titre de comparaison, la Bourse de Casablanca affiche une capitalisation de 600 milliards de dirhams (environ 8 000 milliards de dinars), avec une croissance de 12 % en 2025, selon Le360. Cependant, les autorités algériennes misent sur une diversification progressive du marché. Le ministre des Finances, Laaziz Faid, a déclaré en juin que « la Bourse doit devenir un levier de financement pour les PME et les entreprises innovantes ».

Les défis à relever
Plusieurs obstacles persistent. Le volume des transactions reste faible, avec une moyenne quotidienne de 50 millions de dinars, contre 200 millions à Casablanca. Les investisseurs institutionnels, comme les compagnies d’assurance et les fonds de pension, sont encore peu présents. Par ailleurs, la liquidité des titres est freinée par la domination des actionnaires historiques, souvent réticents à céder leurs parts. El Watan souligne dans une analyse récente que « la redynamisation du marché passe par une plus grande transparence et une meilleure gouvernance des entreprises cotées ».

Les prochaines étapes
Les regards se tournent désormais vers les introductions en Bourse annoncées pour 2026. Parmi les candidats figurent des start-up spécialisées dans les technologies vertes et les énergies renouvelables, un secteur en plein essor en Algérie. La COSOB travaille également à l’élargissement de la base d’investisseurs, avec des campagnes de sensibilisation ciblant les particuliers. Une plateforme de trading en ligne, promise pour fin 2025, devrait faciliter l’accès au marché.

Cette croissance de 43 % marque une étape, mais le véritable test sera la capacité de la Bourse d’Alger à attirer durablement des capitaux et à jouer son rôle dans le financement de l’économie réelle. Les prochains mois diront si cette dynamique peut se transformer en tendance de fond.

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