Imane Khelif porte plainte contre World Boxing au TAS

L’Algérienne Imane Khelif a déposé une plainte devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) contre la Fédération internationale de boxe (World Boxing), selon une annonce récente de Beur FM. Cette démarche intervient après des mois de polémique autour de sa participation aux Jeux Olympiques de Paris 2024, où elle a remporté la médaille d’or dans la catégorie des moins de 66 kg. Le conflit juridique s’inscrit dans un contexte plus large de controverse sur l’éligibilité des athlètes féminines dans les compétitions de boxe.

Une médaille d’or sous le feu des critiques

Des rumeurs, relayées par plusieurs médias internationaux, ont suggéré que Khelif ne répondait pas aux critères de genre établis par certaines fédérations. Ces allégations, jamais étayées par des preuves officielles, ont pris une ampleur particulière après la diffusion d’un rapport confidentiel cité par CNews en juin 2025. Ce document, dont l’authenticité n’a pas été confirmée, affirmait que la boxeuse aurait été exclue des Championnats du monde féminins de boxe en 2023 en raison de tests jugés « non conformes ». La Fédération internationale de boxe (IBA), alors dirigée par l’Ouzbek Umar Kremlev, avait pris cette décision sans en expliquer publiquement les motifs.

World Boxing dans le viseur

Cependant, selon Beur FM, la plainte de Khelif accuse World Boxing de ne pas avoir pris de mesures pour protéger les athlètes contre les discriminations et les campagnes de désinformation. La boxeuse algérienne réclame des réparations pour le préjudice subi, tant sur le plan sportif que personnel. Son avocat, Me Nabil Boudi, a déclaré à la presse que cette procédure visait à « rétablir la vérité et à faire reconnaître les droits des athlètes face aux abus des fédérations ».

Le CIO soutient Khelif

Cette position a été réaffirmée récemment par le directeur des communications du CIO, Mark Adams, qui a souligné que « les athlètes comme Imane Khelif méritent d’être jugés sur leurs performances et non sur des critères arbitraires ». Le CIO a également critiqué l’IBA pour son manque de transparence dans l’exclusion de Khelif en 2023, une décision qui n’a jamais été motivée par des preuves médicales ou scientifiques accessibles au public.

Réactions en Algérie

Les fédérations sportives algériennes, notamment la Fédération algérienne de boxe, ont apporté leur appui logistique et juridique à Khelif. Le président de la fédération, Mohamed Ouali, a déclaré à l’APS que « l’Algérie ne laissera pas ses athlètes être victimes de discriminations sans réagir ». Plusieurs associations de défense des droits des femmes et des athlètes ont également manifesté leur soutien, organisant des rassemblements devant le siège du Comité olympique algérien à Alger.

Un procès qui dépasse le sport

Le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne, devra trancher sur la recevabilité de la plainte et, le cas échéant, sur le fond de l’affaire. Une décision en faveur de Khelif pourrait contraindre World Boxing à revoir ses protocoles d’éligibilité et à indemniser l’athlète pour le préjudice subi. À l’inverse, un rejet de la plainte risquerait d’alimenter les débats sur la légitimité des fédérations sportives à imposer des critères de genre sans consensus scientifique.

Prochaines étapes

Cette affaire pourrait marquer un tournant dans la régulation du sport féminin, notamment dans les disciplines où les questions de genre sont particulièrement sensibles. Pour l’Algérie, elle représente aussi une opportunité de renforcer sa position sur la scène sportive internationale, en défendant ses athlètes contre ce qu’elle considère comme des injustices.

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