Revue de presse : Banque Algérie, Entrepreneuriat Algérie, Algérie Afrique subsaharienne…

L’Algérie contemporaine est un pays en tension permanente entre deux forces : celle d’un État stratège, qui tente de maîtriser son destin géopolitique et économique dans un monde en recomposition, et celle d’une société civile en ébullition, où les contradictions s’exacerbent sous le poids des héritages postcoloniaux, des inégalités structurelles et d’un modèle de développement à bout de souffle. Les actualités récentes, aussi disparates qu’elles puissent paraître, dessinent en creux les contours d’une nation en quête d’équilibre – entre souveraineté affichée et dépendances persistantes, entre modernisation autoritaire et aspirations démocratiques, entre fierté nationale et vulnérabilités sociales.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de hasard dans cette mosaïque d’informations. Derrière la diversité des thèmes – banque, entrepreneuriat, justice, football – se cachent des fils rouges qui relient les enjeux de pouvoir, de contrôle social et de projection internationale. L’Algérie de 2025 est un pays où tout se tient, mais où rien ne s’articule harmonieusement. Comme si chaque domaine était une pièce d’un puzzle dont la boîte aurait perdu son couvercle : les formes s’emboîtent, mais l’image finale reste floue.

**L’ÉTAT, ENTRE SOUVERAINETÉ ÉCONOMIQUE ET CLIENTÉLISME D’IMPORTATION**

**La banque et les PME : le paradoxe du financement**

Le cas des PME est emblématique : alors que la BAD souligne l’urgence de renforcer l’attractivité des économies maghrébines, l’Algérie maintient un système bancaire hyper-centralisé, où les prêts sont souvent accordés sur des critères politiques plutôt qu’économiques. Résultat : les entrepreneurs algériens se tournent vers la Chine pour importer des voitures (comme en octobre 2025), contournant ainsi les nouvelles lois sur l’importation – un marché devenu un champ de mines réglementaire. La souveraineté économique tant vantée se heurte à la réalité d’un capitalisme de connivence, où les licences d’importation sont distribuées comme des faveurs, et où les réserves de change (renforcées par l’achat massif de blé tendre) servent davantage à colmater les brèches qu’à construire l’avenir.

**L’entrepreneuriat, ou l’art de naviguer entre les écueils**

Cette instabilité réglementaire est le symptôme d’un mal plus profond : l’Algérie n’a pas encore choisi entre un modèle libéral (où l’État fixe les règles et laisse les acteurs économiques jouer) et un modèle dirigiste (où l’État contrôle les flux et distribue les rentes). Le résultat est un entre-deux toxique, où les entrepreneurs doivent sans cesse négocier leur survie avec des bureaucraties opaques, tandis que les grands projets (comme ceux avec Oman) restent l’apanage d’une élite proche du pouvoir.

**LA POLITIQUE, OU L’ILLUSION DU CONTRÔLE**

**Élections sans suspense, participation sans illusion**

Pourtant, cette façade se fissure. Les réseaux sociaux, justement, sont devenus le théâtre d’une contestation diffuse, où les Algériens expriment leur ras-le-bol face à un système qui alterne répression et clientélisme. Le football, souvent présenté comme une soupape de décompression, en est un exemple frappant : les supporters algériens, après avoir célébré la victoire de Kaylia Nemour aux JO (une gymnaste franco-algérienne qui a choisi de représenter l’Algérie), ont transformé les stades en espaces de protestation politique. La CAN 2025, avec son « groupe E explosif » (Algérie, Burkina Faso, Guinée équatoriale), sera moins un tournoi sportif qu’un miroir des tensions régionales – et des attentes déçues d’une jeunesse en quête de repères.

**Justice : quand le système se retourne contre lui-même**

Le cas de Constant Mutamba, en RDC, est encore plus révélateur : un homme politique qui refuse de comparaître, comme si la justice était une option et non une obligation. En Algérie, cette culture de l’impunité est institutionnalisée. Les scandales de corruption (comme celui des « biens mal acquis » des dignitaires du régime) sont étouffés, tandis que les petits délinquants croupissent en prison. La justice algérienne, comme son économie, fonctionne sur un double standard : sévère pour les faibles, indulgente pour les puissants.

**LA SOCIÉTÉ EN MOUVEMENT : FEMMES, GASTRONOMIE ET FORMATION**

**Droits des femmes : entre avancées symboliques et régression structurelle**

Ce paradoxe s’explique par l’écart entre le droit et sa mise en œuvre. L’Algérie a ratifié des conventions internationales, adopté des lois contre les violences faites aux femmes, mais ces textes restent lettre morte. Pourquoi ? Parce que la société algérienne, comme beaucoup d’autres, est traversée par des forces contradictoires : une modernisation économique et sociale qui pousse les femmes vers l’émancipation, et un conservatisme religieux et patriarcal qui résiste farouchement. Le résultat est une schizophrénie institutionnelle, où l’État célèbre les femmes « modèles » (comme Nemour) tout en laissant impunis les crimes commis contre les autres.

**Gastronomie et réseaux sociaux : la cuisine comme champ de bataille culturel**

Cette ambivalence reflète une quête identitaire plus large. La gastronomie, comme le football, est un marqueur de fierté nationale. Mais elle est aussi un enjeu économique : les réseaux sociaux permettent aux petits producteurs et aux restaurateurs de contourner les circuits traditionnels (souvent contrôlés par des oligarques), tout en les exposant à la précarité. Le cas de Hichem Cook est emblématique : son restaurant a été détruit par un incident violent, mais c’est la mobilisation en ligne qui a permis sa reconstruction. Dans un pays où l’État est à la fois omniprésent et défaillant, les réseaux sociaux deviennent un espace de résistance – et de survie.

**Formation professionnelle : l’éternel recommencement**

Le démenti du ministère de la Santé concernant l’ouverture d’un concours d’accès à la formation paramédicale est révélateur. En Algérie, les concours publics sont souvent perçus comme des loteries, où le piston l’emporte sur le mérite. La formation professionnelle, censée répondre aux besoins du marché du travail, est en réalité un secteur sous-financé, où les diplômés peinent à trouver un emploi. Résultat : les jeunes Algériens se tournent vers l’informel, l’émigration, ou les réseaux sociaux pour se former – comme en témoigne l’essor des influenceurs « tutos » dans des domaines aussi variés que la cuisine, la mécanique ou le digital.

**L’AFRIQUE ET LE MONDE : L’ALGÉRIE ENTRE SOFT POWER ET ISOLEMENT**

**L’Algérie et l’Afrique subsaharienne : un leadership en demi-teinte**

Le cas de l’obésité infantile, cité dans les actualités, est symptomatique. L’Algérie, comme le Chili,

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