L’entraîneur bosnien Vladimir Petkovic a officiellement pris les rênes de l’équipe nationale algérienne, marquant le début d’une nouvelle ère après le départ de Djamel Belmadi. La Fédération algérienne de football (FAF) a confirmé cette nomination en mars 2024, quelques semaines après la fin de la CAN 2024 en Côte d’Ivoire, où les Verts avaient été éliminés en phase de groupes. Petkovic, connu pour son passage à la tête de la Suisse et de Bordeaux, hérite d’une sélection en reconstruction, avec des défis immédiats et des objectifs à moyen terme.
Un staff technique remanié
La FAF a accompagné la nomination de Petkovic par celle de Nabil Neghiz comme adjoint. Ce choix, révélé par Foot Afrique en mars 2024, confirme la volonté de la fédération de s’appuyer sur des compétences locales. Neghiz, ancien sélectionneur de l’équipe olympique algérienne et adjoint de Belmadi, apporte une connaissance approfondie du football algérien. Selon la FAF, cette collaboration vise à « assurer une transition fluide et une continuité dans la philosophie de jeu ». Petkovic a également intégré d’autres membres dans son staff, dont des analystes vidéo et des préparateurs physiques, pour moderniser les méthodes d’entraînement.
Des premiers pas sous le signe de la CAN 2025
Petkovic a débuté son mandat par une série de rassemblements en Algérie et à l’étranger. Le premier match officiel sous sa direction a eu lieu récemment contre la Mauritanie, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2025. Lors d’une conférence de presse avant cette rencontre, le technicien bosnien a déclaré, selon CAF Online, vouloir « donner de la fierté aux supporters mauritaniens en montrant un football offensif et discipliné ». Cette déclaration reflète une approche axée sur le spectacle, mais aussi sur la rigueur tactique, deux éléments qui avaient manqué lors de la dernière CAN.
Un groupe en mutation
L’équipe nationale algérienne traverse une période de transition générationnelle. Des joueurs emblématiques comme Riyad Mahrez et Islam Slimani ont quitté la sélection, laissant la place à de jeunes talents comme Farès Chaïbi (Eintracht Francfort) et Rayan Aït-Nouri (Wolverhampton). Petkovic a intégré plusieurs de ces nouveaux visages lors de ses premiers rassemblements, tout en conservant des cadres expérimentés comme Youcef Atal et Ramy Bensebaini. Selon DZFoot, l’entraîneur bosnien a insisté sur la nécessité de « construire une équipe collective, où chaque joueur connaît son rôle précis ».
Les défis à court et moyen terme
Le premier objectif de Petkovic est de qualifier l’Algérie pour la CAN 2025, prévue en Guinée. Les Verts sont engagés dans un groupe difficile, avec la Mauritanie, le Soudan et le Congo. Les deux premiers matchs, contre la Mauritanie et le Soudan, ont donné des résultats mitigés, avec une victoire et un match nul. La FAF a souligné, dans un communiqué publié en mai 2024, que « les conclusions du Collège technique national mettaient en avant la nécessité de stabiliser l’équipe et d’améliorer la cohésion défensive ».
Parallèlement, Petkovic doit préparer les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, qui débuteront en 2025. L’Algérie sera confrontée à des adversaires redoutables, comme le Sénégal et le Cameroun, dans une zone Afrique où la concurrence s’annonce féroce. La FAF a d’ailleurs renforcé son partenariat avec des sponsors comme Chery Automobile, annoncé en mars 2024, pour soutenir financièrement la sélection et ses infrastructures.
Un calendrier chargé
Les prochains mois s’annoncent intenses pour Petkovic et ses joueurs. Après les éliminatoires de la CAN, l’Algérie affrontera plusieurs équipes en matchs amicaux, dont une possible rencontre contre la France, bien que Ouest-France ait indiqué en 2022 que cette opposition serait « difficilement envisageable avant juin 2024 ». Ces rencontres serviront à tester des schémas tactiques et à intégrer de nouveaux joueurs. Parmi eux, Abdelkader Ghezzal, qui a récemment repris du service avec les Verts en novembre 2024, selon DZFoot, malgré une carrière internationale déjà bien remplie.
Une approche basée sur la transparence
Petkovic a marqué ses premiers pas par une communication ouverte avec les médias et les supporters. Contrairement à son prédécesseur, il multiplie les points presse et les interviews, expliquant ses choix tactiques et ses attentes. Cette transparence vise à rétablir la confiance entre la sélection et le public, ébranlée après l’échec de la CAN 2024. La FAF a également annoncé la mise en place d’un « plan de développement à long terme », incluant des stages réguliers et des tournois amicaux pour les jeunes talents.
Un nouveau chapitre pour le football algérien
L’arrivée de Petkovic coïncide avec une période de réformes au sein de la FAF. Le Collège technique national, dans ses conclusions rendues en mai 2024, a recommandé une refonte des structures de formation et une meilleure coordination entre les clubs locaux et la sélection nationale. Ali Moucer, nommé récemment à la Direction technique nationale (DTN), incarne cette volonté de professionnalisation. Selon Le Soir d’Algérie, Moucer, ancien entraîneur de l’USM Alger, aura pour mission de « superviser la détection des talents et leur intégration progressive en équipe A ».
En coulisses, la FAF travaille également sur des projets d’infrastructures, comme la rénovation du Centre technique national de Sidi Moussa, pour offrir aux joueurs des conditions optimales. Ces investissements s’inscrivent dans une vision à long terme, où l’équipe nationale algérienne devra retrouver son rang parmi les meilleures sélections africaines.
Pour Petkovic, l’enjeu est double : redonner des résultats immédiats tout en posant les bases d’un projet durable. Les supporters algériens, exigeants mais passionnés, attendent des performances, mais aussi un style de jeu reconnaissable. Le technicien bosnien a les cartes en main pour écrire une nouvelle page du football algérien. Les prochains mois seront décisifs pour juger de la pertinence de ses choix.