Législatives 2025 en Algérie les observateurs du ROC formés

Les élections législatives et locales prévues en Algérie en 2025 mobilisent déjà les acteurs de la société civile. Le Réseau des Observateurs Citoyens (ROC), une plateforme indépendante d’observation électorale, a récemment organisé une session de formation pour ses membres. Selon un communiqué du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), publié en septembre 2025, cette initiative vise à renforcer la crédibilité et l’inclusivité du processus électoral.

La formation, qui s’est tenue à Alger, a réuni une centaine d’observateurs issus de différentes wilayas. Les participants ont été formés aux techniques d’observation électorale, aux normes internationales en matière de transparence et aux mécanismes de signalement des irrégularités. D’après le PNUD, ces sessions s’inscrivent dans le cadre d’un projet soutenu par l’Union européenne et plusieurs partenaires internationaux, dont l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Le ROC, créé en 2019, a déjà joué un rôle clé lors des précédentes élections en Algérie. Ses rapports, souvent cités par les médias locaux comme El Watan ou TSA, ont mis en lumière des dysfonctionnements tout en proposant des recommandations pour améliorer le processus. Pour les législatives de 2025, le réseau entend couvrir un maximum de bureaux de vote, notamment dans les zones rurales où la participation reste faible.

L’Autorité Nationale Indépendante des Élections (ANIE), présidée par Mohamed Charfi, a salué cette initiative. Dans une déclaration relayée par l’Agence Presse Service (APS), Charfi a souligné l’importance de la collaboration avec la société civile pour garantir des élections « transparentes et apaisées ». Cependant, certains partis d’opposition, comme le Front des Forces Socialistes (FFS) ou le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), expriment des réserves. Ils estiment que l’ANIE manque encore d’indépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif et que les observateurs internationaux devraient être davantage associés.

Les enjeux des législatives 2025 sont multiples. Après la réélection d’Abdelmadjid Tebboune en décembre 2024, ces élections pourraient redessiner le paysage politique algérien. Le parti au pouvoir, le Front de Libération Nationale (FLN), et son allié, le Rassemblement National Démocratique (RND), cherchent à conserver leur majorité à l’Assemblée populaire nationale (APN). Face à eux, des formations comme le Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) ou le Parti des Travailleurs (PT) tentent de capitaliser sur les mécontentements sociaux, notamment liés à la hausse des prix et au chômage des jeunes.

La formation des observateurs du ROC intervient dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques. Les relations entre l’Algérie et certains pays du Golfe, comme les Émirats arabes unis, se sont dégradées ces derniers mois, selon des analyses publiées par Mondafrique. Ces tensions pourraient influencer indirectement le climat politique interne, notamment en alimentant les discours nationalistes.

Sur le plan technique, l’ANIE a annoncé l’introduction de nouvelles mesures pour faciliter le vote des Algériens de l’étranger. Plus de 500 bureaux de vote seront installés dans les consulats et ambassades, une première depuis les législatives de 2021. Cependant, des associations comme Collectif des Algériens de France dénoncent des obstacles administratifs qui pourraient limiter la participation de la diaspora.

Les observateurs du ROC devront aussi surveiller le respect des nouvelles règles électorales, notamment celles concernant le financement des campagnes. La loi de 2024 impose désormais aux partis de déclarer leurs sources de financement, mais des doutes persistent quant à son application effective. Des médias comme Liberté et El Khabar ont déjà signalé des cas de dépassement des plafonds autorisés lors des dernières élections locales.

Enfin, la question de la participation reste un défi majeur. Lors des législatives de 2021, le taux d’abstention avait dépassé les 60 %, un record historique. Pour inverser cette tendance, le gouvernement a lancé une campagne de sensibilisation ciblant les jeunes et les femmes. Des spots publicitaires diffusés sur la chaîne publique ENTV et les réseaux sociaux mettent en avant des témoignages de citoyens appelant à voter.

Les prochaines semaines seront cruciales pour le ROC et les autres acteurs de la société civile. Les observateurs formés devront démontrer leur impartialité et leur professionnalisme pour gagner la confiance des électeurs. Leur travail pourrait aussi influencer la perception internationale des élections algériennes, notamment auprès des partenaires comme l’Union africaine ou l’Union européenne.

En attendant, les partis politiques finalisent leurs listes de candidats. Le FLN et le RND ont déjà annoncé des alliances dans plusieurs wilayas, tandis que l’opposition tente de présenter un front uni. Les résultats des législatives de 2025 pourraient bien déterminer la trajectoire politique de l’Algérie pour les années à venir.

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