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**L’Algérie, laboratoire des tensions modernes**
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de récit unificateur. L’Algérie parle plusieurs langues à la fois : celle de la technoscience (hôpitaux numérisés, innovation énergétique, armée cyber), celle du nationalisme sportif (la CAN comme exutoire des frustrations), et celle, plus discrète mais tenace, des marges rebelles (musique chaouie, familles éclatées entre deux rives). Ces registres ne dialoguent pas ; ils coexistent, parfois s’ignorent, souvent se heurtent. Comme si l’État algérien, après avoir longtemps joué la carte de l’unité par la contrainte, découvrait avec stupeur que la société civile – ou ce qu’il en reste – s’organise désormais en réseaux transnationaux, échappant à son contrôle.
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**La souveraineté en actes : santé, énergie, armée**
Pourtant, cette modernisation à marche forcée bute sur un paradoxe : comment numériser un système dont les infrastructures physiques sont vétustes ? Les polycliniques pédiatriques, présentées comme une « révolution silencieuse », rappellent que l’Algérie soigne ses symptômes (la mortalité infantile) sans s’attaquer aux causes (la désertification médicale, le manque de lits, la fuite des cerveaux). La santé devient ainsi un enjeu de soft power : en formant des ingénieurs et des médecins à l’étranger, l’Algérie se positionne comme un hub régional, mais au risque de créer une élite déconnectée des réalités locales.
**2. L’armée 2030 : entre cyberdéfense et obsolescence programmée**
La réponse algérienne passe par trois axes :
– La cybersécurité (ratification de la Convention de Malabo par le Bénin, mais silence algérien sur le sujet), où l’enjeu n’est plus seulement la défense des frontières physiques, mais celle des infrastructures critiques (énergie, télécoms).
– Les partenariats avec la Russie et la Chine, qui offrent des technologies duales (civiles et militaires), comme le suggère la présence algérienne à Kazan pour vanter le « climat d’investissement numérique ».
– La doctrine de la « dissuasion asymétrique », où l’Algérie mise sur ses capacités de projection (drone, guerre électronique) plutôt que sur une course aux armements coûteuse.
Pourtant, cette modernisation se heurte à un dilemme structurel : comment financer une armée high-tech alors que les recettes pétrolières s’effritent et que la jeunesse, elle, rêve de start-up plutôt que de casernes ? L’armée algérienne, autrefois creuset de la nation, risque de devenir un corps étranger dans une société où les valeurs ont changé.
**3. L’innovation énergétique : le mirage de la transition**
Le cas de l’irrigation est emblématique : le SIAM 2026 (Salon international de l’agriculture au Maroc) met en avant la « souveraineté fourragère », mais l’Algérie, elle, reste dépendante des importations de blé et de lait. Comment parler de souveraineté alimentaire quand les nappes phréatiques s’épuisent et que les subventions aux agriculteurs sont captées par une oligarchie ?
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**Le football et la musique : les deux visages de l’identité algérienne**
Mais cette ferveur cache une fracture générationnelle : les jeunes Algériens, connectés aux ligues européennes, idolâtrent Mbappé ou Haaland, pas les joueurs locaux. Le football algérien, comme la musique, est dépassé par ses propres enfants.
**2. Djamel Sabri et la rébellion chaouie : l’Algérie des marges**
La musique algérienne, comme le football, révèle une société en quête d’elle-même : entre nostalgie de la grandeur passée (la guerre d’indépendance, les années Boumediene) et désir d’un avenir globalisé, les Algériens oscillent entre fierté et désenchantement.
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**Algérie-Maroc : la guerre des récits**
Cette guerre froide régionale a un coût : l’Algérie et le Maroc gaspillent des milliards en armements et en propagande, alors que leurs populations manquent d’eau et de soins. Le vrai perdant, c’est le Maghreb unifié, ce rêve des années 1960 qui s’éloigne un peu plus chaque jour.
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