Maroc Telecom mise sur l’Agritech et la Fintech au SIAM 2026

Maroc Telecom a marqué sa présence au Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM) 2026 en présentant des solutions innovantes alliant Agritech et Fintech pour moderniser le secteur agricole. Selon Le360, l’opérateur télécoms a mis en avant des technologies reposant sur la connectivité 5G, visant à rendre l’agriculture plus intelligente, durable et financièrement accessible. Une initiative qui pourrait inspirer des dynamiques similaires en Algérie, où les défis de la digitalisation rurale et de l’inclusion financière restent prégnants.

Des outils connectés pour une agriculture de précision

En Algérie, où près de 12 % du PIB dépend du secteur agricole, selon les chiffres de la Banque mondiale, de telles technologies pourraient répondre à des enjeux cruciaux. Les régions steppiques et sahariennes, confrontées à la désertification et à la raréfaction des ressources hydriques, gagneraient à adopter des systèmes d’irrigation intelligents. Par exemple, des projets pilotes comme celui mené dans la wilaya de Biskra, où des fermes solaires sont couplées à des capteurs connectés, montrent déjà le potentiel de ces innovations. Cependant, leur généralisation se heurte à des obstacles infrastructurels, notamment un accès inégal à la 5G en zones rurales.

La Fintech comme levier d’inclusion financière

En Algérie, la question de l’inclusion financière des agriculteurs reste un défi. Bien que des initiatives comme le portefeuille électronique « Djezzy Cash » ou « Mobilis Money » aient émergé, leur adoption en milieu rural reste limitée. Les petits producteurs, qui représentent 80 % des exploitations agricoles selon le ministère de l’Agriculture, peinent à accéder à des crédits adaptés à leurs cycles de production. Une collaboration entre opérateurs télécoms algériens (comme Algérie Télécom ou Djezzy) et institutions financières pourrait s’inspirer du modèle marocain pour développer des offres ciblées, comme des prêts indexés sur les récoltes ou des assurances paramétriques contre les aléas climatiques.

La 5G, pierre angulaire de la modernisation

En Algérie, le déploiement de la 5G, officiellement lancé en 2023, reste inégal. Si les grandes villes comme Alger, Oran ou Constantine bénéficient d’une couverture partielle, les zones rurales, où se concentre l’essentiel de l’activité agricole, sont encore largement dépendantes de la 3G ou de la 4G. Selon l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE), seulement 20 % des communes rurales disposent d’une couverture 4G satisfaisante. Sans une accélération des investissements dans les infrastructures, l’Algérie risque de prendre du retard dans la digitalisation de son agriculture, alors que des pays voisins comme le Maroc ou la Tunisie avancent rapidement.

Des partenariats public-privé pour accélérer la transition

En Algérie, des initiatives similaires existent, mais leur portée reste limitée. Le ministère de l’Agriculture a lancé en 2024 un programme de digitalisation des exploitations, baptisé « E-Agriculture », visant à équiper 5 000 fermes de systèmes de suivi connectés d’ici 2027. Cependant, le manque de coordination entre les différents acteurs – opérateurs télécoms, banques, institutions publiques – freine son déploiement. Une approche intégrée, associant subventions étatiques, investissements privés et formation des agriculteurs, serait nécessaire pour reproduire le succès marocain.

Un modèle à adapter aux réalités algériennes

Une piste serait de s’appuyer sur les coopératives agricoles, qui jouent un rôle central dans l’organisation des petits producteurs. En les dotant d’outils connectés et de solutions de paiement mobile, comme le fait Maroc Telecom avec ses partenariats locaux, l’Algérie pourrait accélérer la modernisation de son secteur agricole. Par ailleurs, une réglementation plus incitative, favorisant les investissements privés dans les technologies agricoles, serait un levier supplémentaire.

L’exemple marocain montre que la digitalisation de l’agriculture n’est pas une option, mais une nécessité pour assurer la sécurité alimentaire et la compétitivité des exploitations. Pour l’Algérie, l’enjeu est double : rattraper son retard technologique tout en évitant les écueils d’une transition mal maîtrisée, comme l’exclusion des petits agriculteurs ou la dépendance aux importations de matériel high-tech. Une feuille de route claire, associant tous les acteurs concernés, sera indispensable pour faire de l’Agritech et de la Fintech des leviers de développement durable.

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