Revue de presse : Droits humains Algérie, Énergie renouvelable Algérie, Transition énergétique Algérie…

**L’Algérie, miroir brisé d’un rêve postcolonial**

Derrière les discours officiels sur la « souveraineté retrouvée » ou la « décarbonation en marche », se cache une réalité plus trouble : l’Algérie reste un pays où le pouvoir se concentre entre les mains d’une élite politico-militaire, où la jeunesse est soit enrôlée dans l’exil, soit réduite au silence, et où les ressources naturelles servent davantage à acheter la paix sociale qu’à construire un avenir durable. Pour comprendre cette équation complexe, il faut accepter de lire ces actualités non comme des événements isolés, mais comme les symptômes d’un système à la croisée des chemins.

**Hydrocarbures : le socle d’une souveraineté en trompe-l’œil**

Pourtant, cette transition annoncée bute sur deux écueils majeurs. D’abord, l’absence de volonté politique réelle : les énergies renouvelables représentent moins de 5 % du mix énergétique algérien, et les projets phares (comme celui de la centrale solaire de Hassi R’Mel) peinent à voir le jour. Ensuite, la persistance d’une économie rentière, où les hydrocarbures financent à la fois les subventions sociales (électricité et carburant quasi gratuits) et la répression. Comme le souligne le professeur Salhi Essaïd, « aller vers les renouvelables » impliquerait de repenser un modèle économique où l’État redistribue la rente pour acheter la loyauté de sa population. Or, cette équation est intenable : les cours du pétrole, malgré les accords entre l’Arabie saoudite et la Russie, restent volatils, et l’Algérie n’a pas les moyens de ses ambitions.

La transition énergétique algérienne est donc moins une question technique qu’un enjeu de pouvoir. Tant que les élites au pouvoir tireront profit du statu quo, les discours sur les énergies vertes resteront des leurres. Et l’Europe, en quête d’alternatives au gaz russe, fermera les yeux sur les contradictions algériennes – quitte à financer indirectement un système autoritaire.

**Exil et répression : les deux faces d’une même médaille**

Aujourd’hui, la répression prend des formes plus subtiles, mais tout aussi efficaces. Les procès de détenus d’opinion se multiplient, tandis que les ONG dénoncent la persistance de l’esclavage dans les camps de Tindouf – un sujet tabou, tant il met en lumière les compromissions du pouvoir avec le Polisario. Amnesty International, dans son dernier rapport, pointe du doigt les conditions de détention dans ces camps, où des milliers de Sahraouis vivent sous la coupe d’une milice armée. Pourtant, l’Algérie, qui abrite ces camps sur son territoire, refuse toute enquête indépendante, préférant accuser les ONG de « déstabilisation ».

Cette politique de l’autruche s’étend à la société civile. Le journalisme indépendant est asphyxié : les rares médias critiques sont soit censurés, soit réduits à des sujets anodins (comme le podcast, présenté comme un « phénomène de mode »). La décennie noire, ce traumatisme fondateur des années 1990, reste un « vrai faux tabou » : on en parle, mais sans jamais remettre en cause le rôle de l’État dans la violence. Quant à la culture amazighe, elle est instrumentalisée par le pouvoir, qui la célèbre dans les discours officiels tout en réprimant les militants berbères.

L’Algérie est ainsi un pays où l’on exporte ses enfants et où l’on emprisonne ses dissidents. Cette dialectique de l’exil et de la répression n’est pas un hasard : elle permet au régime de maintenir un équilibre précaire, où la jeunesse qui pourrait le menacer est soit en Europe, soit en prison.

**Économie : la diversification, ou l’art de rater sa révolution industrielle**

Pourtant, des signes de changement apparaissent. La restructuration de l’économie autour du rail, évoquée dans les projets avec les États-Unis, pourrait être une piste. L’Algérie dispose de ressources minières (phosphates, fer) et agricoles (oléagineux) sous-exploitées. Mais là encore, le diable se cache dans les détails. Qui contrôlera ces filières ? Les mêmes oligarques qui ont pillé l’économie depuis l’indépendance ? Ou une nouvelle génération d’entrepreneurs, capables de briser le monopole des clans au pouvoir ?

Le cas du tourisme et de l’immobilier est révélateur. Le « Grand Salon Algérien » en Belgique promet des opportunités d’investissement, mais qui osera miser sur un pays où la bureaucratie étouffe toute initiative ? Les fortunes africaines, comme le note le rapport sur les « richesses en Afrique », se concentrent dans des pays où l’État de droit est respecté – ce qui n’est pas le cas de l’Algérie. Quant au tourisme écologique à Mostaganem, il risque de rester un vœu pieux tant que les infrastructures manquent et que les visas sont difficiles à obtenir.

La sécurité alimentaire, présentée comme une priorité nationale, est un autre exemple de ces promesses non tenues. « Demain inchallah », disent les responsables, comme pour conjurer l’échec. Pourtant, l’Algérie importe toujours 50 % de ses besoins en blé, et les terres agricoles sont accaparées par des projets immobiliers spéculatifs. La coopération avec les États-Unis sur les oléagineux pourrait être une solution, mais elle suppose une transparence que le régime algérien refuse.

**Urbanisme : entre nostalgie moderniste et désastre écologique**

Pourtant, cette vision urbanistique bute sur une réalité plus crue : l’Algérie est en train de rater sa transition écologique. Mostaganem mise sur un « tourisme durable », mais combien de villes algériennes peuvent se targuer d’une gestion rationnelle de l’eau ou des déchets ? Alger, avec ses embouteillages monstres et ses quartiers informels, est le parfait exemple d’une urbanisation chaotique, où les plans directeurs sont ignorés au profit de la spéculation immobilière.

Le paradoxe est saisissant : l’Algérie, qui dispose d’un ensoleillement exceptionnel, pourrait être un leader des énergies renouvelables. Mais ses villes, conçues pour la voiture et le béton, sont parmi les plus polluées d’Afrique. La réhabilitation des médinas, si elle était menée à bien, pourrait être une réponse – mais elle suppose une volonté politique qui fait défaut.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

Trois scénarios se dessinent pour l’avenir :

1. Le scénario de l’effondrement contrôlé : L’Algérie continue sur sa lancée, avec une transition énergétique lente, une répression accrue et une économie de plus en plus dépendante de la Chine et de l’Europe. Les jeunes continuent de partir, les élites s’enrichissent, et le pays devient une sorte de « Venezuela méditerranéen » – riche en ressources, mais pauvre en libertés.

2. Le scénario de la rupture autoritaire : Face à une crise sociale majeure (chute des cours du pétrole, pénuries alimentaires), le régime durcit encore sa répression, s’appuyant sur un nationalisme exacerbé. Les camps de Tindouf deviennent des zones de non-droit, les opposants sont réduits au silence, et l’Algérie se transforme en une dictature classique, comme l’Égypte ou l’Azerbaïdjan.

3. Le scénario de la renaissance (improbable, mais pas impossible) : Une partie de l’élite au pouvoir, consciente de l’imp

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