CAN 2025 au Maroc un modèle pour l’Algérie

La Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc, suscite déjà l’admiration des observateurs du football africain. Selon RMC Sport, cette édition se distingue par ses infrastructures modernes, une affluence record et une organisation sans faille. Pour l’Algérie, qui prépare activement sa candidature pour accueillir la CAN 2027 ou 2031, cette compétition représente un exemple à étudier de près.

Des stades flambant neufs et une logistique maîtrisée

Le Maroc a mis les moyens pour impressionner. Six stades ont été retenus pour la compétition, dont le Grand Stade de Casablanca, d’une capacité de 93 000 places, et le Stade Ibn Batouta de Tanger, rénové pour l’occasion. Ces infrastructures répondent aux normes FIFA les plus strictes, avec des systèmes de sécurité, des accès pour personnes à mobilité réduite et des espaces dédiés aux médias.

Contrairement à certaines éditions précédentes, marquées par des retards dans les travaux ou des problèmes d’organisation, le Maroc a respecté ses délais. Les travaux ont été achevés six mois avant le début de la compétition, permettant aux équipes de s’entraîner sur les terrains officiels. Cette anticipation a également permis d’éviter les surcoûts, un problème récurrent dans les grands événements sportifs.

Une affluence qui dépasse les attentes

Les matchs de préparation et les premières rencontres de la CAN 2025 ont enregistré des taux de remplissage proches de 90 %. Les supporters marocains, mais aussi ceux des pays voisins, ont répondu présent. Les billets, vendus en ligne et dans des points de vente physiques, ont été écoulés en un temps record. Cette affluence s’explique en partie par la politique tarifaire mise en place : des prix accessibles, avec des tarifs réduits pour les femmes et les enfants.

Le Maroc a également facilité l’accès des supporters étrangers. Des visas simplifiés, des vols charters depuis plusieurs capitales africaines et des partenariats avec des compagnies aériennes ont permis à des milliers de fans de se rendre sur place. Cette approche contraste avec certaines éditions passées, où les difficultés logistiques avaient découragé les supporters.

Un spectacle qui va au-delà du terrain

L’organisation marocaine a mis l’accent sur l’expérience globale des spectateurs. Les stades sont équipés de zones de restauration variées, avec des menus adaptés aux différentes cultures africaines. Des espaces dédiés aux familles, des animations culturelles et des concerts avant les matchs ont été intégrés pour créer une ambiance festive.

La sécurité, souvent source d’inquiétude lors des grands événements, a été assurée sans incident majeur. Les forces de l’ordre marocaines ont travaillé en étroite collaboration avec les services de sécurité des pays participants pour garantir un environnement sûr. Des systèmes de surveillance avancés, incluant des caméras à reconnaissance faciale, ont été déployés dans les stades et aux abords des sites.

Les leçons pour l'Algérie

L’Algérie, qui ambitionne d’accueillir la CAN 2027 ou 2031, peut tirer plusieurs enseignements de l’expérience marocaine. D’abord, l’importance d’une planification rigoureuse. Le Maroc a commencé les préparatifs dès l’obtention de l’organisation, en 2021. L’Algérie devra éviter les retards qui ont marqué certaines candidatures passées, comme celle de 2017, finalement attribuée au Gabon.

Ensuite, le développement des infrastructures doit être une priorité. L’Algérie dispose déjà de stades modernes, comme le Stade olympique d’Oran ou le Stade Nelson-Mandela de Baraki, mais certains sites nécessitent des mises à niveau. Le nouveau stade de Tizi Ouzou, inauguré en 2023, montre que le pays est capable de construire des infrastructures de qualité. Selon Fennec Football, ce stade a généré des retombées économiques importantes pour la région, avec des investissements estimés à 8 milliards de dinars.

Mobiliser les acteurs locaux et internationaux

Le Maroc a su mobiliser à la fois les acteurs publics et privés pour financer la CAN. Des partenariats avec des entreprises locales et internationales ont permis de répartir les coûts. L’Algérie pourrait s’inspirer de cette approche en impliquant davantage les sponsors nationaux, comme Sonatrach ou Air Algérie, dans le financement de l’événement.

La formation des ressources humaines est un autre point clé. Le Maroc a formé des milliers de bénévoles pour accueillir les visiteurs. L’Algérie devra investir dans la formation de personnel qualifié, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’accueil et de la gestion des flux touristiques.

Un enjeu économique et diplomatique

Accueillir la CAN représente bien plus qu’un événement sportif. C’est une opportunité de promouvoir l’image du pays à l’international. Le Maroc a utilisé la compétition pour renforcer ses liens avec les autres nations africaines et attirer des investisseurs. L’Algérie, qui cherche à diversifier son économie, pourrait profiter de l’événement pour mettre en avant ses atouts touristiques et économiques.

Cependant, l’organisation d’un tel événement comporte des risques. Les surcoûts, les retards et les problèmes logistiques peuvent ternir l’image du pays hôte. L’Algérie devra donc s’assurer que les infrastructures sont prêtes à temps et que les budgets sont maîtrisés. Selon Lepetitjournal.com, le budget de la CAN 2026, organisée par plusieurs pays africains, s’élève à 264 millions d’euros, un montant historique qui montre l’ampleur des investissements nécessaires.

Vers une candidature algérienne crédible

L’Algérie a déjà déposé une candidature pour organiser la CAN 2027 ou 2031. Pour convaincre la Confédération africaine de football (CAF), elle devra présenter un dossier solide, avec des garanties sur les infrastructures, la sécurité et l’accueil des supporters. Le Maroc a montré qu’il était possible d’organiser une compétition réussie en Afrique, malgré les défis logistiques.

Les autorités algériennes, en collaboration avec la Fédération algérienne de football (FAF), travaillent déjà sur ce projet. Le président de la FAF, Chafik Chibane, a récemment déclaré que l’Algérie disposait de tous les atouts pour accueillir la CAN. Reste à transformer cette ambition en réalité, en s’inspirant des bonnes pratiques observées au Maroc.

En définitive, la CAN 2025 au Maroc offre une feuille de route précieuse pour l’Algérie. En tirant les leçons de cette édition, le pays peut renforcer sa candidature et, à terme, organiser une compétition qui marquera l’histoire du football africain.

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